Peinture au Québec de 1791 à 1867 - Notes relatives aux topographes britanniques

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Sous le régime français on insistait beaucoup sur le construit, sur la civilisation. On remarque une plus forte présence des contrées sauvages dans les représentations qu'ont produit les britanniques. Phénomène qui trouve sa source première dans de nouvelles conceptions de preprésentation qui vont maquer le paysage anglais à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, soit les notions de sublime et de pittoresque.

Situation du travail topographique

Objectif premier et définition du terme

Ensemble des représentations du bâti. Description et représentation d'un lieu donné à des échelles réduites mais avec des proportions exactes.
On doit retrouver dans un travail topographique:
- la situation géométrique;
- le construit;
- les fortifications;
- les voies d'accès;

*Chez Peachye, la présence humaine est là pour marquer la proportion - repère de proportions.

Principales étapes d'élaboration

- une partie du travail est effectuée sur place, soit une esquisse au crayon sur le papier;
D'abord on délimite trois plans. Format horizontal idéal pour les vues à distance qui permettait une vision globalisante des lieux représentés.
A noter chez Peachye, le vide qui occupe les deux tiers de la composition, peut-être pour créer un effet théâtral, insistant davantage sur la notion des grands espaces conquis, d'une nature monumentale (immense) qui englobe la ville au loin.
- identification de la zone bâtie. De façon à bien précider l'emplacement du bâtit, on utilisait la caméra obscura, ou l'on délimitait les contours des construction dans la perspective à l'aide d'un carrelage.

Le travail des topogrpahes consistait donc en un travail de reconnaissance, afin de dresser l'inventaire du matériel topographique. Les artistes topographes étaient chargés de dressé l'inventaire de ce vaste territoire que l'on venait de prendre aux mains des français. Les topographes dépéchés par l'armée anglaise, avait pour mission de dresser cet inventaire des lieux -fraîchement- acquis, ce dans l'esprit de la grandure traditionnnelle propre à la cour d'Angleterre. C'était là une façon d'affirmer avec une autorité convaincue, le pouvoir et le rayonnement de l'Empire britannique.

L'esprit du conquérant présent au coeur des citoyens britanniques se reflétait dans cet engouement pour l'exotisme. C'est ainsi que le paysage colonial s'inscrivait alors dans cette tendance bien en vogue de cultiver l'ailleurs par procuration. Nombre de clients de la haute bourgeoise tenaient à montrer au salon des ... paysages élaborés dans des contrés lontaines chargées de mystères. Certes, à l'époque de Peachye, la notion de sublime avait commencé à faire son entrée avant la lettre avec les oeuvres picutrales de grands romantiques comme Joseph William Malord Turner, pour ne nommer que celui-ci. C'était l'époque du Grand Tours - situation dans le temps... où les jeunes aristocrates des académies se voyaient compléter leur formation académique lors de grands voyages dans les grandes cités du monde Antique. Rome, Pompéi, ...
Peachye qui n'ayant pas obtenu le privilège à la naissance d'embrasser les hauteurs de l'aristrocratie sut tout de même en tant que gentlemen de la petite bourgeoisie anglaise, combler ce qui aurait pu représenter une lacune importante de son éducation, en s'enrolant dans les services de l'armée britannique.

Résultats, des vues topographiques du territoire nouvellement conquis, ce dans le but de répondre à la demande et à la curiosité d'une clientèle britannique en quête d'exotisme. Cet apect de clientélisme, aura une incidence sur la production tropgrpahique d'alors puisque certains topographes vont recourir à des éléments extérieurs à la topogrpahie des lieux afin de rehausser et d'animer en quelque sorte, le caractère (austère-ennuyeux) des relevés topogrpahiques. Soit par l'ajout de la présence humaine, pas des jeux d'ombre et de lumière pour ainsi théatralisé la composition, ou encore en créant des atmosphères par le recours à des jeux de valeurs sur le plan de la couleur.

Vers 1783-1803 : Le Pittoresque

Lié à cette vogue au sein de la clientèle anglaise qui est à la recherche des ces images, de ces
vues d'ailleurs, de cet engouement pour l'exotisme. Liés aux débuts du tourisme culturel. Ce qui caractérise cet ailleurs, le paysage et la vie des gens qui y habitent. Cet engouement d'abord exclusivement accesible aux aristocraties avec le Grand Tours, puis avec l'avènement du tourisme culturel, qui à paritir de la seconde moitiée du XVIIIe siècle * viendra rejoindre de plus en plus d'adeptes pour se populariser au tournant du siècle. Les avant-gardes...

Si l'on recours à la définition de Gilpin, qui situe le pittroesque entre le beau et le sublime, soit entre d'un côté la perfection liée à la civilisatin et de l'autre le grandiose et le terrifiant, liés aux forces de la nature, l'oeuvre de Peachye semble apparentée à cette définition. Toutefois, mise en garde - sublime plus discrêt ici que ex. les amérindiens.

Entre le prévisible et l'innatendu...

Série de contrastes selon Gilpin:
- lumière, noirceur;
- poli, rugeux;
- rocheux apique, dénudé;
ou rocheux, boisé;
- cultivé, sauvage;
Le tout contribuant à créer une irrégularité et des aspects texturés.
Contrairement aux topographes pour qui l'exactitude du paysage comptait avant toute chose,
ici c'est l'impression que nous avons des lieux qui compte.
I - Il y a relevé de l'essentiel des lignes dans un premier temps in situ, puis la description avec des mots, où une narration.
Les impressions de l'artiste notées dans des carnets, notes qui serviront lors du travail.

