Résumé du Black & Blue 2013

Catégories

Début de l'événement

Image

Le festival Black & Blue terminait sa 23e édition 2013 avec sa traditionnelle nuit de danse du dimanche pendant le week-end de l’Action de grâce. L’année dernière, l’événement avait créé un déficit dans l’organisation Bad Boy Club Montréal (BBCM) étant donné le faible ratio de participants. L’édition 2012 qui se déroulait au Palais des Congrès n’avait pas su se distinguer pour attirer plus d’amateurs. Alors cette année, les responsables avaient promis des changements et des améliorations pour que l’événement principal ne sombre pas. L’adaptation de la salle, plus petite, était bien sûr un choix de mise. L’Arsenal, un endroit pas du tout reconnu pour abriter des événements du genre, mais plutôt de l’art contemporain, a donné une touche plus sophistiquée et rafraichissante au festival. Le nombre exact de personnes présentes n’est toujours pas connu, mais je dirais à l’aveuglette qu’autour de 5000 personnes étaient sur place. La clientèle en majorité masculine était de tout âge et nationalité.

Entre deux DJ’ s, des numéros de cirque de la troupe d’envergure Éloize ont créé une ambiance de spectacle et ont impressionné par leurs interventions de qualités. J’ai été particulièrement charmée par la prestation de Dominic Lacasse et sa troupe d’acrobates. Au départ, je trouvais que d’interrompre les milliers de danseurs pour quelques contorsions était inutile, mais lorsque j’ai constaté la qualité de la performance et la réaction des gens je n’ai pu que m’incliner! Juste wow! Bravo à cette troupe!

Évidemment, l’Arsenal était divisé en deux salles baptisées comme toujours par ses styles distincts soit la Trance et la House. Le son qu’on y entend n’a souvent rien à voir avec un de ses genres. Par contre, j’ai constaté que c’est la première fois qu’on produit le son associé à la salle. C’est-à-dire que du côté de la salle house, c’était du vrai house. Non pas des remix de Madonna ou de Rihanna. Du vrai bon son festif façon Carl Cox. Ma nuit de musique a commencé vers 3 h 30 avec Satoshi Tomiie un Japonais de New York. Il était très attendu même s’il m’était inconnu. Il nous a servi du house à saveur parfois tech sans trop de longueurs. Vers les 6h00, toujours coté house, le DJ londonien Pagano a fait son apparition. Lui aussi m’était inconnu donc je n’avais aucune attente. Il a pris le contrôle des platines comme un grand de la musique house. Il a repris des morceaux par exemple de Carl Cox et de DJ Sneak. Bref, il sait comment enchainer ses pièces. Pagano restera LA prestation mémorable de l’édition 2013 du Black & Blue. De la house, un peu deep en passant par la tech, mais toujours authentique et sans artifice. Merci BBCM pour cette belle découverte! Ça nous change de Sander Van Doorn de l’année dernière…

Dennis Ferrer de New York s’occupait de boucler la boucle de la salle house. En général, plus la nuit avance, plus la musique évolue en intensité et du coup devient, pour les amateurs de tech house comme moi, le moment tant attendu de la nuit. Pas cette fois, dommage. Dennis Ferrer a tellement ralenti la cadence que je le soupçonne secrètement d’avoir voulu faire partir les gens plus tôt. Ses enchainements de styles musicaux complètement différents, ses interminables longueurs et même un moment de silence, m’ont déçue. Ferrer aurait pu s’occuper facilement du 5 à 7 d’avant. Il n’était pas du tout équipé pour suivre Pagano. Plutôt que de le laisser me faire oublier la charmante nuit de musique que j’ai eue, j’ai préféré partir en ne croyant pas du tout à l’amélioration. Je n’étais pas la seule; la salle se vidait rapidement.

Mon expérience de la salle Trance fut assez brève. Je ne suis pas partisane de ce genre bien que j’ai eu ma phase plus jeune! J’essaie toujours de rester ouverte par rapport à ce genre tellement prévisible constitué de longueurs, de montées et d’explosions pour finalement tout répéter. Richard Durand provenant des Pays-Bas, ce pays producteur de DJ’ s trance, m'a mis le doute pour ce qui a trait aux choix des organisateurs quant aux DJ’ s. Le set de Durand sonnait préenregistré. C’était tellement facile qu’on aurait dit une liste de lecture sur un iPod. Ma question est : pourquoi l’avoir choisi? Il y a tellement de bons DJ’ s rien qu’à Montréal qui se surpasseraient pour avoir la chance de performer devant un public nombreux comme le Black & Blue. Je comprends le besoin de faire venir des DJ’ s’internationaux mais je ne peux pas m’empêcher de dire que tant qu’a écouter du périmé venant de l’extérieur aussi bien prendre quelque chose de plus frais près de chez nous! Cette réflexion est le seul effet que m’a fait Richard Durand. Bref, sur la scène se trouvait aussi un animateur qui prenait la parole tout les dix minutes pour tenter de faire réagir la maigre foule devant Durand. Un animateur de foule au Black & Blue? Eh oui. Sur ce, j’ai préféré rester du côté de la salle House.

Sur une note plus positive, je dirais que l’endroit a su conquérir les danseurs. La sécurité était fortement présente sur les lieux et le personnel de santé aussi. L’ambiance était très festive contrairement à certaines éditions plus sombres. Par contre, impossible de garder sous silence une circonstance que plus d’un, moi comprise, a beaucoup dérangée. Je m’explique. En moyenne, une personne débourse entre cent et cent cinquante dollars pour son billet. À l’intérieur, il fait très chaud et il faut s’hydrater. C’est évident qu'il faut acheter une bouteille d’eau au coût de 5 $. Tout ça est normal, c’est toujours pareil dans ce genre d’événement. Ce que je trouve un peu scandaleux (c’est la première fois que je vois ça malgré tout les nuits du genre auxquelles j’ai participé) c’est de carrément couper l’eau froide pour empêcher les gens de remplir leurs bouteilles d’eau. Alors, même pour se rafraichir le visage l’eau chaude était la seule option. Il y a quelqu’un quelque part qui a pris la décision de couper l’eau froide des robinets pour vendre plus de bouteilles d’eau. Bref, je trouve ça particulier comme situation.

Le Festival Black & Blue s’est terminé comme à son habitude sur les coups de midi. Aucune arrestation n’a eu lieu à la grande fierté des organisateurs. BBCM a tenu sa promesse, la 23e édition était synonyme de changements rafraichissants. Chapeau!

Critique de Joannie Lévesque