«Rhapsodie» de Sylvain Émard : la jalousie des pistes de danse

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Qui aurait dit que février deviendrait le rendez-vous de la nouvelle rentrée culturelle montréalaise, juxtaposant à un rythme éreintant une multitude de spectacles repoussés ou créés pendant la pandémie ?

C’est dans ce cadre que Rhapsodie du chorégraphe Sylvain Émard, dont la date de lancement a été reportée à plusieurs reprises, est finalement présentée au Studio Théâtre de l’Édifice Wilder. Une première mondiale, une ode aux pistes de danse alors que nous en sommes privés depuis près de deux ans.

 

« Depuis toujours je suis fasciné par les pistes de danse et ceux qui les fréquentent. Mon désir est de capturer l’essence de ces rassemblements pour mieux mettre en relief ce qui constitue comme une forme de rituel païen dont la portée est profondément ancrée dans la contemporanéité. » Sylvain Émard

 

Sur un carré de danse blanc, éclairé par de nombreux faisceaux de lumières savamment orientés pour valoriser certaines parties de la piste, 20 interprètes encerclés par le publi, laissent libre cours à leurs émotions, individuellement ou en groupe, de manière coordonnée ou non. Une sorte de ring, peut-être. Un carré de sable qui nous transporte ailleurs, certainement.

Rhapsodie en bref, c’est un peu toutes les émotions que l’on a enfouies au cours des derniers mois et qui se transcrivent, le temps d’une heure, par le mouvement des corps. C’est la jalousie de voir ces danseuses et danseurs déambuler à quelques centimètres les uns des autres, se touchant parfois, respirant le même air dans une union qui nous rassure.

Rhapsodie, c’est une série de tableaux minutés où les gestes, savamment effectués, font le tour du cadrant pour offrir à chaque spectateur la possibilité d’observer en détail les émotions de chaque interprète, le tout sous la musique entêtante de Martin Tétreault & Poirier.  

Lou Amsellem, Sophie Breton, Charles Cardin-Bourbeau, Matéo Chauchat, Félix Cossette, Marilyne Cyr, Marie-Michelle Darveau, Janelle Hacault, Mathieu Hérard, Kyra Jean Green, Christopher LaPlante, Alexandre Morin, Erin O’Loughlin, Mateo Picone, Raphaëlle Renucci, François Richard, Cara Roy, Marie-Philippe Santerre, Lila-Mae Talbot, Camille Trudel-Vigeant, je suis jaloux.

Jaloux car en me dirigeant vers l’Édifice Wilder, je me demandais si nous allions avoir droit, comme l’année dernière, à une entrée sous le signe de la solitude, du dialogue intérieur et de thématiques qui nous ont frappés en début de pandémie (et qui ont été revisitées à maintes reprises). Mais au lieu de ça, Rhapsodie dévoile fidèlement de ce qui nous attend, à nouveau. Et j’ai très hâte.

Rhapsodie est présentée jusqu’au 26 février au Studio Théâtre de l’Édifice Wilder.

Pour plus de renseignements : https://www.dansedanse.ca/fr/sylvain-emard-danse-rhapsodie

Crédit photo : LePetitRusse