Une soirée en compagnie de la São Paulo Companhia de Dança

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Après quelques semaines de repos, Danse Danse est de retour en invitant sur la scène du Théâtre Maisonneuve la São Paulo Companhia de Dança. Dans le cadre d’une programmation triple, Édouard Lock, Marco Goecke et Cassi Abranches rythment par leurs chorégraphies cette soirée en deux parties : Trick Cell Play dans un premier temps puis L’Oiseau de feu et Agora.

D’entrée de jeu, les danseurs et danseuses de la São Paulo Companhia de Dança sont d’un calibre à part entière. Technique, expression, rythme : c’est un sans-faute pour la danse et un vrai plaisir de pouvoir admirer autant de talent sur scène.

C’est davantage au niveau chorégraphique que la soirée prend la forme de dents de scie.

Marco Goecke et son duo dansé dans L’Oiseau de feu est incroyable. Contemporain à souhait, il revisite le pas de deux final de la pièce de Stravinski en mettant en scène un danseur et une danseuse. Un oiseau qui danse et un humain qui vole : le génie du chorégraphe allemand s’exprime avec justesse grâce au travail impeccable des interprètes. Tantôt saccadés et compacts, tantôt ronds et pleins d’ampleurs, les mouvements de l’Homme et de l’oiseau ressemblent davantage à un savant tango déconstruit où le mimétisme humain/animal est le grand mot d’ordre. À voir !      

Agora de Cassi Abranches est sans conteste le coup de cœur du public : emballant, à l’image d’un Brésil vibrant et plus globalement d’une culture latino-américaine qui nous fascine, surtout en cette sortie d’hiver… Regroupant une quinzaine de danseurs et danseuses, la chorégraphe nous entraine dans une série de tableaux faisant varier le nombre d’interprètes sur scène mais également le rythme de la partition. La musique chaleureuse enlève les danseurs qui bougent à l’unisson. Un vrai plaisir pour les yeux qui donne également envie de monter sur scène et de prendre part à cette grande danse. Agora est une pièce qui sied comme un gant au talent de la São Paulo Companhia de Dança.

Malheureusement, Trick Cell Play d’Édouard Lock est à mon avis le point faible de cette soirée, et ce, pour plusieurs raisons.

Premièrement, une chorégraphie trop longue : 45 minutes de clair-obscur, composées de tableaux présentant des variations visuelles mineures, c’est beaucoup… Edouard Lock reste fidèle à son langage chorégraphique : gestuelles fragmentées, d’exécution rapide, dont le langage évolue peu au fil des tableaux. On se délecte des premières minutes mais personnellement, je me suis assoupi passée la surprise. La musique composée spécialement par Gavin Bryars et basée sur des mélodies déconstruites ajoute une certaine pesanteur à la chorégraphie déjà chargée. Et finalement, le jeu de lumière nuit plus qu’autre chose. On ne voit pas bien, tout simplement.

Au final, on a l’impression d’être avec une pièce tellement sophistiquée qu’elle en devient inaccessible. À vouloir trop en faire, on en a perdu l’essence. Dommage car cette pièce occupe la moitié de la soirée !

La São Paulo Companhia de Dança était de passage à Montréal jusqu’au 9 avril 2022, au Théâtre Maisonneuve de la Place des arts.

Plus de renseignements ici : https://www.dansedanse.ca/fr/sao-paulo-companhia-de-danca-0

Crédit photo : São Paulo Companhia de Dança

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