Sang à l'Usine C : une mise en scène exceptionnelle et un texte coup de poing

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La pièce de théâtre Sang, de Lars Norén, mise en scène par Brigitte Haentjens depuis le 28 janvier à l’Usine C de Montréal, s’avère être un spectacle exceptionnel d’une intensité hors de l’ordinaire.

La création de 1h35 minutes a été présentée en première mardi, à guichets fermés.

Les interprètes, tous et toutes au sommet de leur art, sont Sébastien Ricard (membre des Loco Locass); Christine Beaulieu (J’aime Hydro, Cerebrum), Alice Pascual (Trop) et Émile Schneider.

Il s’agit de la huitième collaboration entre Brigitte Haentjens et Sébastien Ricard, et la deuxième fois que M. Ricard joue une pièce du Scandinave Lars Norén.

Et. M. Norén ne fait pas dans la légèreté. Dans Sang, des thèmes difficiles sont abordés de front, comme la tabou de l’inceste, la violence conjugale, la disparition d’un être cher, l’homosexualité, et le coup d’État d’Augusto Pinochet en 1973 au Chili qui a entraîné la mort et la disparition de milliers de gens.

Norén raconte dans Sang la vie de Rosa (Christine Beaulieu) et Éric (Sébastien Ricard), deux Chiliens éduqués qui ont été torturés au Chili après le coup d’État contre Allende et qui ont quitté le pays par la suite pour s’installer à Paris. Après leur arrestation, ils ne revirent jamais Paolo,leur fils de huit ans, ce qui demeure pour eux une obsession quelque 15 ans plus tard en France. La toile de fond de la pièce se déroule à la fin des années 1980.

Éric est psychanalyste et est tombé amoureux, secrètement, d’un de ses patients. Rosa est une romancière et écrivaine vedette qui se fait inviter sur les grands plateaux de télévision français pour parler de son nouveau roman autobiographique. On sent les tensions dans ce vieux couple Rosa-Éric, de même qu’entre Éric et son amant, le jeune Luca. L’inimaginable va arriver en suite. Mais ça je ne peux pas vous en parler.

Il faut aller voir cette pièce pour bien voir et comprendre le génie de la mise en scène de Brigitte Haentjens, qui dirige le Théâtre de Sibyllines et le Théâtre français du Centre national des arts à Ottawa. Une mise en scène minimaliste, avec un terrain de jeu qui ressemble à une patinoire de hockey au plan visuel. Les gradins du public sont limités en hauteur, et divisés en trois sections (A,B et C) ce qui donne une proximité du jeu pour les spectateurs. On reste rivé à notre siège pendant les 90 minutes, sans entracte. La pièce est égayée par un côté télévisuel du côté des dialogues, ce qui rend le spectacle captivant, fluide et facile à suivre.

Sang, à voir à l’Usine C jusqu’au 18 février 2020. Spectacle du mardi soir au samedi après-midi. Relâche les dimanches et lundi.

Un texte de Patrick White

https://sibyllines.com/sang/?gclid=EAIaIQobChMI0bSor5Kp5wIViJWzCh1crAU7…