«Tom Wesselmann : Au-delà du Pop Art», une rétrospective en exclusivité canadienne au MBAM

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Tom Wesselmann (1931-2004) est l’un des plus grands artistes du Pop Art américain. Sa relecture de l’histoire de l’art et de la définition des genres l’a amené à inventer une nouvelle esthétique Pop aux côtés de Roy Lichtenstein et d’Andy Warhol. Il incorpore toutes sortes de matériaux dans ses oeuvres, mais aussi des reproductions de peintures qu’il aime – de Matisse, Picasso, Mondrian notamment. Bien qu’il soit célèbre depuis le début des années 1960 pour ses séries Great American Nudes et Still Lifes, c’est pourtant le seul protagoniste de sa génération associé à ce mouvement phare du XXe siècle qui n’ait pas encore fait l’objet d’une présentation majeure en Amérique du Nord. L’exposition «Tom Wesselmann : Au-delà du Pop Art», présentée au Musée des beaux-arts de Montréal en exclusivité canadienne du 19 mai au 7 octobre 2012, constitue une occasion unique d’offrir au public nord-américain une vision d’ensemble de l’œuvre de l’artiste.

Elle rassemble quelque 180 œuvres majeures dont certaines n’ont jamais été montrées et parmi lesquelles 75 peintures représentent les séries les plus significatives de l’artiste (dont ses premières oeuvres en métal en utilisant le découpage au laser), ainsi que 75 dessins et maquettes préparatoires. Une trentaine de documents d’archives (photographies, correspondance, matériel publicitaire, etc.) enrichissent la présentation. L’exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) avec le soutien de la Succession Tom Wesselmann, New York. Le MBAM la fera circuler par la suite au Virginia Museum of Fine Arts à Richmond au printemps 2013.

La directrice et conservatrice en chef du MBAM, Nathalie Bondil ajoute : « Cette rétrospective veut démontrer que Tom Wesselmann ne peut être réduit à une approche “littérale” mais plutôt “littéraire” – pour le paraphraser. Il pense sa création, ainsi que d'autres de cette génération Pop, comme une relecture de l'histoire de l'art. Sa manière complexe de jouer de l'intensité des images qui s'entrechoquent volontairement témoigne de son extrême maîtrise intellectuelle sur leur fabrication. Cette recherche obsessionnelle du contraste est un des aspects les plus intéressants de Tom Wesselmann qui, justement, joue de l'ambiguïté du sujet pour exalter la forme et vice versa. »

Les prêts proviennent de diverses collections publiques et privées de tout premier plan, telles que le Museum of Modern Art, New York, le Museum of Contemporary Art, Los Angeles, le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington D.C., le Philadephia Museum of Art, le Virginia Museum of Fine Arts, la Collection Mugrabi, The Berardo Collection, The Robert B. Mayer Family Collection, Chicago, et la Frederick R. Weisman Art Foundation, Los Angeles, de même que de la Succession Tom Wesselmann, New York.

La plupart des gens connaissent la brillante carrière de Tom Wesselmann comme peintre. Mais il était aussi un fan inconditionnel de musique country, un musicien et un auteur-compositeur prolifique dans ce genre.

La musique n’était pas qu’un simple passe-temps pour Tom Wesselmann, mais un autre moyen d’expression créatif, et il y mettait toute son énergie. À la fin de sa vie, il avait écrit plus de quatre cents chansons, dont plusieurs ont été enregistrées sur disque. L’une de ses chansons, I Love Doing Texas With You, connut une certaine notoriété, interprétée par Kevin Trainor dans la bande sonore du film d’Ang Lee, Souvenirs de Brokeback Mountain. « Cet autre clin d’oeil vers la musique me tenait à coeur dans la continuité d’une programmation musicale au MBAM et c’est pourquoi certaines des créations musicales de Tom Wesselmann font partie de l’exposition » a tenu à préciser Nathalie Bondil.

Le parcours de l’exposition

Structuré de façon chronologique, le parcours de l’exposition suit l’évolution rationnelle et méthodique de l’oeuvre de Wesselmann, série par série, depuis les tout premiers collages jusqu’aux magistrales abstractions et Sunset Nudes de la fin, en passant par les chefs-d’oeuvre de la période Pop, sans oublier les dessins et maquettes qui fondent son oeuvre. D’une série à l’autre, l’artiste est aux prises avec différents problèmes formels que l’exposition regroupe sous quatre grands volets : Le Genre, La Forme, La Ligne et La Composition.

Introduction

Premiers collages : de l’abstraction à la figuration Dès ses débuts à la fin des années 1950, Wesselmann explore simultanément les collages abstraits de papiers de récupération et l’art du nu où se lit l’influence de Matisse. Cette section comprend des oeuvres abstraites et figuratives de cette époque, dont beaucoup n’ont même jamais été présentées.

