Retour sur le spectacle « Visions de Kerouac » de Normand Guilbeault sur YouTube

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http://www.youtube.com/watch?v=OTkCWvmjT1s LOWELL, Massachussetts - Quand j'ai posé la question provocante- sinon radicale- à l'endroit d'un musicien à savoir: "est-ce que la musique doit quelque chose a la musicalité de la voix" Normand Guilbeault m'a répondu, le rictus en coin, en me donnant cette réponse succincte, mais qui se réserve encore: "Tu ouvres une boite de Pandore là".

Boite de tous les maux il va sans dire pour l'artiste pris de passion devant l'objet inconnu de sa création. Une autre question fait suite à la première mardi 4 septembre: "Est-elle vraiment un objet cette création devant les passions qu'elle suscite, qu'elle provoque; objet somme toute qui se communiquerait aux auditeurs immédiatement concernés, comme un objet sans objet si on veut.

Ne vous découragez pas, je ne commence pas à faire de l'amphigouri ou le barbant. Chers lecteurs (trices), si je veux vous retendre quelque chose du spectacle sans seulement vous le rapporter, mais tentant de vous y rendre plus sensible malgre la distance séparant le Québec de Lowell, cela doit s'exprimer dans l'intelligence de cette fureur dont les mots que voici gardent la resonnance.

Les calques de Guilbeault (musique suivant le phrase de la voix à Kerouac) retiennent une question qui nous parvient somme toute toujours deja jouée d'ou la prégnance de la musique sur les mots même si le travail de musicien de Guilbeault prend comme ancrage la voix de Kerouac avant de la déborder et mettre à mal- est-ce cela en fait- tout le champ de l'expression car le spectacle éclectique dans sa forme passé du récitatif au jazz, à la chanson plus contemporaine ou d'époque, en l'occurrence: " Un Canadien errant".

On ne peut s'empêcher de se poser, re-poser la question, comme la jouer, une hantise, à savoir si la musique ne doit pas quelque chose a la musicalité de la voix ou ne devient pas soucieuse face à la musicalité de la voix. On en devient meme interloqués face à soi-même devant le fait de parler dans l'habitude de sa langue.

Mais ce travail de calque élevé au niveau de l'art
ou du sublime aggrave le rapport de la musique à une voix- celle de Kerouac - déjà fort éprise de musique, de jazz et ou cette dualité entre voix et musique, instrument naturel et instruments de notre ingéniosité se conjoint dans une même passion pour la musique posée à égalite du silence, art qui est rupture ou soudain approfondissement de l'instant dans l'improvisation.

La musique ouvre ici le son de la voix enregistrée de Jack Kerouac a son ampleur en l'harmonisant, l'accompagnant, la soulignant mais ou l'intervention significative- vivante- de Nicolas Landré incarnant Kerouac jusqu'à sa voix- un bel hommage a la façon de de Kerouac comme je l'ai dit- retourne le rapport dans un echange réciproque où se confondent langue, voix et musique, même battement.

Toute critique politique ou comme un serment à la liberté, dans la langue de l'autre qui aggrave le lieu de notre errance- je pense ici au cas Kerouac- est à mettre directement en rapport, à l'autre pôle de l'expression ou du fait exprime, avec la légitimite de pouvoir s'exprimer dans la langue de nos racines.

Dans la mouvance des derniers débats sur l'integration linguistique et culturelle des immigrants au Québec, "Visions de Kerouac" de Normand Guilbeault, par ricochet vient enrichir ce questionnement.

Du point de vue de l'artiste, de quelqu'un qui pratique son art, il s'agit d'une tension créatrice poussée à son comble ou je crée et participe de ce dont je parle. Cela concerne ma responsabilité en définitive.

A l'instar de Kerouac, la tentation de l'infini nous garde en joue. Nous nous sommes engagés- une poignée de musiciens- dans le flux vibratoire de la route.

Hit the "it" maintenant. "Visions of Kerouac" ce soir le 6 septembre 2007, 19h, au au Mc Donough Arts Magnet Theater à Lowell.

J.-S.BOISVERT, à Lowell

Autre texte sur le spectacle: http://www.patwhite.com/node/2527

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