Première des Belles-Soeurs avec Sonia Vachon: quand le succès mène au succès

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Belles-soeurs

Je n'ai jamais eu la chance de voir Rose Ouimet interprétée par Guylaine Tremblay. Par contre, j'ai vu une Sonia Vachon tout en rires et en chair prendre sa place - à elle! - comme si elle avait toujours été sienne, pour notre plus grand bonheur, jeudi soir sur les planches du Monument National.

Je le dis d'emblée, le spectacle-musical est un chef-d'oeuvre! Un vrai de vrai. Évidemment, tout d'abord parce que l'écriture succulente et les personnages atypiques de Tremblay n'ont pas pris une ride. Pour ceux qui, comme moi, adorent Tremblay, il est difficile de dénicher mieux.

Ensuite parce que la mise en scène de René Richard Cyr est aussi simple qu'efficace. Dans ce décor sur deux étages, l'histoire et les personnages évoluent chacun à leur manière. Au premier niveau, la cuisine de Germaine Lauzon et quelques autres pièces que l'on devinent sans voir. Là, un fauteuil qui évoque un salon ou une fenêtre suggérant la suite de la vie, le monde extérieur. Et des armoires de cuisine qui emplissent la scène, métamorphosant celle-ci en église lorsque l'on ouvre ses portes emplies de cierges ou en discothèque, lorsque de grossiers néons illuminent les lieux. Puis, tout en haut, des chaises face au public, permettant aux personnages de s'y asseoir et de lancer des regards sur ce qui se passe plus bas, sur ces bouts d'histoire qui progressent, sans eux.

Et surtout, surtout, parce que les quinze actrices, toutes plus talentueuses les unes que les autres, ont chacune leur moment de gloire, l'opportunité de véritablement rayonner. Que ce soit Maude Guérin qui pleure son Johny en Pierrette déchue, Hélène Major qui prétend tout connaître de l'Europe en pincée et snob Lisette de Courval, Suzanne Lemoine en Marie-Ange Brouillette jalouse et maigre comme un «esquelette» ou Marie-Evelyne Baribeau en Linda Lauzon dans la vingtaine «rebelle» parce qu'elle veut aller «aux vues», elles sont toutes exceptionnelles et visiblement fort heureuses de reprendre, soir après soir, leur rôle de belle-soeur et ce depuis mars 2010.

Je n'ai pas non plus peur de crier au génie pour parler de Daniel Bélanger qui a su, tel un véritable chef d'orchestre, réinventer et transposer en musique et en chansons les savoureux textes de Michel Tremblay. Des mélodies divinement interprétées par cinq musiciens que l'on a la chance de voir jouer tout au long du spectacle, un peu dans la pénombre mais oh combien présents.

Depuis hier soir, je fredonne «Moi j'aime ça l'Bingo» avec, en tête, des cris joyeux de femmes qui ne veulent plus me quitter... Et je me sens privilégiée.

«Belles-Soeurs» est présenté au Monument National du 20 au 29 septembre et sera ensuite en tournée à travers le Québec jusqu'en décembre 2012.

Pour tout savoir sur Belles-Soeurs: www.belles-soeurs.ca

Crédit photo: Valérie Remis