Peachye, remanie ses propres plans afin de rehausser le caratère grossier de cet objet utilitaire. - amateur.
- une vision subjective des lieux qui demeurent topogrpahique. Ce qui serait probablement du au fait que l'artiste souhaitait rapporter avec lui des souvenis des ces - impressions - captées sur le vif au gré des déplacements qu'il effectuait pour son le compte de l'armée britannique. En ce sens, l'on peut parler d'un attitude qui tend d'avantage vers le pittoresque. Pas de présence de sublime, tout dans la composition de Peachy est "gentil" à commencer par la finesse d'exécution par laquelle tout semble estompé et travaillé avec une grande précision accompagné d'un souci du rendu.

Ainsi, le pittoresque selon Gilpin ne relève pas de la perfection mais plutôt d'un choix de motifs particuliers. Une sorte de codification du pittoresque bâti sur des contrastes créant l'irrégularité. - vient en quelque sorte briser la monotonie, le ton monocorde, d'un topographie linéaire. En peinture, sur le plan de la technique ces contrastes sont amenés par des effets texturés.

Contrairement au topographes, ce n'est pas l'exactitude du paysage mais l'impression que nous avons des lieux - tel un regard sensible et subjectif. Pour se faire, l'artiste dressait d'abord les grandes lignes de compositon in situ, puis on se laisse imprégné par les lieux, puis ces impressions sont notées dans un carnet, qui servira lors du travail en atelier. La seconde étape constitue en la construction du paysage à l'aide de standard de la peinture de paysage classique - à l'instar de Claude Le Lorrain, ou Poussin et Dughet, on cré des paysages idéalisés à l'aide du vocabulaire pictural propre au pittoresque. Importance des liens avec le tourisme culturel qui va esthétiser le paysage.

Les canons du paysage selon les concepts généraux du pittoresque

- format horizontal, divisé en 3 plans;
- choix d'un point de vue permettant une vue globale;
- des plans qui s'insèrent en diagonale;

Les plans:
- 1er plan sombre avec végétation qui sert d'encadrement;
- le millieu occupe toujours le plan le plus clair;
- souvent la présence d'un plan d'eau sinueux ou en forme de serptentin guide notre oeil pour le conduire vers des ruines, une construction, etc.
- l'arrière-plan est fermé par un monticule ou une montagne;
- forte présence de jeux d'ombre et de lumière créant des effets atmosphériques, effets qui sont accentués selon les émotions;
- ajout d'éléments naturels dans le simple objectif de décorer, de texturer la finition. Ce qui explique que les éléments végétaux sont toujours représentés de la même façon. C'est donc un vocabulaire topographique précis et non la réalité qui est représentée.
- les arbres sont souvents noués, écorce = texture.

A partir de cette notion de pittoresque et l'application de cette grille de vocabulaire, la topographie semble s'émanciper de l'exactitude pour laisser d'avantage de présence à l'impression et à la suggestion par le fait même. Ainsi, les artistes affirment leur style. Il y a naissance en Angleterre d'une peinture de délassement, comme une activité de loisir, au même titre que la musique, la peinture et le dessin. Statut du gentelmen qui peint à loisir.

Paul Sanby - à l'Académie de Woolwich a permis à l'aquarelle d'acquérir sa reconnaissance. Le paysage amélioré par le pittoresque et le médium.
Membre de la Royal Academy de Londres pendant plus de 30 ans, il était au coeur des avant-gardes ce qui lui permit de mettre à jour les matériaux exploités. Par exemple l'utilisation du papier chiffon, il était possible d'émerger complétement le papier avant de commencer à peindre, l'invention des petits godets, permettant un déplacement plus aisé. Toutes ses techniques et matiériaux sont nés en Angleterre

Vers 1756 - Le Sublime

Lecture: Traité philosophique sur le beau et le sublime

Peachye fait partie du premier bloc, soit:
Un peu plus tard que Richard Short, des topographes, soit la représentation du paysage par le recours à une description stricte (voir) des lieux, ce dans le respect le plus strict des proportions. Dans ce type de reproduction topographique aucun aspect de lieux ne devait être ignoré, éliminant toute tentative de sélection par l'artiste. On devait donc retrouver dans la "compostion" - le terme compostion étant limité ici au point de vue, à la position retenue par l'artiste - tous le détail topographique du lieu représenté, soit: le construit, les fortifications, à des fins de stratégie militaire, les infrasctructures, le relief, les obstacles naturels et la (flore). Ces divers éléments devait être rendu à l'échelle avec une très grande précision, pour ce faire on avait utilisait la camera obscura qui permettait à l'aide de jeux de mirroir un relevé précis du relief dans la perspective*.

Notes

Tons chauds:
- vermillon, rose de Madère, terre de Sienne.

Tons froids:
- ultramarine, indigo, verts.

Technique mouillée ici, toutefois on peut utiliser une technique sèche, mais toutefois avec ce type de tech. il est plus difficile d'obtenir des estompés.

Etapes:
- travail de composition, puis les motifs dominants sont recouverts de gomme réserve;
- mouillage au gros pinceau et lavis de fond, couleur de base de la composition diluée qui va donner le ton à la composition;
- grand coups de pinceau délimitant des zones de lumière et d'ombre;
- retrait de la gomme réserve, application d'eau sur les détails puis application de couleurs;
- créer des effets d'ombrages avec les couleurs complémentaires.

Utilisation des couleurs:
Dans la perspective éloignée, toujours des ton doux;
Avant-plan, des tons chauds, fréquemment, un pâle cotoye un foncé - un ombrage cotoye un accentué. Réaliser de belles variations de teintes.
L'importance de ne pas définir les contours, l'on doit créer une impression avec peu de moyens.

Ile d'Orléans
Les pommiers sont tordus, dans le sens du vent de l'ouest sur l'île.

Par Annie Fraser (1969-2001).

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