Première grande exposition consacrée à Otto Dix en Amérique du Nord

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C’est à New York aujourd’hui que l’exposition Otto Dix, organisée en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal, s’est ouverte à la Neue Galerie.

Le président du Musée, Brian M. Levitt, et la directrice et conservatrice en chef, Nathalie Bondil, étaient en présence d’invités de marque dont Ronald S. Lauder, président de la Neue Galerie, et Renée Price, sa directrice. Cette collaboration a notamment été rendue possible grâce à une oeuvre importante qui appartient au Musée des beaux-arts de Montréal, le Portrait de l’avocat Hugo Simons, et dont l’acquisition en 1993 avait fait grand bruit.

L’exposition Otto Dix rassemble une quarantaine de peintures et une centaine d’oeuvres graphiques parmi les plus marquantes de l’artiste et de son regard sans concession sur son époque. Après New York, elle se tiendra à Montréal du 24 septembre 2010 au 2 janvier 2011. « Cette exposition, la première de cette ampleur consacrée à Otto Dix en Amérique du Nord, prend donc à Montréal tout son sens. Elle évoque, entre autres, l’histoire de deux destins croisés, ceux de Hugo Simons et Otto Dix, et la bataille d’une ville remportée pour une oeuvre symbolique », a déclaré Nathalie Bondil.

Le Portrait de l’avocat Hugo Simons (1925) qui figure dans l’exposition a été acquis par le Musée des beaux-arts de Montréal en mai 1993, de la famille Simons, installée à Montréal. Désirant s’en séparer, les Simons l’avaient proposé au Musée qui manquait alors des fonds nécessaires pour en faire l’achat. Alerté par une importante campagne de presse et par l’opinion publique, le gouvernement canadien avait alors contribué, de même que nombre d’individus, de fondations et d’associations, à une collecte de fonds qui a permis de faire entrer cette oeuvre dans la collection du Musée et ainsi, de garder à Montréal une oeuvre importante d’une exceptionnelle qualité et dans un excellent état de conservation.

Artiste allemand profondément marqué par les deux guerres mondiales auxquelles il a participé, Otto Dix (1891-1969) fut une figure centrale du mouvement artistique de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit) qui s’attacha à porter un regard réaliste, souvent acerbe, sur la société de l’entre-deux-guerres en proie à un profond malaise et pessimisme : les aspects les plus banals mais aussi les plus crus de la vie urbaine sont traités dans une tradition picturale classique incorporant les innovations formelles des avant-gardes. Considéré comme un artiste « dégénéré » par le régime nazi pour sa représentation cynique de ses contemporains, Dix fut contraint de quitter son poste de professeur à l’Académie des beaux-arts de Dresde. Il délaissa alors la représentation sans fard des excès de la République de Weimar pour une peinture plus allégorique, moins acerbe. Redoutable observateur du monde qu’il percevait comme « effroyable et beau », Otto Dix continue de déranger autant qu’il fascine. L’exposition sera l’occasion d’une découverte pour nombre de visiteurs, l’artiste étant peu représenté dans les musées canadiens.

Le Musée des beaux-arts de Montréal, qui célèbre son 150e anniversaire en 2010, est l’un des premiers musées d’art au Canada. Depuis de nombreuses années, le Musée poursuit une politique fructueuse d’échanges et de collaboration avec les plus grandes institutions muséales du monde entier et met sur pied des projets d’expositions originales. Ainsi, en 2009, six musées européens et nord-américains ont accueilli des expositions organisées et mises en circulation par le Musée des beaux-arts de Montréal, qui ont été visitées par quelque 1,5 million de personnes.

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