Un film sur la mécène Phylis Lambert pour l'ouverture du FIFA

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En première mondiale, CITIZEN LAMBERT, Jeanne d’ARChitecture, un film de la cinéaste Teri Wehn-Damish, coproduit par Philia Films, l’Office national du film du Canada et Les Films de la Perrine, marquera le coup d’envoi de la 25e édition du Festival International du Film sur l’Art (FIFA). Par une heureuse coïncidence, ce film sur une femme exceptionnelle sera lancé le 8 mars, Journée internationale de la femme, à 20 heures, au Musée des beaux-arts de Montréal.

La somptueuse résidence des Bronfman surplombant le mont Royal : sinistre! La vie familiale : rigide et contraignante! La petite Phyllis s’y sent étrangère et rêve de devenir artiste. Dans la jeune vingtaine, elle épouse un banquier français pour se libérer de l’emprise des siens. Le mariage est de courte durée, mais Phyllis conserve le nom de son époux. Elle se retrouve enfin libre de mener sa vie à sa guise.

Et quelle vie! Quel accomplissement! Quelles réalisations! Sur un mode tantôt ludique, tantôt touchant, la réalisatrice nous livre un portrait fascinant de ce personnage incontournable dans le monde des arts. « A : architecture, art; I : impatience; P : Phyllis, photographie, passion; V : vision, etc. » Le jeu de l’abécédaire auquel se prête Phyllis constitue le fil conducteur entre les séquences d’archives familiales, d’actualités d’époque et du tournage récent. Nulle mièvrerie dans les propos de Phyllis mais une lucidité, une honnêteté et un humour qui dégagent un formidable dynamisme.

Elle évoque son estime pour l’architecte Mies van der Rohe, son mentor; ses réserves à l’égard de Samuel Bronfman, père dominateur; sa révolte de voir, à son retour de Chicago, Montréal défigurée par un développement anarchique, pillée par des spéculateurs sans vision. Depuis des décennies, elle avait recueilli une importante iconographie en matière d’architecture mondiale. Elle s’attaque désormais à retracer l’histoire de la ville en photographiant ses bâtiments anciens. « Sauvegarder » et « restaurer » deviennent ses leitmotiv. Elle monte aux barricades, alerte l’opinion publique, collabore à constituer des regroupements de locataires et de petits propriétaires et fonde Héritage Montréal, organisme voué à la défense du patrimoine architectural. « On ne peut pas construire l’avenir en détruisant le passé », affirme-t-elle.

Si elle n’a pas remporté toutes les victoires, elle a néanmoins évité plusieurs démolitions. Elle voulait que Montréal devienne un point de référence en matière d’architecture? Pari tenu! Son Centre Canadien d’Architecture est mondialement reconnu. À quatre-vingts ans, elle se consacre maintenant à l’écriture, un autre moyen d’exprimer sa passion pour « l’art, la valeur fondamentale de la vie. »

La réalisatrice Teri Wehn-Damisch a écrit et réalisé plusieurs documentaires sur l’art pour le compte de musées, dont le Centre Pompidou, et diverses chaînes de la télévision française. Ses films ont été présentés dans les principaux festivals de cinéma en Amérique et en Europe. Cinéaste fidèle au FIFA, elle a remporté le Prix du jury en 1996 pour son film Robert Morris: The Mind/Body Problem et le Prix de la création décerné par l’ONF pour son film Sur la longueur d’onde de Michael Snow, zoom arrière, en 2002.

La programmation complète sera dévoilée lors d’une conférence de presse, qui aura lieu le 20 février, à 10 h, au Cinéma ONF.

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