Tigran Hamasyan, à surveiller

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Il n’a que 23 ans et les plus grands le considèrent déjà des leurs. Quiconque était au Gesù hier soir pourra affirmer que cette notoriété dont jouit le jeune Tigran Hamasyan est totalement justifiée. C’est que le pianiste a offert un concert, sous forme de quintette, qui n’aura laissé personne d’indifférent. On dirait qu’il maîtrise tous les styles musicaux ce Tigran, du rock au traditionnel Arménien (son pays d’origine) en passant par le jazz et ce, en côtoyant le classique. Chaque genre est parfaitement agencé à l’occasion pour en résulter à un mélange des styles qui impressionne, et comment!

Le virtuose s’est présenté sur scène autour des 22h30, en compagnie de la chanteuse Areni Agbabian, du saxophoniste Ben Wendel, du bassiste Sam Minaie et du percussionniste Nate Wood, tous membres du projet Red Hail enregistré en 2009. Un premier morceau traditionnel, d’une vingtaine de minutes, a ouvert le concert en laissant, bien sûr, beaucoup de place au pianiste pour réchauffer la salle. La pièce s’est terminée telle une fin de spectacle, grandiose sous les applaudissements chaleureux d’un public comblé. Le quintette a ensuite interprété une composition du pianiste, la magnifique Love Song. Et puis voilà, les merveilles musicales se sont enchaînées avec une aisance incroyable. Dans les moments très rock, on s’est même demandé s’ils étaient réellement juste cinq à produire cette musique d’une puissance hallucinante. Oui, tout avait l’air si simple sur cette scène où, pourtant, la complexité faisait sa loi au sein des rythmes et des harmonies de la soirée.

Les musiciens ont quitté (brièvement) les lieux après 1h30 de pur délice. Sous les applaudissements et les cris des spectateurs, Tigran et sa bande sont évidemment revenus pour répondre à l’euphorie générale. Après un solo de batterie, le pianiste a commencé un « beatbox » assez impressionnant par sa rapidité. Puis, chacun à son instrument, la musique a repris de plus bel pour une dernière pièce en quintette. La foule a ensuite décidé que le concert n’était pas fini car elle en voulait encore plus de ce génie du piano. Il est donc revenu une deuxième fois, en solo, pour une interprétation sensible d’une pièce classique.

On était bouche bée à la sortie du Gesù. Le coeur encore battant, on entendait des « J’en aurais voulu pour deux heures de plus ! » Unanimement, le concert fut donc d’une réussite exceptionnelle. Il était à couper le souffle, ce jeune pianiste qui, notons-le, est à surveiller de très près.

Maude McConnell-Legault

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