« Perseption », une nouvelle génération de designers mode à Montréal

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Ils sont sept. Ils vont terminer sous peu leur formation en design et stylisme de l’École supérieure de mode de Montréal. Et mercredi dernier, ils se réunissaient pour présenter le fruit de leurs travaux sous la thématique de « Perseption ». Duc C. Nguyên, Marilou Cormier Béïque, Christine Charlebois, Laura Lapointe, Yandi Morgado Martinez, Catherine Métivier et Mélanie Poupart ont mis au point une série de sept défilés accompagnés de vidéos introductives afin de montrer le résultat de leurs années d’études.

« Perseption », c’est un « accord commun sur la mode, tout en gardant chacun notre spécificité », indique le collectif sur son site Internet perseption.org. «Nos vies, nos origines, nos voyages, nos expériences culturelles et valeurs morales forgent différemment nos regards et nos perceptions de la mode, du vêtement. Nos acquis académiques, nos expérimentations vécues au long de nos études et nos regards individuels contribuent à l’évolution de nos connaissances, nos talents, nos impressions particulières à chacun ».

Dans la pratique, le pari est plutôt réussi. Chaque designer se prête au jeu et met de l’avant une vision inspirée de différents concepts mode et design dont les volumes, les couleurs, les matériaux et les accessoires ne sont qu’une partie du travail. Robes de mariées, rectangle d’or, chemises d’un autre genre, géométries variées, production industrielle, vêtements thérapeutiques et histoire de deuils sont autant de thématiques abordées tout au long de cette soirée riche en surprises!

Tous ces designers en herbe ont des idées et des inspirations qui les amèneront à découvrir certaines facettes du milieu de la mode. Pourtant, on ne peut cacher le talent particulier de trois des finissants présents lors de cette soirée d’un autre genre : Duc C. Nguyên, Yandi Morgado et Marilou Cormier Béïque.

Duc C. Nguyên – Coupé à vif

Si vous ne le suivez pas sur Twitter (@duccnguyen) ou sur Facebook (https://www.facebook.com/duccnguyen), vous êtes dans l’erreur. Lorsqu’il s’agit de trouver des concepts mode et design à travers le monde et de les retranscrire en quelques mots, Duc C. Nguyên est l’un des plus grands à Montréal.

Pour son tout premier défilé, il présente « un projet de recherche-création en lien avec l’esthétique du “Edge Design” de Jack Telnack ». À la contrée de l'architecture, du design industriel et du design de mode, l’artiste met de l’avant les volumes et enveloppe ses modèles féminins de lin sculpté en lignes franches et taillées. Au delà des formes, Duc met aussi l’accent sur la couleur, faisant contraster le rouge intense de ses tenues avec la peau noir de la plupart de ses modèles. Un travail d’orfèvre qui montre pour la première fois le talent du jeune artiste.

http://duccnguyen.files.wordpress.com/2012/04/duc-c-nguyen-coupe_a_vif1… et http://perseption.org/designers/coupe-a-vif/

Yandi Morgado - Chemise2

Envie de découvrir des chemises d’un nouveau genre? On se souvient du dernier défilé de Dimitri Chris, transformant la simple chemise en robe féminine et tendance. Cette fois-ci, Yandi Morgado utilise du papier calque pour jouer avec les motifs des chemises à carreaux et la couleur de peau de ses modèles. Coupé, ajouté, superposé, ce calque est un environnement sonore à lui tout seul mais aussi un formidable outil lorsqu’il s’agit de jouer avec la transparence, les reflets et les ombres en perpétuel changement quand les mannequins sont en mouvement.

Un choix judicieux et très intéressant!

http://perseption.org/designers/chemise2/

Marilou Cormier Béïque – Béïque

Imaginer des robes de mariées dont le design évolue selon les tendances du marché, c’est la thématique à laquelle s’est consacrée Marilou Cormier Béïque. Dans son défilé, elle réalise une revue des 12 dernières années et imagine un lien hypothétique entre les valeurs financières et le mariage! Que ce soit dans la coupe des robes, tantôt longues et soyeuses, tantôt raccourcies ou bouffantes, ou bien même dans le maquillage et les accessoires des modèles, la jeune designer a du talent au bout des doigts.
http://perseption.org/designers/lemariageetlabourse/

Deux bémols viennent tout de même rattraper cette soirée haute en couleurs : les vidéos introductives souvent répétitives et l’absence quasi totale de modèles masculins. Question productions numériques, cela ne reflète en rien la créativité montrée sur scène. Au lieu de cela, le public assiste à sept vidéos dont la signature graphique et le scripte sont quasi similaires. Dommage. Dommage aussi que les étudiants n’aient pas réalisé l’importance du marché naissant qu’est celui de l’homme. Christine Charlebois est la seule à leur dédier une partie de son défilé. Est-ce que c’est juste proportion? Malheureusement, non.

Les finissants se rendront en Belgique pendant le mois d’avril dans le cadre d’un programme intensif d’Erasmus afin de participer à un atelier de création avec des étudiants d’une dizaine d’autres universités européennes. Si vous voulez en apprendre davantage, c’est sur le blogue que vous retrouverez toute l’information pertinente http://defile.uqam.ca.

D’ici là, bonne chance!

Plus de renseignements sur : http://perseption.org