Positions de Hobbes

POSITION DE HOBBES

LA PENSÉE DE HOBBES SE RÉSUME PAR CET ÉNONCÉ:

L'HOMME EST NATURELLEMENT MAUVAIS ET C'EST LA SOCIÉTÉ QUI LE REND BON

VOICI QUELQUES EXTRAITS DE SES ÉCRITS:

"Le bonheur est une continuelle marche en avant du désir, d'un objet à un autre , la saisie du premier n'étant encore que la route qui mène au second. La cause en est que l'objet du désir de l'homme n'est pas de jouir une seule fois et pendant un seul instant, mais de rendre à jamais sûre la route de son désir futur... Ansi , je mets au premier rang, à titre d'inclination générale de toute l'humanité, un désir perpétuel et sans trêve d'acquérir pouvoir après pouvoir, désir qui ne cesse qu'à la mort.

La nature a fait les hommes égaux quant aux facultés du corps et de l'esprit... De cette égalité des aptitudes découle une égalité dans l'espoir d'atteindre nos fins. C'est pourquoi, si deux hommes désirent la même chose alors qu'il n'est pas possible qu'ils en jouisssent tous les deux, ils deviennent ennemis : et dans leur poursuite de cettte fin (qui est, principalement, leur propre conservation, mais parfois seulement leur agrément) , chacun s'efforce de détruire ou de dominer l'autre. Et de là vient que, là ou l'agresseur n'a rien de plus à craindre que la puissance individuelle d'un autre homme, on peut s'attendre avec vraisemblance, si quelqu'un plante, sème, bâtit, ou occupe un emplacement commode, à ce que d'autres arrivent tout équipés, ayant uni leurs forces, pour le déposséder et lui enlever non seulement le fruit de son travail, mais aussi la vie ou la liberté. Et l'agresseur à son tour court le même risque à l'égard d'un nouvel agresseur...
Nous pouvons trouver dans la nature humaine trois causes principales de querelle : premièrement, la rivalité; deuxièmement, la méfiance ; troisièmement, la fierté.
Il apparaît clairement par là qu'aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect (par l'institution d'une société), ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun...

La cause finale, le but, le dessein, que poursuivirent les hommes, eux qui par nature aiment la liberté et l'empire exercé sur autrui, lorsqu'ils se sont imposé ces restrictions au sein desquelles on les voit vivre dans les Républiques (donc la société), c'est le souci de pourvoir à leur propre préservation et de vivre plus heureusement par ce moyen : autrement dit, de s'arracher à ce misérable état de guerre qui est, je l'ai montré, la conséquence nécessaire des passions naturelles des hommes, quand il n'existe pas de pouvoir visible pour les tenir en respect, et de les lier, par la crainte des châtiments.

C'est pourquoi toutes les conséquences d'un temps de guerre où chacun est l'ennemi de chacun, se retrouvent aussi en un temps où les hommes vivent sans autre sécurité que celle dont les munissent leur propre force ou leur ingéniosité. Dans un tel état, il n'y a pas de place pour une activité industrieuse, parce que le fruit n'en est pas assuré : et conséquemment il ne s'y trouve ni agriculture, ni navigation, ni usage des richesses qui peuvent être importées par mer; pas de constructions commodes ; pas de connaissance de la face de la terre; pas de computation du temps; pas d'arts; pas de lettres, pas de société; et ce qui est le pire de tout, la crainte et le risque continuels d'une mort violente; la vie de l'homme est alors solitaire, besogneuse, pénible, quasi-animale, et brève.

Hobbes, Léviathan, Ch. 13-14

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Arguments conçus pour défendre Hobbes

1- L'enfant est le miroir de la nature. Si l'enfant est naturellement mauvais, il s'en suit que l'homme est naturellement mauvais. Or l'enfant passe sans arrêt d'un désir à l'autre, est jaloux du nouveau-né, se met en colère si on tarde à le changer ou à le nourrir, devient capricieux si les parents le laissent faire, cherche à imposer sa volonté autour de lui.

2- Si l'homme est mauvais, toute l'éducation consiste à redresser les mauvais penchants ou à les empècher de se manifester. Or l'éducation d'un enfant est faite de restrictions, d'interdictions, de punitions. Autant de moyens de contenir les penchants de l'enfant vers ce qui lui nuit ou nuit aux autres. Si l'enfant était bon, on le laisserait suivre ses penchants sans se casser la tête. Quel parent prendrait ce risque.

3- C'est lorsque quelqu'un agit sans être vu que se manifeste sa véritable nature, lorsqu'il y a des yeux qui regardent chacun s'efforce d`être comme il convient. Que font les enfants lorsque les parents s'absentent, les élèves sans le professeur, les citoyens lorsque la police est en grève, les acheteurs lorsque la suiveillance est absente etc.

4- Les réactions spontanées sont les plus naturelles. Spontanément les gens sont portés à interpréter en mal les comportements douteux, à penser à eux plutôt qu'aux autres, à tirer une certaine satisfaction du malheur des autres, à être insatisfait de ce qu'ils ont, à se plaindre etc.

5- Hobbes avance que le désir de dominer occupe une place importante dans le coeur se l'homme. Nous avons vu en classe des échantillons de comportements de domination, lesquelles laissent entendre que cette passion se glisse dans tous les secteurs d'activité de la vie humaine. Désirer dominer c'est désirer être au dessus de l'autre. Si l'orgueil ou l'amour propre est un défaut courant chez les humains, lesquels consistent à se croire meilleur que l'on est en réalité. Il s'en suit que le désir de dominer est courant.

6- Si les humains étaient si bons, ils passeraient la plus grande partie de leur vie à bien faire. L'histoire de l'humanité serait une suite de bons coups, de bonnes nouvelles. Or l'histoire de l'humanité est l'histoire des erreurs, des mauvais coups, une série de mauvaises nouvelles.

7- Les animaux sont bons, Seuls les humains peuvent devenir mauvais.

8- Une chose qui est bonne donne de bons résultats. Un bon arbre donne de bons fruits. Si l'homme était naturellement bon. la majorité des humains devraient être de bons humains, des personnes qu'on admire, que l'on cherche à imiter, dont on recherche la compagnie. Or le nombre de ceux qu'on admire est petit, les modèles ne courent pas les rues, pourquoi fuire la compagnie de tant de personnes?

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