Ouverture du festival Venice Days au Centre Phi: «La Memoria del agua», l'émotion portée à l'écran.

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C'est à Montréal, au Centre Phi, que les cinéphiles peuvent découvrir, du 15 au 19 Mars, une sélection des meilleures projections du Festival International du film de Venise.

Le dernier film du réalisateur Chilien Matías Bize, "La Memoria del Agua", ouvre le festival. La salle est pleine, la lumière s'évanouit, bientôt seule la pellicule capte l'attention des spectateurs.

Rapidement, le drame qui se déroule devant nous touche le public. Un couple essaie de continuer à vivre après avoir vécu une tragédie. La trame pourrait sembler déjà vue mais c'est son traitement qui impressionne le plus. Le rythme lent, presque onirique, du métrage est en parfaite adéquation avec le deuil que traversent les protagonistes. Les longs silences dansent avec la discrète bande originale et captivent l'audience dès les premières minutes. Le cinéaste choisit qui plus est de filmer caméra à l'épaule, insufflant une dimension purement humaine aux émotions qui valsent devant nous. L'humain est définitivement au centre du film. Et cela, la caméra nous le montre bien, tant elle se focalise sur les corps, les larmes et les sourires de ses sujets. Les plans serrés et les gros plans sont ici les plus nombreux : la moindre émotion en est ainsi magnifiée.

Cette prédominance de l'homme sur le lieu de l'action confère une autre vertu au film de Bize. Très vite on oublie que ce drame prend place au Chili, il devient universel.

C'est un beau moment de poésie que nous propose le Centre Phi avec cette soirée. Accueilli par quelques cocktails et de délicieux petits plats à la sortie de la salle on ne peut que vouloir poursuivre la découverte des films sélectionnés pour le festival. À défaut d'aller jusqu'à Venise, nous avons ici tout le charme de la Mostra à portée de main.