Première d’Alexandre Barrette : d’une irrésistible immaturité

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C’est hier soir au St-Denis que l’humoriste présentait la première de son spectacle « Alexandre Barrette et personne d’autre! » Enthousiaste et visiblement dans son élément sur une scène, le charismatique trentenaire célibataire, diplômé de l’École internationale de l’humour depuis dix ans, semble à l’orée d’une carrière des plus brillantes et prêt à faire sa marque auprès des plus grands.

Dès le départ, l’humoriste, aussi animateur des émissions Atomes crochus et Taxi payant, toutes deux diffusées à VTélé, nous fait plonger dans sa vie de joyeux luron célibataire. Cavaleur avoué, candide et immature à souhait, il va jusqu’à inviter les filles qui sont libres à venir le rencontrer après le spectacle. Après avoir brièvement parlé de ses parents (on en aurait voulu plus!) il enchaîne avec ses derniers moments de vie de couple avec celle qui aura partagé sa vie pendant quelques années. L’une des dernières sorties de couple aura été au cinéma, où l’ancienne flamme aura déposé d’emblée son bras sur l’accoudoir une fois de trop. « Je l’ai regardée et je me suis dit : « Queeeeelle conne! », lance Alexandre Barrette d’un ton qui indique clairement qu'il n’en est toujours pas revenu. Il poursuit avec un numéro très drôle, soit celui du message filmé à ses futurs enfants : pendant de nombreuses minutes, il braque une caméra tour à tour sur son visage et sur les spectateurs en faisant mine d’enregistrer un message à sa future progéniture.

Il confie ensuite avoir envie d’être un enfant en 2012, en raison de tous les jeux disponibles sur le marché, tout juste avant le numéro le plus réussi du spectacle : La pêche. Sport (en est-ce un?!, questionne-t-il) qui requiert un indispensable ver de terre, qui n’a dans la vie d’autre pouvoir qu’éviter le regard du poisson prédateur. Lequel poisson, toujours selon l’humoriste, qui après avoir été fait prisonnier sous le signe de la rage et de la torture, est habituellement renvoyé à son milieu naturel dans les secondes suivant la traditionnelle photo.

Le numéro sur l’Australie, quoique bon, aurait avantage à être retravaillé, ne serait-ce qu’en raison du journal intime dans lequel sont racontés des blagues que l’humoriste a racontés sur les ondes de CKOI, alors qu’il faisait partie de l’émission « Midis Morency ». Du déjà entendu pour les auditeurs, donc, mais qui donne cependant lieu à un gag qui a fait tordre la salle de rire hier soir. Afin d’apprendre l’anglais, l’humoriste a fait un séjour en Australie avec un groupe de touristes anglophones. Au moment de préparer le repas collectif, le jeune homme, qui parlait très mal l’anglais, s’est porté volontaire afin de violer (et non pas râper comme il voulait dire) le fromage. Des sacs de fromages en grain avec l’inscription « Don’t rape the cheese » ont ensuite été distribués pendant l’entracte. Hilarant.

Même si la deuxième partie du spectacle est un peu moins efficace que la première, le numéro sur les sept péchés capitaux est réussi. Celui du trampoline, même s’il est bien punché, est beaucoup trop long. À revoir.

L’humoriste reviendra au St-Denis les 30 et 31 mars, ainsi que les 5 et 6 avril prochains.

www.alexandrebarrette.com