Théâtre : Les Prix d'excellence 2008 remis à quatre artistes franco-canadiens

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C’est lors d’une réception, tenue au Zinc, rendez-vous des festivaliers du Carrefour
international de théâtre de Québec, en présence de nombreuses personnalités du milieu théâtral
rassemblées pour l’occasion, que la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au
Canada décernait quatre Prix d’excellence dotés de bourses de 5 000 $ à des artistes de la relève théâtrale du Canada français. L’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC) quant à elle soulignait les contributions exceptionnelles de Sylvie Dufour, directrice artistique du
Théâtre du Trillium (Ottawa) depuis dix ans et récemment nommée à la direction du Théâtre de
l’Île (Gatineau) et de Paul Lefebvre qui termine un mandat de sept ans au Théâtre français du
Centre national des arts du Canada.

Prix d’excellence 2008
« La Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada remet annuellement quatre
Prix afin de reconnaître l’excellence de professionnels actifs dans le milieu théâtral francocanadien et les encourager à y poursuivre leur carrière en les soutenant dans leurs projets de développement professionnel ou de création » déclarait sa présidente, Jacqueline Pelletier.
Les quatre lauréats des Prix d’excellence 2008 sont :
- En Atlantique, récipiendaire du Prix Bernard-Cyr : Mathieu Chouinard
Ce jeune artiste a déjà fait sa marque en Acadie et ailleurs, surtout avec le spectacle SplasH2O, de la compagnie Houppz ! théâtre dont il est co-fondateur. Mathieu Chouinard, originaire du
Nouveau-Brunswick, détient une solide formation en théâtre : d’abord diplômé du département
d’art dramatique de l’Université de Moncton, il a par la suite poursuivi chez Lecoq (Paris) puis
entrepris des études supérieures à l’UQAM. Boursier de la Fondation Baxter et Alma Ricard,
Mathieu Chouinard se distingue avec brio et son projet de recherche intitulé Mouving est des plus
prometteurs.

On peut lire, dans son dossier soumis à la fondation : « Le spectacle touchera aux thèmes du
déracinement, de la délocalisation et de la cohabitation. Ces thématiques rejoignent le milieu
acadien de par son histoire de peuple déraciné, cohabitant en minorité culturelle, affirmant par là
une culture sur-vivante et résistante. Les thématiques abordées sont aussi d’actualité, les crises
politiques mondiales regorgeant d’images de peuples expatriés, d’autres luttant pour le territoire,
soulevant la question des frontières, de l’appartenance, et de la possibilité de vivre en paix. Je
cherche à explorer, par l’entremise du travail clownesque, comment l’humain se débat dans un
monde de frontières, souvent imaginaires. »

Son intérêt particulier pour des rencontres interculturelles l’a mené à des collaborations
internationales qui enrichissent sans conteste le milieu théâtral canadien et qui ont permis des
échanges très créatifs entre plusieurs artistes du Canada, de la France, et du Japon.

- En Ontario, récipiendaires des Prix du ministère de la Culture de l’Ontario : Geneviève
Couture et Anne-Marie White Ce qui fait la force et l’originalité d’un metteur en scène, c’est en grande partie l’équipe de concepteurs qui l’entoure, le conseille, le provoque et le stimule. Geneviève Couture fait partie de ces artistes créateurs qui ont choisi de s’investir dans nos théâtres et son projet de perfectionnement en conception de costumes est un signe d’engagement et de continuité, celle-ci dédiant la bourse qu’elle reçoit aujourd’hui à des études auprès du couturier bien connu Richard Robinson.

« J’ai toujours été une passionnée du costume, ou plutôt de l’objet d’art en mouvement.
J’appréhende le costume de scène selon l’idée qu’il fait intrinsèquement partie du personnage.
S’il est bien conceptualisé, il agit en tant que deuxième peau pour l’acteur qui le porte. Étant
également comédienne, je comprends les besoins particuliers du corps et de la psyché de l’acteur.

