World Press Photo 2015: le grand rendez-vous annuel revient à Montréal

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L’édition montréalaise de l’exposition internationale World Press Photo célèbre son 10e anniversaire, du 26 août au 27 septembre 2015, au Marché Bonsecours situé dans le Vieux-Montréal. L’exposition est ouverte tous les jours de la semaine de 10 heures à 22heures, en plus des populaires nocturnes offertes jusqu’à minuit les jeudis, vendredis et samedis.

Ayant accueilli 45000 visiteurs l’an dernier, l’exposition emblématique de la rentrée culturelle montréalaise a pour porte-parole l’artiste multidisciplinaire Samian et pour invités d’honneur deux photographes internationaux: le Français Jérôme Sessini, double lauréat du World Press Photo 2015, dans la catégorie Actualités et Reportages, pour ses photos prises à Kiev, en Ukraine, en février 2014 et le photographe et écrivain américain Will Steacy, pour son exposition Deadline.

Les visiteurs peuvent voir les 150 photos gagnantes de la 59e édition du World Press Photo dont celles du Danois Mads Nissenqui a remporté le premier prix (agences Scanpix et Panos Pictures). L'image, montrant Jon et Alex, un couple gai partageant un moment d’intimité à Saint-Pétersbourg, a été prise dans le cadre d'un reportage, intitulé Homophobie en Russie, sur la vie des LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres). Les minorités sexuelles font face à une discrimination légale et sociale, au harcèlement et à certains crimes haineux commis par des groupes religieux conservateurs et nationalistes. Comparable aux Oscars de la photo, le World Press Photo est la plus prestigieuse compétition de photographie professionnelle au monde. Réunis à Amsterdam en février dernier, les membres d’un jury international ont décerné des premiers prix à 42 photographes de 17 pays, et ce, dans huit catégories.Le jury indépendant, composé de 17 professionnels de la photographie de presse du monde entier, était présidé par Michele McNally, rédactrice en chef adjointe du New York Times.

«Les Montréalais et les visiteurs vivent une histoire d’amour avec cette exposition qui a connu ces récentes années une remarquable croissance d’intérêt et d’achalandage. Pour plusieurs, la visite du World Press Photo est devenue un rituel nécessaire, probablement parce qu’au-delà de la qualité des photos, chaque image nous fait prendre conscience de l’évolution et de la transformation du monde», commente le producteur du World Press Photo Montréal et président d'ARKAR, Matthieu Rytz. En complément à l’exposition principale, trois autres expositions sont également proposées dans l’espace mezzanine du Marché Bonsecours: Deadline,un grand reportage de l’Américain Will Steacy qui témoigne des défis et des dures réalités auxquels l'industrie de la presse doit aujourd'hui faire face; Regards d’Oxfam Québec, un photoreportage qui aborde les inégalités sociales et économiques à travers le monde;Quand le cinéma crée des ponts, présentée par le Wapikoni mobile, avec 16 photos et vidéos prises dans les communautés autochtones, dont trois réalisées par Samian.

Samian, artiste multidisciplinaire, photographe et porte-parole de l’édition 2015

Auteur, compositeur, interprète, acteur, auteur et passionné de photographie depuis plusieurs années, Samian prend le relais d’Yves Pelletier comme porte-parole de la nouvelle édition du World Press Photo Montréal. En août 2015, l’artiste algonquin s’est rendu dans des communautés autochtones du Québec afin d’y réaliser une série de portraits, dont trois se retrouvent exposés dans l’espace Wapikoni du World Press Photo Montréal. «La photo est un mode d’expression et un cadre de création qui m’interpellent énormément, depuis plusieurs années. On dit qu’une image vaut mille mots, c’est d’autant plus vrai quand on explore le mode de vie des gens, qu’on cherche à témoigner d’une réalité ou à capter un moment d’universalité, à travers un angle personnel ou une perspective différente», souligne Samian. Ayant déjà réalisé plusieurs portraits en Afrique du Nord, dans l’Ouest canadien et en Amérique du Sud, l’artiste prépare actuellement sa première exposition photographique, présentée au ARTVstudio de la Place des Arts, au printemps 2016.

Exposition Deadline, du photographe Will Steacy

Pendant cinq ans, l’Américain Will Steacy a photographié la salle de presse et l’imprimerie du quotidien américain The Philadelphia Inquirer pour raconter le déclin de la presse. À propos de l’exposition Deadline, primée et présentée dans plusieurs pays, Steacy raconte: «C’est en photographiant les efforts fournis par The Inquirer pour prospérer malgré la chute des revenus publicitaires, le constant déclin des tirages, les congédiements, les rachats et la faillite que se traduit mon intention de mettre en lumière les défis et la dure réalité auxquels est aujourd’hui confrontée l’industrie de la presse», commente Will Steacy. «À une époque où le tiers des adultes américains lisent les nouvelles sur Facebook, la transition de l’imprimé vers le numérique est marquée par de piètres revenus publicitaires en ligne, tandis que les journaux ont perdu 25milliards de dollars ces dix dernières années aux États-Unis», ajoute-t-il. L’exposition est sous le commissariat des photographes Matthieu Rytz et Guillaume Simoneau.

