Yoav en spectacle vendredi soir au Club Soda (entrevue)

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Son dernier passage à Montréal date de 2011, où il a participé au festival Osheaga (et où il s’est fait voler l’une de ses précieuses guitares!) Heureusement pour nous, l’auteur-compositeur-interprète ne nous en tient pas rigueur et se dit même emballé, heureux et excité d’être de retour sur les planches d’une salle montréalaise. Un grand retour qui se déroulera ce soir (vendredi 11 avril) au Club Soda de Montréal.

Yoav et ses guitares

«J’ai toujours aimé passer du temps ici, affirme Yoav. Bien sûr, je préfère lorsque ce n’est pas en hiver, mais j’ai eu plusieurs merveilleux concerts à Montréal. La première fois où l’on a porté attention à ma musique c’était ici, en 2006, je crois. Montréal est l’une des trois villes qui me font sentir à la maison, avec Copenhague et Moscou.»

Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce talentueux artiste, né en Israël, mais originaire d’Afrique du Sud, il faut savoir que sur scène, tout se passe entre lui et sa guitare.

«Ma musique et mes concerts sont deux choses complètement différentes. Ma musique en elle-même pourrait être décrite comme du indie électronique livré par un auteur-compositeur-interprète un peu étrange et, je l’espère, un peu groovy. En concert, c’est moi et ma guitare qui créons tous ces sons, ces loops, ces échos, tel un mini-orchestre acoustique.»

Ce soir, ne vous surprenez pas de le voir jouer pieds nus. «J’ai toujours fait cela et maintenant que j’ai ce grand mixeur devant moi - comme je suis tellement occupé avec ma guitare - je dois utiliser mes pieds et mes orteils pour contrôler tout cela. Cela me permet aussi de me sentir plus grounded.»

Et ce que Yoav parvient à faire avec sa simple guitare dépasse l’entendement.

«Petit à petit, à travers les années, j’ai eu des envies de faire ceci et cela avec ma guitare et j’ai appris comment y parvenir par moi-même. Je me disais «je veux que la guitare sonne un peu comme ceci» et je travaillais jusqu’à ce que j’y arrive. Je sais qu’il y a certaines choses que l’on peut faire avec une guitare et certains endroits où la toucher pour obtenir un certain son. J’aime aussi cette idée provenant de la musique indienne : lorsque l’on joue du tabla, il y a 25 façons de tenir l’instrument pour obtenir 25 différents sons. Avec une guitare, on peut tout faire, et dès qu’on y ajoute quelques effets un peu fous, tout est possible», dit-il.

Sans hésitation, Yoav approuve lorsqu’on lui demande s’il sent qu’il possède une relation particulière avec ses guitares.

«Elles m’ont assurément permis de vivre de nombreuses expériences. Elles m’ont porté dans des endroits où je ne serais jamais allé autrement et m’ont permis de rencontrer des gens que je n’aurais peut-être jamais rencontrés.»

«De plus en plus, par contre, j’aurais envie de me voir comme un musicien complet, qui jouerait du piano ou qui utiliserait un ordinateur, mais qui ne serait pas rattaché à un seul instrument, avoue-t-il. Je peux soutirer des notes de presque tous les instruments : batterie, base, clavier… Je joue de la guitare depuis si longtemps que même mon corps en est rendu un peu confus.»

Blood Vine

C’est d’ailleurs beaucoup de ce désir de créer et de faire les choses autrement qui se reflète à travers son nouvel album, «Blood Vine» : un son plutôt différent de ce à quoi il avait habitué ses fans.

«C’était planifié. Il y avait plusieurs choses que je voulais faire différemment. Je voulais avoir beaucoup de couches à ma musique, plus de clavier, plus de base et moins de trucs spatiaux. Je voulais que ce soit un peu plus électronique du début des années 90, un peu trip hop. Le genre de chose que j’écoutais à cette époque. J’ai beaucoup voyagé alors que je composais cet album et j’écoutais beaucoup de musique. Je suis aussi retourné en Afrique du Sud pour l’enregistrement, ce qui était vraiment bien parce que je n’étais pas retourné là-bas depuis que j’ai quitté le pays après mes études.»

Dans un studio près de l’endroit où il a grandi, il a construit ce nouvel album à son rythme, aux abords d’un joli vignoble.

«Après avoir terminé ce projet, ce nouvel album, j’étais complètement vidé. J’ai passé plusieurs années de ma vie sur ce projet et il me tenait sincèrement à cœur. J’ai eu besoin d’une detox de création. Le sang de «Blood Vine», c’est le mien, parce que j’ai tout donné pour créer cet album.»

Si ses voyages l’ont beaucoup inspiré dans la création de ce nouvel opus, Yoav avoue tout de même avoir envie de poser ses valises quelque part quelque temps, chose qu’il n’a pas faite depuis 2007…

«J’en suis, ce moment, à me demander quelle ville de quel pays sera mon prochain arrêt. Je veux poser mes valises quelque part et me laisser inspirer. Peut-être quelque part au Canada, peut-être à Vancouver que je connais bien.»

Yoav est en concert ce soir, vendredi le 11 avril, au Club Soda à 20h
Billets et infos : http://www.clubsoda.ca/fr/spec-yoav-1084.php