Première du «Temps qui court» de Lise Dion

Catégories

Image

Je ne suis ni en ménopause, ni à l’aube de la cinquantaine, je n’ai pas d’enfant et je ne pense pas très souvent à la mort… pourtant, j’ai adoré le tout nouveau spectacle de Lise Dion et m’y suis tout de même sentie interpellée car, malgré ses anecdotes de femme d’âge (plus) mûr (que moi), l’humoriste a le don de raconter les choses, de faire rire sincèrement et sans malice et surtout, de passer quelques messages importants et sociaux entre deux belles folies et éclats de rire.

D’entrée de jeu Lise Dion - que le public retrouve sur scène avec bonheur après 6 ans d’absence – annonce des couleurs qu’on lui connaissait déjà: «Vous êtes-vous aperçus que j’avais maigri? J’ai perdu 5 livres… ça fait deux ans mais bon!»

Alors qu’elle vient d’atteindre la cinquantaine, elle nous parle toujours de ses problèmes de poids et de BOUFFE (tout ce qui s’y rattache est hilarant!), de la vieillesse qui s’installe, de la ménopause ( «j’ai attrapé ça quelque part, j’pense que c’était au Mexique!», s’amuse-t-elle) et des chaleurs qui l’accompagnent, de cette fixation des gens pour la santé, de «chasse aux gros», de chirurgie plastique (c’est d’ailleurs une photo de l’humoriste, traits de crayons sur le visage et seringue de Botox à la main qui nous accueille, sur écrans géants, en début de spectacle), de sport-dating, de pôle dancing et de voyage dans le sud. Une première partie de spectacle que l’on passe à rire aux éclats car chacune des situations décrites nous rappelle nos parents, notre oncle, nos tantes, ou (pour le public féminin qui se trouvait majoritairement dans les âges de Lise Dion hier soir) nous-mêmes.

Après avoir raconté son accouchement en des termes peu élogieux, pour "enlever le goût à sa fille de faire d’elle une grand-mère", Lise Dion entame la deuxième partie de son spectacle; une seconde moitié qui feras moins rire aux éclats mais qui fera réfléchir et rire jaune.

Le numéro sur la technologie, assez comique, précède ceux, plus lourds, portant sur la mort et la vieillesse. Dans le premier, très drôle, Lise Dion s’interroge candidement sur notre arrivée au ciel et sur «le méchant line-up qui nous attend aux douanes de Saint-Pierre». Elle s’inquiète de savoir quels vêtements elle portera et surtout, si c’est son mari qui devra s’occuper de ses funérailles : «si je meure et que les Canadiens se sont rendus jusqu’aux séries, il est ben capable de m’exposer à la Cage aux Sports!»

Le numéro de la vieille femme est triste et totalement troublant. L’humoriste revêt le costume d’une vieille dame de 90 ans, malheureuse et seule dans son foyer d’accueil et désirant mourir. La finale de ce numéro fait d’ailleurs grandement réfléchir.

On retrouve ensuite, avec grand bonheur, le personnage de la femme afghane qui tente de nous convaincre que la burqa, c’est la liberté. «Lorsque tu portes la burqa, plus besoin de te coiffer ni de te maquiller le matin, c’est la liberté!», affirme-t-elle d’un accent afghan. Un beau numéro qui dénonce de façon délicieusement sarcastique.

Puis, le numéro final nous transporte dans l’univers tout en chansons d’une humoriste qui aurait très bien pu faire carrière dans la chanson. La voix – sublime ! – de Lise Dion qui se transforme en participante de Pop Académie renverse lorsqu’elle s’amuse avec le répertoire des Isabelle Boulay, Céline Dion, Linda Lemay et de la grande Ginette Reno. Une finale parfaitement réussie qui, à l’instar de ce nouveau spectacle, donne envie de la revoir, encore et encore.

Le spectacle de Lise Dion «Le temps qui court» est présenté au Théâtre St-Denis 1 les 16, 17, 18 et 19 novembre (complets) et en supplémentaires les 9 et 10 décembre et les 5, 6 et 7 avril 2012. (Billets en vente vendredi le 18 novembre à midi sur le Réseau Admission)