Voici une sélection de disques sortis cette semaine

Lara Fabian: «9» (Polydor). Sur la pochette de l’album, on voit la chanteuse en position foetale. «9» signifierait-il renaissance? En partie certainement puisque l’artiste nous montre des facettes de son talent que nous connaissons finalement assez peu.
Sa voix trouve sa place dans un paysage musical très organique. Elle ne la pousse plus comme auparavant. Céline Dion avait opéré le même changement grâce à Jean-Jacques Goldman. Lara Fabian le fait certainement sur les conseils de son compagnon dans la vie, l’excellent guitariste Jean-Félix Lalanne, compositeur principal de l’opus. La chanteuse est aussi l’auteur de la plupart des textes qui ne parlent pas que d’amour.
Comme Michel Sardou l’avait fait avec «Les Ricains», elle défend avec «Les Homericains» le peuple de l’oncle Sam, souvent décrié depuis l’élection de George W. Bush. Sur ce titre, on la retrouve en duo avec Mélissa Mars, révélée en 2003 par le titre «Papa m’aime pas». D’autres duos figurent sur l’album: «Si tu n’as pas d’Amour» avec Jean-Félix Lalanne. Ce dernier interprète également seul «Ne lui parlez plus d’elle».
L’ensemble est très mélodique, le son plus musclé qu’auparavant, les guitares plus présentes aussi. Lara Fabian qui vit en Belgique, travaille déjà sur un nouvel album, en italien. En attendant, le public pourra la revoir sur scène en septembre 2005 à Paris, à l’Olympia. L’opus est accompagné d’un DVD de 9 clips.
Assia: «Encore et Encore» (Capitol). Pour ce second essai aux sonorités groove, soul, hip-hop, funk et orientales, Assia s’est entourée de nombreux invités comme Diam’s pour «Politiquement correcte» ou Oxmo Puccino sur «Illegal Love».
Le premier single, «Le Prix pour t’aimer», est une reprise de «Don’t Know What To Tell Ya» en hommage à Aaliyah, disparue en août 2001 dans un accident d’avion. D’autres titres comme «Célébrer La Vie» doivent trouver le chemin des radios.
Née en Algérie au milieu des années 70, Assia s’était fait remarquer grâce à sa collaboration au titre «Une affaire de famille» avec Stomy Bugsy, Passi et Doc Gyneco. Elle avait ensuite connu le succès avec son premier single «Elle est à toi», extrait de son premier album «Chercheuse d’or», sorti en 2000. Cette fois encore, Assia a écrit les textes, son frère Khalil a signé la plupart des musiques. Elle sera en concert le 3 mars à Paris, à l’Institut du monde arabe.
Jennifer Lopez: «Rebirth» (Epic). C’est le quatrième album de l’actrice américaine d’origine portoricaine. Comme à chaque fois, il contient quelques tubes en puissance comme «Get Right», avec son thème de saxophone aux sonorités orientales très énergiques.
Jennifer Lopezn’a pas une voix aussi puissante que sa rivale Beyoncé Knowl des Destiny’s Child, mais elle parvient tout de même à imposer son style R&B sur «I Got U» qui rappelle le celui de Paula Abdul. Elle est aussi efficace sur les ballades qu’elle interprète sur des rythmiques saccadées. L’ensemble est inégal mais, appuyé par de bons clips, devrait suffire à combler ses fans qui l’attendent maintenant sur scène. Elle ne s’est en effet jamais produite en concert, enchaînant les tournages de films après les albums. On la verra prochainement à l’affiche en France au côté de Jane Fonda dans la comédie «Monster in Law» et au côté de Robert Redford dans «An Unfinished Life».
Daniel Powter: «Daniel Powter» (Warner Bros). Le parcours de cet opus est peu banal. Il est resté dans les tiroirs, sans que personne ne donne son aval pour le sortir. Entre temps, Coca-Cola a choisi «Bad Day» pour sa nouvelle publicité. Du coup, tout s’est précipité: l’album dont la sortie était prévue le 28 février était déjà disponible dès le 22 chez la plupart des disquaires en France. Il compte dix titres de pop soignée et délicate aux refrains efficaces.
