« Pourquoi pas ? » chez Duceppe : l’équivalent d’un téléroman joué sur les planches

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L’amour est-il possible à tout âge ? Voici la question que s’est posée le dramaturge Norm Foster en écrivant « Pourquoi pas ? », présentée au Théâtre Jean Duceppe jusqu’au 4 février. Même si sa pièce a tout d’un téléroman, l’auteur semble avoir trouvé le moyen de déranger la réflexion des spectateurs sur le sujet.

Dans « Pourquoi pas ? », Bob est amoureux de Jacqueline, Jacqueline est mariée et le mari de Jacqueline est le patron de Bob. Réussissant à tomber amoureux de la belle, même s’il ne l’a vue que 3 fois en 25 ans, Bob le maladroit, l’insignifiant, le tenace, l’attachant, le rigolo et le charmant, se lance à la poursuite de celle qui fait vibrer son cœur, le jour où il apprend que le patron/mari est décédé. S’en suivent alors 150 minutes de rencontres reconstituées, de partys de Noël d’entreprises, de maris et de femmes qui ne sont pas faits les uns pour les autres, de réflexions clichées sur l’art et la vie, et j’en passe. Sur papier, la trame de fond de « Pourquoi pas » est affreusement conventionnelle et, outre la ténacité de Bob pour obtenir ce qu’il veut, rien dans le propos de Norm Foster ne devrait nous faire réagir.

Pourtant, il suffit de tendre l’oreille à l’entracte pour réaliser que nombreux sont les spectateurs qui se questionnent sur le couple, sur la fidélité, sur le sens de la famille et sur l’amour chez les gens de l’âge d’or. Le texte a beau être un ramassis d’idées reçues et de banalités, il réussit tout de même à atteindre son but avec une large partie des spectateurs.

L’énergie incontestable de Claude Prégent et la facilité avec laquelle Pauline Martin alterne entre le drame et la comédie y sont probablement pour beaucoup. L’actrice profite d’ailleurs des meilleures lignes écrites par Foster pour faire éclater de rire l’assistance à de nombreuses reprises.

Les craintes, les peurs et le mariage déchu de Jacqueline ont été racontés 1000 fois. La persévérance infatigable Bob est aussi attendrissante que grotesque. Les décors et la mise en scène n’inventent rien. Pourtant, on sourit, on se détend et on se surprend à se laisser charmer par l’ensemble.

Au fond, « Pourquoi pas » est peu comme un film attrapé au hasard à 10 h 22 un dimanche matin de décembre. On pourrait zapper sans ne rien manquer, mais le fait d’y rester nous apporte tout de même quelque chose de simple et de réconfortant.

Duceppe : 14 décembre au 4 février