Remise du Prix du livre de Montréal à la mairie

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Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a décerné le Grand Prix du livre de Montréal, assorti d’une bourse de 15 000$, à Dany Laferrière pour son roman « L’Énigme du retour » récemment primé du Prix Médicis.

Étaient présents hier : Georges Leroux, président du jury pour l’occasion et vice-président de l’Académie des lettres du Québec, et les autres membres du jury, Laurent Borrego, libraire, Danielle Laurin, critique littéraire, Geneviève Letarte, écrivain, Catherine Mavrikakis, écrivain, professeur et récipiendaire du Grand Prix du livre de Montréal en 2008, Robert Schwartzwald, directeur du département d’études anglaises à l’Université de Montréal.

Les autres finalistes dont on souligne au passage « les œuvres magistrales » sont : Micheal Delisle (Éditions du Noroît) avec « Prière à blanc » (poésie), Monique LaRue (Boréal) avec « L’œil de Marquise » (roman), Hélène Monette (Boréal) avec « Thérèse pour joie et orchestre » (poésie) et Michel Rabagliati (La Pastèque) avec « Paul à Québec » (roman graphique).

Le maire Tremblay a fait une allocution, tenant à souligner « le talent de nos auteurs et de nos éditeurs » qui donnent en retour du prestige au Prix annuellement décerné, symbole « de la fierté et de la force créatrice de notre communauté ». « Il [le prix] forge la renommée de Montréal à l’échelle nationale et internationale comme une ville de savoir, de culture et résolument riche de talents ».

Après une quarantaine d’années d’attribution, le Grand Prix du livre de Montréal figure en liste des prix littéraires les plus convoités au Québec, et s’inscrit plus largement dans une politique culturelle de la Ville allouant 125 millions de dollars pour les 10 prochaines années au réseau des bibliothèques que les usagers auront le loisir de fréquenter gratuitement à l’intérieur d’un horaire prévu de 53 heures/semaine d’accès.

Revenant sur la remise du Prix et l’éloge du récipiendaire, le maire Tremblay souligne combien « L’Énigme du retour » « interpellera les exilés [citoyens] que compte notre métropole ouverte et diversifiée ».

Georges Leroux pose comme suit le soubassement du récit : « Que se passe-t-il quand un homme exilé d’Haïti à Montréal depuis 1976 entreprend de marcher sur les traces de son père, lui-même mort en exil?

D’une loquacité attentive au micro, sur les traces encore vives de « L’Énigme du retour » , Dany Laferrière s’est attardé un instant ( ou y a-t-il été plus longuement retenu) à la part d’ombre active, pour l'écrivain qu'il est, des aspirations aveugles et de l’acheminement se dévoilant, à la trace lumineuse de son parcours.

« L’Énigme du retour » ici, du plus proche retour dans la voix se suspend, n’a plus d’ aboutissement. Elle retrouve son origine. Elle veut témoigner du cheminement vers l’œuvre, mais du souffle qui reprend, interpelle presque, à travers le chemin parcouru. Elle veut rendre justice à la marge altière du vécu qui n’est pas le passé - filial de l’œuvre. L’art ici ne magnifie plus sa source d’oubli. Cet oubli est incommensurable que soulève, qu’emporte à elle seule la vie. Dany Laferrière dédie ce livre à sa ville d’élection : Montréal. « Je dédie ce livre à tous ceux que j’ai rencontrés, et surtout à ceux qui ne m’aiment pas », s’est-il empressé d’ajouter avec chaleur pour conclure.

J.-S.BOISVERT
Collaboration spéciale