Cette musique jouée aux claviers et la voix de son interprète rappellent parfois le son Supertramp et la voix même de son principal leader, Roger Hodgson. Même si les mélodies sont rayonnantes, faciles à fredonner, les textes sont un peu noirs. «Hollywood» présente par exemple un portrait sévère mais réaliste du milieu du show-business.
Produit par Mitchell Froom, claviériste d’Elvis Costello, Los Lobos ou Paul McCartney, ce premier album devrait être le commencement d’une belle carrière.
Solomon Burke: «Make Do With What You Got» (Epic/Sony Music). Trois ans après le très blues «Don’t Give Up On Me», récompensé d’un Grammy Award, écrit pour lui par une pléiade de fans, parmi lesquels Tom Waits, Van Morrison, Bob Dylan et Elvis Costello, l’une des légendes de la soul revient avec un opus de rhythm’n’blues remarquable.
L’auteur de «Everybody Needs Somebody To Love» qui a fait le bonheur des Rolling Stones, puis des Blues Brothers, n’a rien perdu de sa voix exceptionnelle. Le performer reprend «I Got The Blues», un titre écrit par Mick Jagger et Keith Richards et «What Good Am I?» de Bob Dylan.
L’album inclut aussi deux chansons inédites: «Make Do With What You Got» aux sonorités Nouvelle-Orléans écrite par Mac Rebennack, plus connu sous le pseudonyme de Dr John et «At The Crossroads» signée Van Morrison.
Celui dont la cape fait partie intégrante de son show, ce qui a inspiré James Brown, se plaint avec ironie dans une de ses chansons que «sa petite amie préfère aller au concert des Rolling Stones plutôt que de rester à ses côtés».
Produit par Don Was, ancien producteur des Stones, l’opus a été enregistré avec la perle des musiciens, parmi lesquels Rudy Copeland, l’un des maîtres de l’orgue Hammond et Ray Parker Jr à la guitare.
ont aussi sortis cette semaine:<
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Etienne Daho: «Sortir ce soir» (Capitol). Cette compilation de titres en public, destinée surtout aux fans, compte deux disques. Le premier rassemble 18 titres tels «Le grand sommeil», «Comme un igloo», «Tombé pour la France», «Bleu comme toi» ou «Week-end à Rome» enregistrés en concert, et en bonus, le single «Sortir ce soir». Le second compte des titres plus récents toujours enregistrés en concert de «Réévolution» à «IF».
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François Audrain: «Chambres lointaines» (Tôt ou Tard/Warner). C’est le deuxième album de ce prof d’histoire-géo dans le civil. Dès la première écoute, on pense aussi bien à Etienne Daho qu’à Gérard Manset. François Audrain sait engendrer des atmosphères énigmatiques, cinématographiques, comme sur le superbe «Métropolitain». Il marie avec subtilité la musique électronique et le narratif. L’opus, qui a été achevé sous le contrôle de Dominique Ledudal (Rita Mitsouko, JP Nataf, Vincent Delerm), se termine avec ce titre «Je suis celui qui oublie», mais pas celui qu’on oublie. A suivre!

Sont attendus la semaine prochaine:
- Françoiz Breut: «Une saison volée», le 8 mars chez Tôt Ou Tard.
- Jeanne Cherhal: DVD Live à la Cigale, le 8 mars chez Tôt Ou Tard.
- Tryo: «Tryo au Cabaret Sauvage», DVD le 7 mars chez Yelen Music.
- 50 Cent: «The Massacre», le 7 mars chez Polydor.
- «Fuck Them All», le nouveau CD deux titres de Mylène Farmer, sortira le 14 mars chez Polydor. Le nouvel album, «Avant que l’ombre», ne sortira que le 14 avril.
- Maxime Leforestier continue son travail sur Georges Brassens. Il présentera «Cahier 2ème partie» à L’Européen à Paris, à partir du 23 mai et ce jusqu’au 9 juillet. Certains concerts seront enregistrés et deux coffrets contenant chacun trois CD (soit 94 titres) sortiront mi-novembre 2005 chez Polydor. Un concert dans une grande salle parisienne annoncera cette sortie.

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