Un Mexicain oublié à Montréal

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José Olvera, cultivateur mexicain, a passé un peu plus de trois ans sans aide sociale et sans emploi, après avoir travaillé pendant quinze ans dans le Programme des travailleurs agricoles saisonnier. Après son accident de travail en 2003, il a été hébergé pendant plus d’un an chez deux personnes différentes et pendant deux ans chez Patricia Perez, fondatrice de la Centre d’appui aux travailleurs agricoles (CATA).

José est père de sept enfants et s’occupe aussi de ses parents. Il y a maintenant quatre ans qu’il n’a pas vu sa famille qui vit au Mexique. En attendant de voir ses droits reconnus, il choisit de rester à Montréal en espérant la clarification de sa situation.

«Je me sens seul et triste parce que je ne peux pas voir ma famille, les seuls souvenirs que j’ai sont les photos que ma famille me fait parvenir et les voix que j’entends à travers le téléphone» nous confie José Olvera avec un regard de tristesse.

À San Antonio Huexotitla, Tlaxcala, situé à deux heures de Mexico, Olvera travaillait comme agriculteur. En 1989 il a décidé de participer au Programme des travailleurs agricoles saisonnier et a renouvelé l’expérience pendant quinze ans. En 2003, alors qu’il travaillait à la ferme La Maison Rouge, située au nord de Montréal, il est tombé d’un tracteur et s’est blessé à l’épaule.

«J’ai eu un accident et puis le consulat mexicain ainsi que le propriétaire de la ferme ont voulu me renvoyer au Mexique sans me donner aucun appui. Si j’étais parti au Mexique, il aurait fallu que je paie tout de ma poche, argent que je n’ai pas» mentionne le travailleur Olvera.

Après son accident, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a suspendu son salaire pendant une année et huit mois et en mai 2007, lui a donné le salaire accordé. Selon lui, la CSST n’a pas respecté ses droits de travailleur au Québec et il considère que les travailleurs étrangers devraient avoir les mêmes droits qu’un travailleur de la province québécoise. Olvera pense qu’il a été victime de discrimination de la part de la CSST pendant toutes ces années.

La CSST confirme que les travailleurs saisonniers ont effectivement les mêmes droits que les ouvriers québécois, même si ces gens-là ne viennent travailler que quelques mois au Canada. Par contre, Olvera considère que ces droits-là sont très loin de sa réalité.

«Depuis septembre 2003, la CSST n’a jamais accepté le diagnostique de mon médecin. Selon eux, je serais apte à travailler malgré les douleurs constantes que me cause mon hernie discale, résultat de mon accident sur la ferme. Maintenant, je suis en attente d’une réponse de la CSST pour le renouvellement de mon aide financière» nous livre Olvera.

Quelques semaines après qu’il ait quitté la ferme à cause de son accident, son permis de travail a expiré. Immigration Canada a remplacé son permis de travail par un permis de visiteur. En plus de ne pas avoir droit au bien-être social, au renouvellement de la Carte d’assurance maladie et à l’aide juridique à cause de son statut de visiteur, Olvera n’avait plus le droit de travailler.

Augustin Figueroa, président du Centre d’appui aux travailleurs agricoles, mentionne que le Centre n’a pas accès aux pourcentages des travailleurs renvoyés sans compensation. De plus, selon lui, Olvera ne serait pas un cas isolé, certains travailleurs agricoles saisonniers victimes d’accidents auraient aussi été renvoyées dans leurs pays d’origine sans dédommagement.

José Olvera a envie que ses droits soient reconnus, et qu’il puisse enfin retrouver les siens dans son village, à San Antonio Huexotitla. Jusqu’au maintenant quelques réponses de son dossier mais riens de précis. Lui toujours à Montréal sans riens faire.

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