Sauce Brune, voyage à travers les sacres et la sociologie des cafétérias d'écoles!

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26 août 2010 - 09:20
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Mardi soir dernier, c’était la première de Sauce Brune au théâtre Espace Libre. Touchant et hilarant à la fois, cette comédie aux relents tragiques dresse le portrait fidèle de quatre cuisinières dont le lieu de travail est loin d’être banal : une cafétéria scolaire. Un véritable travail sociologique et verbal de la part de l’auteur et metteur en scène Simon Boudreault. Une œuvre qui au contraire des plats préparés, nous invite à en redemander!

Tabernacle, cris, hostie, les sacres sont utilisés à outrance. Nous voici baignés dans le monde de Sarah (Anne Paquet), de Cindy (Marie-Ève Pelletier), de Martine (Catherine Ruel) et d’Armande (Johanne Fontaine), alias, quatre cuisinières d’une école inconnue. Au menu, un lot habituel de commérages, de fous rires, d’engueulades et de pleurs… Malgré les apparences, le quotidien n’est pas tous les jours facile à vivre.

Armande (Johanne Fontaine), chef cuistot, se dévoue corps et âme pour prodiguer aux enfants un repas équilibré composé des quatre familles d’aliments (recommandées par le gouvernement canadien s’il vous plait!). Elle gère une équipe hétéroclite qui n’a que faire du bien-être des enfants. D’un côté, les parents d’élèves veulent des repas plus sains, de l’autre, les cuisinières arrivent avec une réalité qui les rattrape alors qu’elles préparent des boulettes de viande! Gérer une équipe comme celle-ci sans perdre la tête tient surement du miracle…

Les textes sont interprétés à la perfection par les quatre actrices! La diction ne laisse transparaitre aucune erreur malgré la complexité et la cadence infernale des phrases. Cette joute verbale mi-vulgaire, mi-sentimentale laisse transpercer la personnalité de chaque individu. Comme le dit si bien l’auteur, c’est une fois la barrière des sacres franchie que l’on comprend le vrai sens de cette pièce.

Car oui, c’est une mine d’or pour toute personne s’intéressant au comportement humain. Simon Boudreault réalise un travail sociologique de fond dans lequel chaque personnage incarne un véritable emblème : Johanne Fontaine pour l’ignorance et la générosité, Marie-Ève Pelletier pour le plaisir de vivre et la séduction, Anne Paquet pour la solitude et l’affirmation de soi par tous les moyens, puis finalement, Catherine Ruel pour la discrétion et le don de se faire marcher dessus. Au-delà de l’étude des mots et de l’utilisation des sacres à tous bouts de champs, le spectateur découvre progressivement une réalité qui dérange : peu importe la condition, tout le monde utilise des subterfuges pour pouvoir s’en sortir dans la vie.

Un véritable coup de cœur que vous retrouverez jusqu’au 11 septembre au Théâtre Espace Libre.
Plus de renseignements sur : www.espacelibre.qc.ca/sacree-sauce-brune

D’autre part, pour ceux qui s’intéressent plus particulièrement au langage, l’équipe d’Espace libre a mijoté une semaine thématique sur le sacre. À cette occasion, elle accueille Artiom Koulakov, enseignant à l’Université d’État de Saratov; un linguiste russe qui s’intéresse à nos jurons (collaborateur à un dictionnaire russe sur le sacre québécois).

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