Nouvel album double pour Indochine

Indochine lance sur étiquette BMG l'album «Alice et June». Après l’énorme succès de "Paradize» sorti en 2002, le quintette revient en force avec un double CD de 19 titres. Pourquoi un double, le premier de sa carrière? Un simple aurait certainement suffit. Mais Indochine mise sur les fans de toujours qui auront le sentiment d’acheter deux CD pour le prix d’un. On ne peut pas cependant reprocher au groupe de multiplier les arguments commerciaux.
La sortie d’un album après le grand rush des achats de Noël n’est pas forcément une bonne idée. Le ton du disque est aussi un pari. Malgré le succès de ballades comme "J’ai demandé à la lune» sur le précédent disque, ce nouvel opus est résolument rock. Les riffs de guitares viennent bousculer des textes souvent torturés, d’une grande noirceur. On retrouve les thèmes de prédilection d’Indochine depuis un quart de siècle: le sexe, la violence, les difficiles rapports hommes-femmes, vus par des adolescents. «Les portes du soir» qui ouvre le premier disque co-écrit avec Matthieu Lescop, le chanteur d’Asyl, évoque l’angoisse de deux jeunes filles repliées dans leur chambre.
Le titre qui suit, "Alice et June», parle du suicide. A ce premier single, répond sur le second disque le tout aussi triste «June», une chanson sur l’anorexie. Sur le très romantique et entêtant «Starlight» qui referme ce double album, le groupe semble faire son mea culpa.
«Je regrette ce que j’ai fait», dit le texte. Histoire peut-être de minimiser la portée d’extraits de phrases comme: «Demain ne reviendra pas» ou encore «Ne plus jamais se réveiller».
Malgré cette noirceur, le nouveau cru d’Indochine est à la hauteur des espérances. Les duos y apportent aussi un plus indéniable. Didier Wampas fait exploser les décibels sur «Harry Poppers» alors que Brian Molko, le chanteur de Placebo, fan depuis toujours d’Indochine, figure sur l’excellent «Pink Water». Un autre fan de toujours fait désormais partie d’Indochine. Olivier Gérard, alias Oli de Sat. L’ancien «groupie» recruté par Nicola Sirkis est devenu non seulement guitariste et clavier, mais producteur de ce nouvel opus.
Formé en 1981, par Nicola et son frère jumeau Stéphane, on doit à Indochine des tubes référents des années 80 comme: "L’aventurier» (1982), «Canary Bay» et «Trois nuits par semaine» (1985). Après le décès de Stéphane Sirkis en 1999, l’avenir du groupe semblait compromis. Le succès de l’album «Paradize» écoulé à plus d’un million d’exemplaires a été l’une des plus belles surprises de l’année 2003.
Source: AP

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