Une journaliste du New York Times en prison

Une autre attaque contre la liberté de presse aux USA. Un juge fédéral américain a condamné à une peine de prison jeudi pour outrage à magistrat une journaliste du New York Times qui a refusé de dévoiler ses sources dans une affaire de fuites impliquant la Maison Blanche. Le New York Times s'est d'ailleurs prononcé en faveur de John Kerry dimanche, et a consacré un dossier de 15-20 pages à la foi chrétienne de George W. Bush et son influence sur les décisions du président américain. La peine ne sera pas appliquée dans l'attente de l'appel interjeté par la journaliste Judith Miller. Le juge Thomas Hogan a souligné que la Cour suprême stipule de manière claire que le Premier amendement de la Constitution américaine n'accorde pas aux journalistes d'immunité concernant leurs sources confidentielles. La durée de l'emprisonnement n'a pas été fixée. Si la condamnation était appliquée, Mme Miller resterait en prison tant qu'elle ne se serait pas soumise aux injonctions de la justice, a-t-on précisé de source judiciaire. Judith Miller, et d'autres journalistes, avait été assignés à comparaître par le procureur Patrick Fitzgerald chargé d'enquêter sur des fuites concernant l'identité d'un ancien agent de la CIA, Valérie Plame, épouse de Joseph Wilson. Ce dernier, ancien ambassadeur américain, a attribué ces fuites à la Maison Blanche, en représailles à ses propos affirmant publiquement que l'Irak ne cherchait pas à acquérir de l'uranium enrichi. «C'est tout simplement effrayant qu'en faisant mon travail et en parlant à des employés du gouvernement sur des sujets publics, je puisse être privée de ma liberté et de ma famille», a déploré Mme Miller dans un communiqué. «Je n'aurais pas pu être une journaliste d'investigation au Times, couvrant Al-Qaïda et la sécurité nationale, sans la confiance que mes sources m'accordent et l'assurance qu'elles ont que je vais les protéger», a ajouté la journaliste qui indique qu'elle continuera à agir en ce sens. Le nom de Valérie Plame avait été divulgé en juillet 2003 par un célèbre éditorialiste d'un journal conservateur, Robert Novak, qui a cité deux « hauts responsables de l'administration » comme étant ses sources. Le New York Times s'est dit jeudi « étonné » de la décision du juge Hogan, en la qualifiant d'attaques contre la possibilité pour les journalistes de rendre compte des actions des gouvernements, des entreprises et autres sujets. « Judith Miller n'a rien fait de mal », écrit le journal dans un communiqué. « Elle n'a pas révélé l'identité d'un agent de la CIA mais elle est condamnée à une peine de prison alors que la vraie personne qui a exposé Mme Plame à la face du public est impunie », ajoute-t-il. Source:AFP et TV5

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