Un musée des beaux-arts exceptionnel à découvrir à Fredericton

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Beaverbrook Art Gallery

Depuis plusieurs années, je parcours les grands musées de l’Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse pour porter une vue d’ensemble sur la richesse de l’art canadien de cette partie du Canada et de l’art international qu’on y présente. Dans mon périple, au chapitre de l’art des provinces de l’Atlantique, j’ai découvert l’un des plus beaux musées du pays.

Le long du fleuve Saint-Jean, à Fredericton, la capitale du Nouveau-Brunswick, existe un musée qu’il faut absolument découvrir. Quand j’y suis passée, douze expositions étaient en cours, notamment des œuvres internationales, des œuvres de la région atlantique et des œuvres d’art canadiennes de la collection permanente. La Beaverbrook Art Gallery, qui est située au 703 rue Queen, fait face à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, et est extrêmement bien située en ville. Galerie d’art officielle du Nouveau-Brunswick, elle présente des expositions contemporaines et historiques basées sur la culture du Nouveau-Brunswick, de la région atlantique, du Canada et de la Grande-Bretagne. C’est un lieu incontournable pour qui aime l’Art avec un grand «A».

Des œuvres internationales, réalisées dans les années 1300, 1400, 1500, se retrouvent dans une collection exceptionnelle. Constituée originellement en 1959 grâce à un legs de Sir Max Aitken (Lord Beaverbrook) et de quelques collègues, dont Sir James Dunn et Lady Dunn, la collection de la Beaverbrook Art Gallery s’est enrichie au fil des années et n’a rien à envier à d’autres grands musées des beaux-arts au Canada car elle compte des maîtres tels que Hogarth, Gainsborough, Constable, Turner, Delacroix, Boudin, Tissot, Sisley, Sargent, Matisse, Hepworth, Sutherland, Dali, Warhol, Moore (pour ne nommer que ceux-là). Les salles colorées, vivantes, se succèdent et nous font voyager à travers les siècles et les différents courants picturaux qui ont marqué l’Histoire de l’art.

Dans la salle réservée à l’art canadien, plusieurs artistes-phares y sont présentés: Walker, Thomson, Harris, Jackson, Colville, Forrestall, Pratt (Christopher et Mary), Letendre, McEwen, Riopelle, Borduas, De Foy Suzor-Côté, Cosgrove, Cullen, Leduc, Carr, Morrice, etc. Au milieu de tous ces grands, 30 peintures de Krieghoff qui représente, sans nul doute, l’une des plus importantes concentrations d’œuvres de cet artiste des quatre provinces visées par ma recherche exhaustive de l’art canadien.

Dans le nombre incalculable de musées visités depuis le début de cette recherche, il arrive parfois que des expositions ont un «arrière-goût» de déjà-vu. Or, la Beaverbrook Art Gallery a le mérite de proposer au public une diversité d’artistes et de styles qui ravissent littéralement les yeux. Ainsi, peintures, sculptures, photographies, installations, œuvres-objets, etc. se marient entre elles comme l’a démontré l’exposition ponctuelle «Sculpture, je vous présente la peinture… peinture, voici la sculpture» qui est un audacieux mélange de deux disciplines qui, en apparence, pourraient s’opposer entre elles. Au contraire, l’écho de la peinture à la sculpture est intelligemment mis en espace. L’exposition amène un dialogue dynamique, parfois inattendu, qui donne une résonance différente à notre perception des œuvres.

Plusieurs expositions temporaires méritent qu’on s’y attarde, notamment celle intitulée «Peter Coffman – Camino» qui propose au public des photographies du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela) et qui jouxte une petite salle entièrement dédiée au grand Salvador Dali dont l’œuvre la plus imposante fait justement écho au chemin de Compostelle de Coffman avec son monumental Santiago el Grande de 4,1 x 3 mètres. Plusieurs œuvres de Dali sont présentées dans cette salle qui est comme un joyau sans prix dans un écrin qu’on n’aurait jamais pensé trouver sur notre chemin. Sir James Dunn et Lady Dunn y sont immortalisés sous le pinceau du maître du Surréalisme.

Les artistes de la région atlantique sont bien représentés, notamment dans la collection permanente, mais aussi dans les artistes de la relève, qui ont leur place dans différentes sections et salles du musée.

J’ai eu l’occasion d’admirer «Herménégilde Chiasson – depuis 50 ans», une rétrospective de carrière d’un artiste acadien, néo-brunswickois, figure emblématique de la province, qui a également été le 29e Lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick dans les années 2003 à 2009. Cet artiste multidisciplinaire et accompli, maintes fois récompensé, présente une œuvre militante, fruit d’une réflexion parfois angoissée mais jamais désespérée, s’inspirant de la question identitaire et/ou de préoccupations sociales.

La programmation muséale change régulièrement sur les deux étages d’exposition. Il y a donc toujours du nouveau à voir dans un laps de temps de 3 à 6 mois. Si vous souhaitez visiter ce musée, il faut prévoir plusieurs heures pour en faire le tour. Pour les visiteurs francophones qui auraient peur de la difficulté linguistique, sachez que tous les textes des expositions sont dans les deux langues officielles et que certains livres en boutique sont disponibles en français.

Plus de détails sur le site: http://beaverbrookartgallery.org/fr/

Consultez au besoin le site touristique du Nouveau-Brunswick pour planifier vos prochaines vacances dans ce coin de pays: https://www.tourismenouveaubrunswick.ca/

Crédit photos: Laurent Torregrossa

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