Thomson-Reuters: dure époque pour les journaux, pas pour les agences selon le PDG

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Le PDG du groupe Thomson-Reuters, Thomas Glocer a jugé que les temps étaient extrêmement difficiles pour les journaux, mais profitaient aux agences de presse «tant que le malade ne meurt pas».

«C’est une période effrayante pour les journaux. Mais tant que le malade ne meurt pas, c’est fantastique pour les agences de presse, car les journaux réduisent leur personnel et leurs bureaux à l’étranger et deviennent encore plus dépendants des agences», a-t-il déclaré lors de la conférence «All Things Digital» organisée par le Wall Street Journal à Carlsbad (Californie).

«Et dans cette terrible crise économique, les journaux doivent en plus maintenir leurs sites web 24 heures sur 24, et ont besoin de vidéos et de photos, des choses que nous avons. Notre métier d’agence de presse croît de 5 à 10% par an depuis quelques années», a-t-il ajouté.

Il a aussi souligné que son groupe monnayait son contenu en «le produisant une fois et en le revendant à de multiples clients», et précisé que l’information généraliste — marginale pour le groupe par rapport à l’information financière — représentait environ 3% de son chiffre d’affaires, soit environ 200 millions de dollars, avec une marge de 20%.

M. Glocer a aussi annoncé que Thomson-Reuters allait lancer «des fils d’informations spécialisés par exemple pour les avocats ou les scientifiques».

Quant à l’information financière, il a jugé que l’actuelle crise économique ne pesait pas sur son groupe, issu de la récente fusion entre le canadien Thomson Financial et le britannique Reuters.

Au premier trimestre, le groupe combiné a enregistré une croissance organique de 9% de ses services financiers, et attend une croissance annuelle de ce secteur de 6% à 8%.

«L’Asie représente 15% du chiffre d’affaires, et a crû de 14% au premier trimestre», a-t-il précisé, en soulignant la soif d’informations financières sur la croissance économique en Chine et les pays émergents.

Le marché est également en forte croissance au Moyen-Orient, avec la «lutte entre Dubaï et Qatar pour être le plus gros centre financier des 100 prochaines années», a-t-il dit.

Il a aussi jugé que son groupe devrait à terme agréger différentes sources, dont les commentateurs spécialisés et les «citoyens-journalistes», racontant que par exemple durant le tsunami en Asie, son groupe avait obtenu des photos grâce à des personnes munies d’un simple téléphone portable, car le groupe n’avait aucun photographe sur place.

«Vous n’avez pas besoin d’être un photographe lauréat du prix Pulitzer, si vous avez un téléphone portable et que vous êtes sur place», a-t-il lancé.

«Je vois les agences de presse devenir à terme uniquement une plate-forme d’échanges électronique, entièrement mutualisées, même si avoir une marque, des principes, un code éditorial, a j’espère de la valeur», a-t-il poursuivi.

Il a par ailleurs expliqué vouloir se développer dans des pays émergents avec des services adaptés. «Nous avons un projet en Inde de diffuser les prix des récoltes et les prévisions météo sur téléphone mobile, et ensuite les gens pourront conclure des contrats par téléphone mobile». «Là, le SMS est idéal».

Le rachat par le canadien Thomson du britannique Reuters pour 13 milliards d’euros est devenu effectif le 17 avril. Avec 50 000 employés dans 93 pays, dont 2600 journalistes, Thomson Reuters est le deuxième fournisseur mondial d’informations financières, avec 32,3% de parts de marché en 2007, selon le cabinet londonien Inside Market Data.

Le groupe a annoncé la semaine dernière la suppression de 835 emplois, dont 140 dans la division médias.

Source: www.afp.com

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