Québec ou Sibérie, partie 3 - Datcha ou isba?

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Québec ou Sibérie, partie 3 - Datcha ou isba?

Le concours Follow Up Siberia invite le grand public à trouver des éléments faisant penser à «la Sibérie près de chez soi» afin de pouvoir éventuellement le comparer à la Sibérie réelle. Dans cette troisième et dernière partie de la série Québec ou Sibérie, et pour faire suite au billet D'un pont à l'autre, je tenterai de faire la distinction entre les termes datcha et isba et trouver leur équivalent dans la région de Québec.

Des maisons emblématiques de l'art de vivre russe

Les datchas sont emblématiques de l'art de vivre russe. Situées en périphérie des villes, ces petites maisons d'été demeurent la retraite estivale par excellence. Elles sont généralement entourées d'un petit lopin de terre où les datchnikis cultivent leur potager ou élèvent quelques animaux, ce qui leur a permis de mieux survivre aux rationnements de l'ère soviétique et à l'effondrement économique des années 1990

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Quartier de datchas de la région de Moscou. Photo : Petr Magera sous licence CC BY 2.0.

Quartier de datchas de la région de Moscou. Photo : Petr Magera sous licence CC BY 2.0

Les datchas ont tendance à devenir de plus en plus grandes et ostentatoires depuis que la Russie a retrouvé une certaine vigueur économique. Certaines d'entre elles sont habitables tout au long de l'année. Pour leur part, les isbas sont des maisons paysannes traditionnelles qui ressemblent beaucoup à nos cabanes en bois rond, bien que leur ornementation soit plus élaborée.

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Isba traditionnelle du village de Kamenevo. Photo : Alex Zelenko.

Une recherche avec le moteur russe Yandex permet de bien différencier datcha et isba. En revanche, une recherche d'images dans Google nous renvoie à des styles architecturaux extrêmement variés qui vont de la mini-maison au luxueux chalet de ski. Si l'on fait abstraction de leur contexte historique, il faut croire que ces deux types d'habitations sont maintenant interchangeables.

La campagne en ville

À la recherche de la datcha idéale, j'ai choisi de mettre en valeur les anciens villages ruraux de Québec qui ont été encerclés par l'urbanisation d'après-guerre. Dans le Vieux-Sillery, cette maison à la forme inusitée (photo principale) est à la fois différente des maisons canadiennes et des maisons de notables au toit mansardé datant de la même époque. Avec son allure orientale et ses dimensions réduites, elle serait tout à fait à sa place dans un village russe.

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La Maison Routhier de Sainte-Foy. Photo : P.-E. Paradis.

Pour sa part, la Maison Routhier de Sainte-Foy (1757) se rapproche de l'isba, non seulement par son revêtement de planches de bois, mais également par le fait qu'elle a hébergé toute une lignée d'agriculteurs. Classée monument historique, elle abrite aujourd'hui un centre d'arts textiles.

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Maison de l'Isle-aux-Coudres. Photo : P.-E. Paradis.

C'est en m'éloignant de Québec que j'ai rencontré la datcha idéale. Chauffée par un foyer de masse et entourée de verdure, cette maison autoconstruite de l'Isle-aux-Coudres correspond en tous points aux résidences secondaires des familles russes d’aujourd’hui. Calme et sérénité garantis !