«In Time» : beaucoup doivent mourir pour que certains soient immortels

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Justin Timberlake joue les acteurs dans un film qui espère plonger les cinéphiles dans une série de réflexions sur la valeur du temps, alors que les minutes, les heures, les années et les décennies y sont utilisées sous forme de monnaie d’échange. Malheureusement, malgré le formidable attrait de sa bande-annonce, In Time n’est rien d’autre qu’un gros pétard mouillé.

Incroyable de constater que la prémisse originale de ce film ait été plombée par le scénariste et réalisateur Andrew M. Niccol, celui-là même qui avait été nommé aux Oscars pour le scénario du Truman Show.

In Time, c’est une société – étrangement limitée à une seule ville des États-Unis – où les humains vivent jusqu’à 25 ans, avant de voir le décompte de leur dernière année de vie débuter dans un chronomètre en forme de code-barres imprimé sur leur avant-bras. Dans ce monde où votre cœur cesse de fonctionner lorsque vous êtes à court de temps, tous les moyens sont bons pour gagner une heure ou quelques décennies.

Vous aurez compris que le temps, c’est de l’argent, au propre comme au figuré. Non seulement les hommes et les femmes de cette époque doivent se battre contre la montre pour survivre, mais ils doivent également se servir du temps qui leur est alloué pour se payer un café, un billet d’autobus, une chambre d’hôtel ou un changement de zones municipales, qui séparent les différentes classes sociales. Au début de In Time, le personnage de Justin Timberlake, Will Salas, hérite d’un siècle de vie lorsqu’un ex-millionnaire du temps décide que l’humain ne devrait pas être immortel, qu’il en a assez vu et qu’il préfère lui léguer sa « fortune ». Alors que la police du temps (le time keeper) suspecte Will Salas d’être responsable de la mort de l’homme, Will entreprend un genre de croisade à la Robin des Bois avec la fille d’un riche millionnaire.

Même si la quête de répartition de la richesse est un cliché énorme, la base du scénario de « In Time » me semblait fabuleuse, voire aussi fascinante que l’avait été Minority Report de Steven Spielberg, en 2002, alors que la police du futur avait trouvé un moyen de prévoir et d’empêcher les crimes. Là où le film de Spielberg impressionnait grâce à un scénario solide et une réalisation efficace, le film d’Andrew Niccol s’écrase lamentablement.

La réalisation, la trame sonore et le montage de In Time sont dignes d’une recette de film d’action supposément construit sur une histoire qu’on souhaite solide. Les questionnements sur la valeur du temps sont abordés en superficie. Les dialogues manquent trop souvent de crédibilité. Les personnages de 25 ans d’âge corporel ne sont pas seulement jeunes, ils sont tous plastiquement beaux. D’ailleurs, en assistant à un échange d’affection entre Justin Timberlake et une actrice dans la vingtaine qui interprète sa mère, impossible de ne pas sentir un début de tension sexuelle entre eux.

Du côté des acteurs, Amanda Seyfried ne fait rien d’autre que d’utiliser ses yeux de biche et ses lèvres pulpeuses, pendant que son collègue Justin Timberlake, juste la plupart du temps, peine à convaincre lors des scènes de grandes émotions.

In Time est une foudroyante déception.