Ratatat à Montréal : les ados ont trippé

Début de l'événement: 

07 septembre 2010 - 00:00
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Le duo new-yorkais Ratatat revenait en ville après une absence de près de deux ans, mardi soir à Montréal. Fiers d'une solide base de convertis, Mike Stroud et Evan Mast n'ont eu aucun mal à charmer un Métropolis à capacité maximale et bizarrement pas si plein.

par Julien McEvoy

21h: Devant la salle, une foule composée d'adolescents en rut se masse sur Ste-Cath, cette pauvre éventrée que les automobilistes aiment tant. Pendant deux petits instants, on croirait que le Mile-End a invité les étudiants d'une polyvalente voisine à la fête. «J'pense que j'vais faire un p'tit caca nerveux», dit un jeune homme début vingtaine. Un peu plus loin, une fille ressemblant à 20 autres aux alentours s'exclame: «J'ai mal au ventre tellement je suis stressée!».

21h30: Cette masse déjà en liesse et au bord de l'orgasme fait montre d'impatience. Les «roadies» travaillent devant des spectateurs décidément prêts. Le buzz est bien là.

22h: Stroud et Mast entrent sur une scène bordée de deux écrans translucides à chaque extrémité. Le jeu d'éclairage est construit de façon à ne jamais nous montrer les musiciens dans leur plein jour.

Et ça restera comme ça. Impossible, donc, de vraiment voir ce qui s'y passe. Et tout le monde s'en fout.

L'électro rose bonbon de Ratatat se prêtant plus ou moins bien à la scène, les deux écrans ainsi qu'un projecteur adossé au mur nous en mettent, et c'est le cas de le dire, plein la vue. Le hic? Les images choisies reviennent en loop aux cinq minutes!

Reste que l'esthétique de ces dites images était génial. D'une Aunt Jemima dansante jusqu'à l'oiseau qui se fait aller le bec sur les beats de Ratatat, c'était réussi.

Le groupe a très peu touché à son troisième album, LP3. Les deux complices ont plutôt offert tous les succès qui les ont fait connaître: Montanita, Lex, Gettysburg, Wildcat, Loud Pipe (eh non, Anne-Marie Withenshaw n'a pas fait d'apparition surprise...).

On ne peut pas dire que les gens présents n'ont pas apprécié. Le parterre était impossible à naviguer, le body-surf incessant. Les joints roulaient bon train, et les pas de danse étaient légion.

Mais on aurait apprécié une présence scénique plus captivante. Devant une telle foule, pas certain que la différence eut été si grande si on avait simplement fait jouer leurs albums.

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