Plusieurs correspondants étrangers à Cuba privés de réaccréditations

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Les autorités cubaines ont refusé de renouveler les accréditations des correspondants de la BBC, du Chicago Tribune, d'El Universal de Mexico, tandis que les journalistes texte de l'agence Reuters étaient toujours vendredi dans l'attente de leur renouvellement.

Au terme d'un processus de réaccréditation de tous les correspondants de presse à Cuba, entamé le 14 février, le correspondant pour le service en anglais de la BBC, Stephen Gibbs, âgé de 39 ans, en poste depuis octobre 2002, s'est vu signifier qu'il devait cesser ses activités journalistiques en attendant que la BBC désigne un nouveau correspondant.
Le correspondant de la BBC pour son service espagnol, Fernando Ravsberg, a vu son accréditation renouvelée.

Correspondant du Chicago Tribune à La Havane depuis 2002, Gary Marx, 50 ans, s'est vu signifier jeudi qu'il était resté "suffisamment longtemps" dans le pays et que ses articles "étaient négatifs". Lui et sa famille ont 90 jours pour quitter le territoire.

Cesar Gonzalez Calero, 41 ans, n'a pas non plus été autorisé à travailler plus longtemps comme correspondant du quotidien mexicain El Universal à La Havane, où il était en poste depuis 2003.

"Nous considérons que leurs dépêches manquaient d'objectivité. Nous en avons parlé avec eux à plusieurs reprises", a déclaré à ce propos à l'AFP José Luis Ponce, directeur du Centre de presse international (CPI) du ministère cubain des Relations extérieures, l'organisme de tutelle des correspondants étrangers.
"Ils ont liberté absolue pour écrire et nous, liberté absolue pour donner notre avis", a-t-il ajouté.

L'agence Reuters s'est vu renouveller vendredi ses accréditations pour ses activités télévisuelles, mais ses journalistes texte étaient toujours dans l'attente d'une décision à leur égard.
"Le processus de réaccréditations n'est pas terminé, il se poursuivra la semaine prochaine", a déclaré sur ce point José Luis Ponce.
Depuis Londres, un porte-parole de la BBC a déclaré à l'AFP: "La BBC est en discussion avec les autorités à La Havane à propos du statut de son correspondant après le retrait de son accréditation. Il reste à Cuba en attendant l'issue de ces discussions. Steve Gibbs n'a pas été expulsé".

A Mexico, Roberto Rock, vice-président d'El Universal, a déclaré: "Pour nous, c'est une expulsion technique", ajoutant que le journal allait déposer une plainte auprès du gouvernement cubain.
De son côté, George de Lama, le rédacteur en chef du Chicago Tribune, qui avait ouvert un bureau dans l'île en 2001, s'est déclaré "très déçu et préoccupé" par la décision du gouvernement cubain, ajoutant: "Nous voulons continuer à assurer la couverture de Cuba et de sa population, et nous évaluons quelles sont nos possibilités pour la suite".

"Il ne s'agit pas d'expulsion d'organes de presse, ni encore moins d'expulsions (de journalistes). Le terme expulsion est une exagération dans les deux cas. Simplement, on leur a retiré leur accréditation", a commenté José Luis Ponce, indiquant que le correspondant du Chicago Tribune pouvait ainsi continuer à couvrir depuis Cuba les autres pays d'Amérique latine dont il a la charge.
Ces mesures, sans précédent depuis des années à Cuba, ont lieu alors que le pays est placé depuis le 31 juillet dernier sous l'autorité provisoire de Raul Castro, numéro deux du régime et ministre de la Défense, en raison de la maladie de son frère Fidel.

Les autorités ont actualisé en décembre dernier la réglementation du travail de la presse étrangère, qui stipule en particulier que "le CPI peut suspendre temporairement ou retirer définitivement l'accréditation temporaire ou permanente" d'un journaliste, notamment "quand il considère qu'il a manqué à l'éthique journalistique et/ou manqué d'objectivité dans ses dépêches".

Dans le passé, plusieurs correspondants étrangers, dont ceux de l'AFP, ont été expulsés de Cuba ou se sont vu refuser le renouvellement de leur accréditation.

Source: AFP

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