Rémy Girard enchansonne Claude Gauvreau

Catégories:

Rémy Girard met le cap sur le continent Gauvreau. Allumé, sa passion caractéristique en bandoulière, le comédien réalise son rêve de jeunesse et invite le public à découvrir ou redécouvrir avec lui l’auteur des Oranges sont vertes, à se délecter de sa langue unique, enfièvrée, novatrice et sensuelle, sur les musiques originales du compositeur Jean-Fernand Girard, dans une mise en scène de Normand Chouinard et avec la présence de cinq formidables musiciens.

Rencontre inédite entre un acteur d’exception et un écrivain immense, Rémy Girard enchansonne Claude Gauvreau est un spectacle porté par le plaisir, la fougue, l’amour de la musique et le goût des mots.

UNE AUDACIEUSE AVENTURE
Périple en territoire exploréen, le spectacle propose une chevauchée au pays du lexique indompté du poète, une randonnée festive, traversée d’humour et d’une vivifiante folie. Textes, chansons, images, photos, tableaux et correspondances à l’appui, Rémy Girard évoque du même coup la période charnière qui marquait l’entrée du Québec dans la modernité.

Cette audacieuse aventure est soutenue par la présence des Quêteux disloqués, un ensemble de cinq musiciens dirigé par Jean-Fernand Girard, « enchansonneur » en titre du spectacle, et mise en scène par Normand Chouinard, compère et ami de longue date du comédien. Le tandem Chouinard-Girard, reconnu pour son extraordinaire complicité, nous a donné de grands moments de théâtre, notamment les mémorables En attendant Godot, Don Quichotte et Ubu Roi au TNM.

FLASH-BACK
Conservatoire d’art dramatique de Québec, 1973 : Rémy Girard et Normand Chouinard s’initient à l’oeuvre de Claude Gauvreau. Chaviré, abasourdi et comblé, Rémy rêve déjà de mettre en chansons les poèmes de l’écrivain, afin que celui-ci joigne les Beaudelaire, Rimbaud, Aragon et Verlaine au panthéon des auteurs dont les « chansons courent encore dans les rues ».
Trente-cinq ans plus tard, avec une admiration et une passion demeurées intactes pour cette figure implacable de la littérature québécoise, le comédien s’apprête à chanter une sélection de quinze poèmes, mis en musique par son frère Jean-Fernand. Sans a priori et inspirés par le rythme intrinsèque et l’alchimie sonore de chacun des poèmes, les frères
Girard ont opté pour des structures musicales variées - notamment le rythm and blues, le jazz, le rock et même la samba - dont l’ensemble forme un tout absolument stimulant. Enfin, les décors et costumes du spectacle sont signés Jean Bard ; les éclairages, Claude Accolas et la vidéographie, Christian Pomerleau.

JEAN-FERNAND GIRARD
Compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, réalisateur, pianiste et claviériste, Jean-Fernand Girard joue et compose pour la
scène, le studio et la télévision. Sa carrière musicale a croisé celle des Céline Dion, Marie Michèle Desrosiers, André
Gagnon, Pierre Flynn, Diane Dufresne, Bob Walsh, Richard Séguin, Michel Rivard, Luck Mervil et autres grandes figures
de la musique. Curieux et polyvalent, il tâte de tous les styles avec la même gourmandise. Il est par ailleurs directeur
musical et pianiste du tour de chant de Pierrette Robitaille, présentement en tournée au Québec.

CLAUDE GAUVREAU, LE HAUT-PARLEUR
Poète, écrivain et dramaturge, Claude Gauvreau (19 août 1925 - 9 juillet 1971) a profondément marqué la littérature et la
dramaturgie québécoises. D’un texte à l’autre, avec une verve et une inventivité inépuisables, cet ogre de la langue n’a
cessé d’ébranler, d’explorer jusqu’à l’exténuer, de magnifier comme nul autre au Québec avant lui une parole dévorante
et revendicatrice, amoureuse, poétique et théâtrale, dont la scène est l’espace idéal. Chez cet écrivain furieusement
vivant, l’abondance des objets et la diversité des formes employées rivalisent, avec humour et invention, avec la richesse
d’une langue novatrice qui ne ressemble à nulle autre.
Dans les années 1950, Claude Gauvreau publiait de féroces critiques de théâtre dans Le Haut-parleur, journal dont le nom
fait écho à sa prose tantôt enchantée, tantôt vitriolique. Il rédige aussi des articles pour des journaux comme Le Canada,
des revues de gauche, Situations et La Revue socialiste, puis pour le journal communiste Combat. En 1947, il crée sa première
pièce, Bien-être, avec la comédienne Muriel Guilbault.

En 1949, il signe un livret d’opéra, Le Vampire et la
nymphomane, puis en 1951 un recueil de poèmes abstraits, Étal mixte. Abstraction lyrique, plasticité du langage, écriture
automatiste, Gauvreau est fidèle en écriture à la démarche de ses amis peintres, Borduas, Riopelle, Fernand Leduc.
L’écrivain s’avère d’ailleurs l’une des forces vives du groupe des Automatistes, signataires du Refus global.
Malgré de fréquents séjours dans des institutions psychiatriques, Gauvreau continue d’écrire, entre autres, le roman de la
vie de Muriel Guilbault, Beauté baroque (1952) et L’Asile de la pureté, tragédie moderne en cinq actes. Il écrira aussi
plusieurs textes pour la radio entre 1952 et 1969. Il organise par ailleurs en 1954 la dernière exposition collective
automatiste, La matière chante. En 1956, il écrit La Charge de l’orignal épormyable, puis Les Oranges sont vertes (1970),
son oeuvre maîtresse, créée au TNM en 1972.

Le jour est venu où Rémy Girard réalise son rêve et monte sur scène pour prêter sa voix à Claude Gauvreau en compagnie de ses complices, Jean-Fernand, son frère, et Normand Chouinard, son
fidèle ami ! Fringale inassouvie de mots et de musiques, foisonnement de rythmes de tous
genres, Rémy Girard enchansonne Claude Gauvreau est le rendez-vous du printemps.

À l’Usine C
du 16 au 26 avril 2008, à 20 h.
1345, avenue Lalonde (entre les rues Panet et de la Visitation, métro Beaudry)
Billetterie 514-521-4493
www.usine-c.com
Admission 514-790-1245 www.admission.com

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Instagram icon