Osheaga : Un pari réussi

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Les deux derniers jours ont été ceux d’Osheaga qui s’est littéralement emparé du parc Jean-Drapeau le temps de faire vibrer Montréal sous une tonne de musiques. Bien que le festival a pu se vanter d’attirer, encore une fois, de très gros noms (il suffit de penser à Arcade Fire, Weezer et Snoop Dogg) le pari était, tout de même, un peu moins certain que l’année dernière. Cold Play, par sa popularité et sa notoriété enviables, avait alors assuré à Osheaga un succès instantané et ce, dès l’annonce de leur participation à la programmation 2009. Comme quoi, le temps fait bien les choses. 53 000 spectateurs au total (dont plus de 50 % provenant de l’extérieur de Montréal), comparé à 40 000 pour l’année dernière, se sont réunis cette fin de semaine pour danser, chanter et fêter aux sons des nombreux groupes présentés à Osheaga. Hier, le parc Jean-Drapeau vivait une journée encore plus ensoleillée que la veille. Minis shorts pour les filles, torses nus pour les gars et Ray-Ban pour presque tout le monde, l’été faisait sa loi à Osheaga!

L’efficacité des équipes techniques désignées pour la scène de la rivière et la scène de la montagne, toutes deux côte à côte, se doit d’être saluée. Aussitôt une prestation terminée, l’autre scène prenait la relève pour continuer la fête. Ainsi, The Gaslight Anthem s’est éclipsé pour laisser Ariane Moffatt s’emparer, l’instant d’un trop court 40 minutes, de la scène de la montagne. Derrière ses Ray-Ban (et oui, les artistes aussi en portaient!), la représentante francophone du jour a entamé l’excellente « L’équilibre ». Vêtue d’une robe imprimée de motifs en léopard, Ariane en avait de l’attitude sur scène et elle nous rendait fière, nous, minorité de francophones présente à Osheaga. C’est donc dans la foule assez dense qu’on pouvait entendre : « She’s really good! » L’artiste québécoise (une de nos meilleures en ce qui concerne la pop actuelle!) n’offre jamais le même spectacle, c’est connu. Ariane a la très belle capacité de s’adapter à son public. Ainsi, à entendre son programme, elle s’était clairement préparée à une audience très anglophone. « Will You Follow Me » était alors de la partie et la chanteuse s’est même aventurée dans une reprise d’un grand succès de M.I.A.,« Paper Planes ». Avec une assurance de béton sur scène, on réussit tout! Alternant entre son clavier et sa guitare électrique, Ariane était de tout sourire dimanche après-midi. Malgré les quelques problèmes techniques, la chanteuse s’est exclamée : « C’est pas grave, on a du fun! » Sa bonne humeur était contagieuse et c’est un fait, nous l’adorons! Unique déception, sa prestation fut trop courte.

16h20 - The Black Keys est ensuite monté sur la scène de la rivière pour servir du rock à ses fans pendant 40 minutes. Original, pas du tout. Réussi, complètement.

17h00 - C’est ensuite Charlie Winston qui s’est imposé sur la scène voisine pour une autre quarantaine de minutes. Le chanteur-auteur-compositeur britannique a prouvé qu’il peut passer du blues au rock, en faisant une petite escale vers de la pop avec une aisance admirable. L’artiste sait, de toute évidence, manier plusieurs styles de musique. Par contre, de ce qu’on a entendu hier, Charlie Winston n’innove pas encore. Il contrôle tous les styles, mais ne les personnalise pas. C’est du blues classique, du rock classique et de la pop classique. On aime ou on aime pas.

17h45 – Considérant leur grande popularité, The Cat Empire était attendu. Devant une foule en pleine expansion au fur et à mesure que la journée avançait, les gars ont offert une très belle prestation, musicalement parlant. Je m’explique. Leur musique est bonne. Ils maîtrisent le ska, le reggae et bien d’autres styles. Par contre, pour ce qui est de la présence sur scène, ça frôle le zéro. S’il veut faire de la scène, un artiste se doit de dégager une boule d’énergie constante. Les membres de The Cat Empire ne l’ont visiblement pas encore compris. Ils sont coincés et ne transmettent aucune énergie. Alors, on ferme les yeux pour ne le pas les voir et on écoute. C’est bon!

18h35 – C’était écrit dans le ciel, il devait faire exception à la règle. C’est pourquoi Snoop Dogg nous a fait attendre, un petit dix minutes, mais quand même! Une affiche géante couvrait le fond de la scène : « Snoop Dogg, Malice N Wonderland ». Le ton était lancé. Le spectacle a commencé sous les airs de Carmina Burana. Le ton était encore plus lancé. Le DJ s’est alors adressé à la foule : « Who likes to smoke weed in the place? Who likes to be drunk in the place? » Le ton était clairement lancé. C’est donc dans cette ambiance que le rappeur a fait son entrée et oui, Snoop Dogg a réchauffé la place pendant une bonne heure.

Mon séjour à Osheaga s’est arrêté en même temps que celui du populaire rappeur. La fin de semaine a été belle, grandiose et totalement réussie. Pour ce, nous nous disons, sans l’ombre d’un doute, à l’année prochaine!

Maude McConnell-Legault

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