The XX au Métropolis (3 avril 2010) : Ode à la jeunesse postmoderne.

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Un drap blanc est tiré sur la scène du Métropolis. Il est presque 23h00 et les kids agglutinés là trépignent d’impatience avant l’arrivée de LEUR groupe.

Presque deux heures d’attente entre un DJ malhabile et une blondinette faisant joujoux avec son laptop, faut dire que ça fait long.

Soudain les premières notes retentissent et la salle se pâme. Le drap tiré comme un linceul sur leur musique d’outre-tombe reste en place pour ce premier morceau qui fait aussi figure d’introduction sur l’album.

Boîte à rythme, basse cotonneuse, riffs squelettiques et voix neurasthéniques : Leur musique fait dans le dénuement.
Une musique à cœur ouvert d’où surnagent les mélodies minimalistes de Romy Madley Croft. Cette jeune femme n’a pas le physique des midinettes American Apparel et ça c’est plutôt cool. En revanche que dire de sa voix… Rien. Juste l’écouter et par moment se sentir défaillir tant elle porte en elle la quintessence du spleen adolescent. Sur Shelter, on croirait presque réentendre la voix de la canadienne Margo Timmins quand elle enregistrait les mythiques Trinity Sessions avec ses Cowboys Junkies dans une église de Toronto. Et ce n’est pas peu dire…
Mais bien évidemment pour la majeure partie du public ces références obscures n’auront que peu d’échos. Cela n’est pas grave, le rock est une musique faite pour être vécue, prise sur le vif et ensuite retomber dans l’oubli. S’évanouir comme les fugitives années de notre adolescence. Et le reste n’est que nostalgie stérile.

Donc place à la musique des XX : Crystalised qui ouvre le show est accueilli comme un hymne. Les voix « so sexy »d’Oliver et Romy s’accouplent à merveille même s’il est évident que la disparition de la guitariste Baria Qureshi a amoindri le relief de ce morceau fait de rythmes savamment imbriqués.

Suivent les autres titres joués presque dans le même ordre que sur l’album. VCR, Shelter, Stars et Infinity récolteront aussi de vives acclamations.

On pourra peut-être reprocher au groupe un cérémonial trop bien huilé ne laissant place à aucune improvisation, ni de mise en danger. Le jeu de basse d’Oliver manque certes un peu d’originalité, mais reste que les chansons sont là, imprimant leurs mélodies dans nos cerveaux et c’est bien là l’essentiel.

Mathieu Germain

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