Rupert Murdoch veut acheter le groupe Dow Jones

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News Corp. a annoncé mardi avoir présenté à Dow Jones & Co, l'éditeur du Wall Street Journal, une offre de rachat d'environ cinq milliards de dollars, qui pourrait permettre au magnat des médias Rupert Murdoch de prendre une position de premier plan sur le marché de l'information financière.

Mais la famille Bancroft, qui contrôle Dow Jones, a d'ores et déjà fait savoir qu'elle rejetterait cette offre non sollicitée à 60 dollars par action, soit une prime de 65% sur le cours de clôture de lundi.

News Corp, qui a soumis son offre à sa cible quelques jours avant l'assemblée générale annuelle du 18 avril, a assuré que sa démarche était "amicale".

L'annonce de mardi a fait bondir l'action Dow Jones de près de 55% à Wall Street, à 56,20 dollars en clôture, et déclenché un mouvement de hausse générale sur les autres valeurs de la presse et de l'information financière.

Le titre News Corp a lui cédé 4,2%, des analystes soulignant qu'une exposition accrue au marché de la presse écrite, en faible croissance, pourrait peser sur ses résultats financiers.

Un actionnaire de Dow Jones a estimé que la prime importante offerte par News Corp rendait un refus difficile à justifier.

"La famille Bancroft aura du mal à dire non même si, juridiquement, elle en a la possibilité", a expliqué Jean-Marie Eveillard, de First Eagle Global Fund. "Je pense que les investisseurs qui détiennent le titre seront presque unanimes à dire que c'est un prix qui ne se refuse pas."

La famille Bancroft, qui détient 64,2% des droits de vote de Dow Jones, en exercera un peu plus de 50% pour rejeter l'offre a précisé Dow Jones.

SURENCHERES ET CHEVALIERS BLANCS POSSIBLES

Les analystes et la presse estiment aussi que l'approche de Murdoch pourrait conduire à des contre-offres d'autres acteurs du secteur, comme Bloomberg, le Washington Post ou le New York Times . Bloomberg a assuré que ces spéculations étaient infondées. Les deux autres groupes ont refusé de commenter ces informations.

"Si quelqu'un est prêt à débourser six milliards de dollars pour la société, pourquoi quelqu'un d'autre ne débourserait-il pas huit milliards", a souligné Mark Boyar, dont le fonds Boyar Value Fund détient des actions Dow Jones.

"C'est une société très mal gérée et nous avons toujours pensé que Rupert Murdoch était l'une des trois ou quatre personnes qui devraient la contrôler", a-t-il ajouté. "Il est possible que la famille Bancroft se tourne vers quelqu'un comme Warren Buffett pour demander à être racheté à un prix plus élevé."

Le rachat de Dow Jones permettrait à Murdoch d'améliorer son image de diffuseur d'information financière avant le lancement, prvévu au quatrième trimestre, d'une chaine câblée spécialisée dans ce domaine baptisée Fox Business Channel.

Celle-ci aurait en effet accès aux fils d'information en temps réel de Dow Jones Newswires, à une présence importante sur Internet ainsi qu'aux journalistes et analystes du Wall Street Jorurnal et du magazine Barron's.

Mais Dow Jones est actuellement sous contrat avec la chaîne CNBC et ce contrat court jusqu'en 2012. On ignorait dans l'immédiat si ce contrat pourrait être rompu.

Avec Fox Business, Murdoch espère ainsi réitérer le succès de Fox News, sa chaîne d'information généraliste, qui reste en tête de l'audience sur le câble.

"Cela lui apporterait instantanément de la crédibilité, des contenus et une marque", a résumé Ed Atorino, analyste du cabinet d'études Benchmark.

L'offre de News Corp. représente pour Dow Jones une valeur d'entreprise de 15 fois le bénéfice avant impôt, charges financières, dépréciation et amortissement (Ebitda) estimé pour 2007, une valorisation bien supérieure à la moyenne des éditeurs de presse écrite, qui avoisine huit à 10 fois l'Ebitda.

Un rachat de Dow Jones entamerait aussi la position de leader de CNBC, propriété de General Electric, parmi les chaînes câblées d'information financière, a noté Harry Haverty, gérant associé de Gamco et actionnaire de News Corp.

"CNBC dépend très fortement du Wall Street Journal", a-t-il expliqué.

GE s'est refusé à tout commentaire.

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