C’est pour cette raison que j’ai la ferme croyance que le costume doit être partenaire de l’acteur.
C’est en le portant que l’acteur lui attribue toute sa magie. »

Geneviève oeuvre professionnellement depuis une dizaine d’années, principalement dans la
région d’Ottawa. Elle a signé la conception des costumes d’une récente création pour adolescents
du Théâtre La Catapulte (Ottawa), Regarde-Moi d’Isabelle Bélisle qui s’est mérité le Prix
ROSEQ à Contact ontarois en janvier dernier. Elle a aussi réalisé les costumes de L’Hypocrite de
Michael Gauthier, aussi une création de la Catapulte et de la pièce 15 secondes de François
Archambault, une production du Théâtre du Trillium (Ottawa), deux autres spectacles qui ont
connu un grand succès ces dernières années.

La deuxième récipiendaire du Prix du ministère de la Culture de l’Ontario, Anne-Marie White,
est membre active du milieu franco-ontarien depuis plusieurs années. Diplômée de l’Université
d’Ottawa, elle se fait la complice de Patrick Leroux pendant les premières années du Théâtre la
Catapulte (Ottawa) pour ensuite poursuivre des études en mise en scène à l’École nationale de
théâtre du Canada. En 2005, Anne-Marie fonde le Théâtre de la Cabane Bleue qu’elle installe à
la campagne, à North Lancaster, dans l’Est ontarien.

Son travail s’inspire d’un rapport atypique et original avec le théâtre qui, selon elle, est un lieu de
croisement et de symbiose entre la voix, le mouvement et le récit. Anne-Marie White se méritait
déjà deux prix en 2008, soit le Prix du jury Le Droit/Radio-Canada et le Prix d’excellence
artistique Théâtre Action pour Écume qu’elle a écrit, mis en scène et produit en 2007.
Avec l’appui de la bourse de la Fondation, elle entreprend le développement de sa prochaine
création, Déluge, en trois temps : développement du vocabulaire corporel puis du vocabulaire
textuel, menant à l’élaboration d’une partition qui comprendra le texte et les chorégraphies nés
d’explorations avec son équipe de collaborateurs.

- Dans l’Ouest, récipiendaire du Prix Power Corporation : Isabelle Rousseau
Comédienne bien connue au Canada français et principalement associée à L’UniThéâtre
d’Edmonton, elle souhaite poursuivre son exploration en danse-théâtre en s’associant deux
mentors chorégraphiques que seront Linda Rubin et Bobbi Westman, des artistes reconnus pour
leur recherche dans le domaine.

Isabelle Rousseau, formée à l’UQAM, récipiendaire à trois reprises de bourses de l’Alberta
Foundation for the Arts, est membre du collectif des Vaches folles qui présentait l’été dernier sa
création Boom! au Fringe d’Edmonton. Elle proposait à la fondation la création de La femme
chien et autres monstres. Ce projet prendra la forme de trois courtes pièces mettant en scène des personnages féminins contemporains aux prises avec les politiques du corps, du sexe et du
travail. À travers ces personnages, elle souhaite explorer le rapport au corps et aux interdits.
Les quatre récipiendaires 2008 ont été choisis parmi vingt-trois candidatures soumises par des
artistes du Canada français. Un jury composé de trois personnes représentant les différentes
régions, soit Isabelle Bélisle, auteure, metteure en scène et conceptrice de costumes d’Ottawa,
David Lonergan, professeur en lettres et en théâtre à l’Université de Moncton et Geneviève
Pelletier, comédienne et metteure en scène de Saint-Boniface, assurait l’évaluation des dossiers
reçus et la sélection des récipiendaires.

Des invités spéciaux

D’entrée de jeu, la présidente de la fondation, Jacqueline Pelletier et l’auteur bien connu Jean
Marc Dalpé, membre du comité honorifique, saluaient la présence d’invités spéciaux, soit
l’honorable Benoît Pelletier, ministre responsable des Affaires intergouvernementales
canadiennes, des Affaires autochtones, de la Francophonie canadienne, de la Réforme des
institutions démocratiques et de l'Accès à l'information du gouvernement du Québec et la
délégation de la Commission internationale du théâtre francophone (CITF), sous la présidence
d’Émile Lansman (Belgique).

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