«Nos ghettos» dès mardi au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

Début de l'événement: 

13 novembre 2018 - 19:00
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«Nos ghettos» dès mardi au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

Quatre ans après Tungstène de bileTungstène de bile, J-F Nadeau s’allie à nouveau à Stéfan Boucher dont la signature musicale singulière vient rythmer le récit. Condamnant à la fois l’hypocrisie du vivre-ensemble et toute forme de repli communautaire, l’auteur dessine un tableau bariolé de solitudes multipliées et nous rappelle à quel point la profonde connaissance de soi est probablement l’unique promesse du rêve collectif.

Deux hommes et une poupée racontent un simple aller-retour à la clinique, devenu odyssée de la rencontre impossible. Nos ghettos, c’est une déambulation improbable dans des espaces familiers. Ponctuée de bonnes volontés et de conscientes lâchetés, cette odyssée intime amène à une désolante mais lucide empilade de vases clos raciaux, sociaux, politiques, culturels, familiaux...

Salle Jean-Claude Germain
Du 13 novembre au 1er décembre 2018

L’équipe de production

Interprétation
Olivier Landry-Gagnon

Assistance à la mise en scène et régie
Amélie-Claude Riopel

Scénographie
Jonas Veroff Bouchard

Éclairages
Mathieu Roy

Musique flone
Stéfan Boucher et Olivier Landry-Gagnon

Voix
Hélène Durocher et Gisèle Kayembe

Costumes et accessoires
Elen Ewing

Photos et vidéo
Geneviève Albert, Patrice Lamoureux Steve Montpetit, Vincent Rouleau

Oeil extérieur
Madeleine Péloquin

Direction de production
Camille Robillard

Direction technique
Sylvain Béland et Martin Mantha

Parole
Marie-Ève Pelletier

Mise en scène, interprétation et manipulation de marionette
Stéfan Boucher

Texte, mise en scène et interprétation
J-F Nadeau

En savoir plus
http://theatredaujourdhui.qc.ca/nosghettos

Mot de l’auteur

Pendant deux ans, j’ai flâné, dérivé et détourné le quotidien sur la rue Bélanger au coin de la 2e avenue, un banal et bizarre tronçon commercial multiculturel que j’ai baptisé « ghetto » avec la plus baveuse des dégaines. Au bout des promenades, une seule mission d’écriture possible: porter toute mon attention sur cette énergie que nous déployons à se cloisonner. Il faut dire que ce microcosme montréalais expose parfaitement un cruel paradoxe : l’idéal du vivre-ensemble (le live and let live et ses dérivés) fait du déni envers la nature humaine. Malgré les meilleures intentions d’harmonie, nous demeurons des dépendants affectifs du passé, des envieux, des drogués de l’appréhension, des conditionnés et j’en passe. À mon humble avis, l’angélisme n’est pas du tout un rempart à la violence. Il est une autre de ses fondations, une lente, mais sûre cristallisation des solitudes menant à des replis.

Je m’«enlignais» donc sur une sorte d’étude pleine d’esprit et de condamnations neutralisantes… jusqu’à ce que l’espace entre ce qui est observé et l’observateur disparaisse. Il ne s’agissait aucunement de « nous » ici, mais bien - et uniquement - de moi. Tout ce que voyais et interprétais n’était que le reflet de mes conflits intérieurs, de mes « ghettos » psychologiques, amoureux, familiaux, amicaux, sociaux, religieux, politiques et métaphysiques. Je me suis retrouvé dans ma tour de vase clos à réaliser que la seule voie face à l’impasse du vivre-ensemble était la profonde connaissance de soi. Cela semble peut-être évident, simplet ou une variante de l’individualisme… or, ce nouveau regard a tout changé quant à mon rapport d’ouverture aux autres.

Avertissements
L’antihéros de Nos ghettos ne se transforme pas d’une manière dramaturgique habituelle. Il mesure l’ampleur de l’urgence de sa révolution et passe de « quelques années- lumière » à « un cheveu » de changer. Ce mouvement stable (!) est un gage de conversion paisible!

Il y aura une lumière stroboscopique… et des interprétations ponctuelles de personnages d’une autre ethnie que celles des acteurs pendant la représentation. Ce choix n’est ni naïf ni provocateur ; il est le résultat d’une cohabitation aussi joyeuse que maladroite et il met en relief nos complicités et nos désunions perpétuelles. Ce choix sert des reconstitutions aussi exactes qu’embrouillées ou tordues... propre aux introspections. Si vous y voyez quelque singerie raciste, je vous invite à me partager votre point de vue après le spectacle. Je tiens à remercier publiquement mon frère de création : Stéfan Boucher. Sa sensibilité de lecteur et sa capacité à élever mon troupeau de mots dans le champ du son, du corps, de l’image and beyond me renversent à chacun de nos rendez-vous. Merci aussi à tous ceux et celles qui ont contribué de près ou de loin à la naissance double de Nos ghettos. Je crois que vous vous reconnaissez…

Bon show ! Je vous le souhaite aussi intime
qu’explosif.
J-F

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