Téhéran suspend les activités de la chaîne Al-Jazira en Iran

Téhéran a décidé de suspendre les activités de la chaîne panarabe Al-Jazira sur son sol en l’accusant d’avoir joué un rôle dans les récentes manifestations de la minorité arabe dans la province du Khouzistan, dans le sud-ouest de l’Iran, a rapporté lundi la télévision publique iranienne.
La chaîne basée au Qatar a reçu ordre de ne plus opérer sur le territoire iranien et de fermer son bureau de Téhéran, selon la même source. Al-Jazira a qualifié cette annonce de «surprenante et injustifiée» et a appelé le gouvernement à revenir sur sa décision. La télévision «continuera à couvrir les événements iraniennes de façon objective», a déclaré depuis Doha (Qatar) Jihad Ballout, porte-parole d’Al-Jazira.
Ahvaz, ville frontalière de l’Irak, a connu la semaine dernière deux jours de manifestations violentes après la circulation de rumeurs qui évoquaient un plan gouvernemental pour encourager l’installation de persanophones dans cette ville à très forte majorité arabe.
Les Arabes ne réprésentent que 3% des 69 millions d’Iraniens. La semaine dernière, une lettre présentée comme d’origine gouvernementale a circulé dans la région faisant état d’un plan pour y réduire le pourcentage d’Arabes.
Le gouvernement iranien a annoncé lundi que deux manifestants supplémentaires étaient morts à la suite des troubles, portant à trois morts et au moins huit blessés le bilan de trois jours de violence dans la province du Khouzistan iranien.
Al-Jazira, aurait été la première chaîne à faire était des manifestations sur son antenne, reprenant le sujet dans ses émissions de débats.
«S’il est prouvé qu’Al-Jazira a commis un délit, elle sera poursuivie», a déclaré lundi Mohammed Hossein Khoshvaght, du ministère iranien de la Culture et de la Guidance islamique, à la télévision publique iranienne.
«Nous avons suspendu l’activité de la chaîne afin d’enquêter sur son rôle dans les heurts d’Ahvaz», a poursuivi Khoshvaght. Nous attendons d’elle qu’elle respecte l’intégrité nationale et la sécurité de l’Iran.»
Déjà interdite sur le territoire irakien, la chaîne qatariote, qui n’hésite pas à donner la parole aux opposants des régimes du Moyen-Orient, a déjà eu des problèmes avec les autorités en Arabie saoudite, au Koweït, au Bahreïn et en Jordanie.

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