Les genres classiques réformés : nus, natures mortes et paysages américains

Très tôt dans sa carrière, Wesselmann décide d’examiner et de réinventer les genres traditionnels de la peinture, à savoir le nu, la nature morte et le paysage, alors considérés comme désuets. Poussant à l’extrême la technique du collage, il incorpore à ses compositions des fragments de matériaux publicitaires, des fleurs en plastique, des appareils électroménagers, et aussi des reproductions de tableaux qu’il aime. Cette section présente des oeuvres majeures des séries qui l’ont consacré aux yeux de ses contemporains et de l’histoire de l’art, les Great American Nudes, et les Still Lifes, sans oublier les Bathtub Collages et les Seascapes.

Forme, focalisation, échelle

Wesselmann s’intéresse aux enjeux de forme et d’échelle : il découpe la forme de la toile en suivant les contours de l’image peinte. Le second volet de l’exposition débute avec les remarquables peintures de la série des Smokers, telles que Smoker No. 1, de la collection du MoMA. Ses recherches le poussent à utiliser l’espace négatif des formes découpées comme éléments de composition. Cette section montre un grand nombre d’oeuvres monumentales issues des séries Mouths, Smokers, Bedroom Paintings et Drop-Outs, ainsi que des oeuvres gigantesques telle la Still Life No. 60, composée d’objets – lunettes, rouge à lèvres, collier, clé, bague – dont le regroupement compose une forme de portrait géant.

Le dessin fait objet : les Steel Drawings

Au début des années 1980, en travaillant aux contours des formes d’une de ses Bedroom Paintings, Wesselmann a l’idée de faire un dessin en acier, comme si les lignes d’un dessin pouvaient être détachées du papier et placées directement sur un mur. Artiste accompli, Wesselmann réalise ces Steel Drawings et traduit dans l’acier, matériau rigide, l’esquisse, le croquis, la ligne incertaine du dessin, comme dans le Standing Nude de la collection du Musée des beaux-arts de Montréal. Cette section nous présente la méthode de travail de l’artiste dans son atelier, ses travaux préparatoires ainsi que la technique de découpage de l’acier qu’il a inventée et avec laquelle il réinterprète paysages, natures mortes et nus.

Les dernières années

Dans les toutes dernières années de sa pratique, Wesselmann renoue avec l’abstraction, sans toutefois renier la voie figurative sur laquelle il avait fondé son oeuvre. Ainsi, il travaille simultanément à des oeuvres figuratives et abstraites, fort de la maîtrise de tous les problèmes formels affrontés au cours de sa carrière. Cette section présente côte à côte les magistrales séries Abstractions et Sunset Nudes que l’artiste peint sachant que sa fin est proche. On y trouve aussi Exhibition Detail, une installation dans laquelle il a juxtaposé deux de ses dernières pièces, une composition abstraite et un nu.

Cabinet graphique

Dessinateur chevronné, Wesselmann a conservé de chacune de ses séries et périodes de sa carrière des ensembles de dessins où se lit une infatigable inventivité, qui s’ajoute à une extraordinaire maîtrise du geste. Cette section réunit un vaste panorama de ses dessins, sur papier ou sur toile, mais aussi sur maquette, en miniature ou grandeur nature. La plupart de ces dessins, exécutés librement ou en préparation d’oeuvres, sont présentés pour la première fois. Elle contient un ensemble jamais montré de petites maquettes préparatoires inédites. Des oeuvres musicales de l’artiste y sont également diffusées.

Notes biographiques

Tom Wesselmann est né en 1931 à Cincinnati (Ohio). Après l’obtention d’un baccalauréat en psychologie, il décide de poursuivre une carrière dans la bande dessinée. Une fois diplômé de l’Art Academy of Cincinnati, il suit des cours à la Cooper Union, à New York, dont il est diplômé en 1959. Il crée des collages et des assemblages auxquels il incorpore des objets ordinaires et des images publicitaires et devient l’un des chefs de file du mouvement Pop Art aux États-Unis. Dans les années 1970, l’artiste continue de développer les idées et les techniques qui l’avaient attiré dans la décennie précédente. Après la rédaction, en 1980, d’une autobiographie qui documente l’évolution de sa production artistique, il poursuit son exploration des toiles aux contours découpés et crée ses premières oeuvres en métal en utilisant le découpage au laser. Durant les années 1990 et au début des années 2000, il réalise des images tridimensionnelles abstraites, revenant ainsi à son point de départ. Au cours des dernières années de sa vie, il renoue avec la figuration (série Sunset Nudes). Il meurt à New York le 17 décembre 2004.

Scénographie

Conçue par l’agence d’architecture montréalaise Ædifica, la scénographie a permis de créer des espaces intimes, de placer les oeuvres face à face et de jouer avec les couleurs. Il s’agit d’une première collaboration avec le MBAM.

Les commissaires

Stéphane Aquin est le conservateur de l’art contemporain au Musée des beaux-arts de Montréal, où il a organisé de nombreuses expositions, dont Village global : les années 60 et Warhol Live : la musique et la danse dans l’oeuvre d’Andy Warhol.