Exposition Regards d’Oxfam-Québec

Pour une troisième année, Oxfam-Québec s’associe au World Press Photo Montréal pour présenter son expositionRegards, qui aborde les inégalités tant sociales qu’économiques à travers le monde. «Voulons-nous vraiment vivre dans un monde où 1% possèdent plus que le reste d’entre nous, s’interroge Denise Byrnes, directrice générale d’Oxfam-Québec. L’ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse et, malgré les questions brûlantes qui font l’actualité, le fossé entre les grandes fortunes et le reste de la population se creuse rapidement. L’exposition Regards interpelle et souligne aussi le fait que malgré l’ampleur de la tâche, des alternatives sont possibles et nous travaillons pour les faire avancer. » Pour l’occasion, Oxfam-Québec compte notamment sur la participation des photographes Valerian Mazataud, Tamy Emma Pépin, Marie-Ève Rompré, Pascal Rousseau et Nicolas Montibert. Présentée dans l’espace mezzanine, Regards met également en lumière le travail de volontaires qui œuvrent à lutter contre ces inégalités extrêmes
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Exposition Wapikoni: Quand le cinéma crée des ponts

L’espace mezzanine consacre également cette année une exposition de 16 photos et une zone vidéo au Wapikoni mobile, organisme de formation audiovisuelle. Le Wapikoni a permis à des milliers de jeunes autochtones de réaliser des courts métrages sur des sujets qui leur tiennent à cœur. Ils développent ainsi des compétences artistiques, techniques, sociales et professionnelles. Huit cent films ont ainsi été réalisés au fil des ans. Leur diffusion sensibilise les publics aux enjeux des Premières Nations, valorise la richesse d’une culture souvent méconnue et contribue à la sauvegarde du patrimoine culturel des Premières Nations. «Le Wapikoni est très heureux de présenter des photos prises dans le cadre de ses activités de formation audiovisuelle dans les communautés des Premières Nations. Dans l'actuel contexte sociopolitique de réconciliation, nous pensons qu'une représentation de ces peuples au World Press Photo est non seulement précieuse, mais essentielle», souligne Manon Barbeau, directrice générale du Wapikoni.

ICI RDI: le travail des correspondants à l’étranger sur le terrain

Pour sa part, ICI RDI invite le public à découvrir le travail sur le terrain de ses correspondants à l’étranger. Des montages d’images captées aux quatre coins du monde, accompagnées de témoignages de ces journalistes, feront revivre aux visiteurs certains événements ayant marqué l’actualité internationale au cours des derniers mois.

Deux conférences gratuites au Centre Phi avec les photographes et invités d’honneur Jérôme Sessini (Agence Magnum) et Will Steacy(pour son exposition Deadline)

Vivant à Paris, le Français Jérôme Sessini a parcouru plusieurs points chauds du globe depuis le début des années 2000, notamment au Kosovo, en Palestine, en Irak, à Haïti, au Liban, en Somalie, en Libye, au Mexique, en Syrie et en Ukraine. Ses reportages photo sont publiés dans les plus grands magazines nationaux et internationaux. De cette confrontation directe à la violence, Sessini en tire un constat qui devient le cœur de son travail: «Les petites gens sont toujours les perdants, que ce soit en Irak, au Mexique ou en France». Il a joint l’agence Magnum en 2012. Conférence d’une heure et période de questions, présentée en français, au Centre Phi, le mercredi 26 août à 18h30. Entrée libre.Né aux États-Unis en 1980, le photographe et écrivain américain Will Steacy vient d’une famille de cinq générations de journalistes. Il figure parmi les «25 de moins de 25: photographes des États-Unis à l’avenir prometteur» du Centre pour études documentaires de l’Université Duke et les «30 photographes émergents à surveiller» du Photo District News.Il partagera son expérience de cinq années dans les coulisses du Philadelphia Inquirer, où il a documenté en images le déclin et la transformation de ce grand quotidien américain.

Conférence d’une heure et période de questions, présentée en anglais, au Centre Phi, le jeudi 27 août à 18h30. Les places pour ces deux conférences sont limitées et les réservations s’effectuent via la page Facebook WPPMTL. Forfaits pour groupes scolaires et associationsPlusieurs centaines de groupes visitent chaque année le World Press Photo Montréal. Les professeurs et les accompagnateurs peuvent se rendre au www.wppmtl.com pour bénéficier de forfaits pour les groupes de plus de dix étudiants ou membres d’associations, en plus de pouvoir réserver des plages horaires de visite.

Informations pratiques

Le World Press Photo Montréal est présenté tous les jours dans la Salle de la Commune de l’édifice patrimonial du Marché Bonsecours, située au 325, rue de la Commune Est, dans le Vieux-Montréal (métro Champ-de-Mars), du 26 août au 27 septembre 2015, de 10 heures à 22 heures et jusqu’à minuit les jeudis, vendredis et samedis. L’entrée est de 13dollars, de 10 dollars pour les étudiants ayant moins de 25 ans et est gratuite pour les moins de 12 ans. La salle est accessible aux personnes à mobilité réduite. Les billets sont disponibles sur place.