Le cinéaste René Jodoin s'est éteint

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Le cinéaste et producteur René Jodoin est décédé le 22 janvier dernier à Montréal, à l’âge de 94 ans. Né à Hull en 1920, recruté par Norman McLaren à l’Office national du film du Canada dès sa sortie de l’École des beaux-arts en 1943, il est nommé directeur du programme de films scientifiques en 1963, puis il reçoit, en 1966, le mandat de fonder un studio d’animation à la toute nouvelle Production française de l’ONF.

Au sein de son équipe, il rassemble bientôt un solide groupe de jeunes cinéastes, parmi lesquels on retrouve Pierre Hébert, Co Hoedeman, Paul Driessen, Francine Desbiens, Suzanne Gervais et Jacques Drouin. Il établit une collaboration avec le Conseil national de recherches du Canada qui lui permet de produire un film marquant de l’histoire du cinéma d’animation par ordinateur : La faim, de Peter Foldès (1974, Prix du jury à Cannes). Sous sa direction, le Studio d’animation français connait un âge d’or avec des films tels Balablok de Bretislav Pojar (Palme d’or du court métrage à Cannes en 1973) et Le château de sable de Co Hoedeman (Grand prix du festival d’Annecy en 1977, puis Oscar du court métrage d’animation).

Les faits en bref

L’œuvre de René Jodoin

o En plus des deux films qu’il a coréalisés avec Norman McLaren (Alouette, 1944; Sphères, 1969) et de plusieurs films didactiques, René Jodoin laisse une œuvre marquante, sous le signe de l’abstraction géométrique.

o Parmi ses films les plus connus, Notes sur un triangle (1966) est un chef-d’œuvre de la technique des éléments découpés, véritable monument de rigueur et de précision.

o Rectangle et rectangles (1984) est un film de clignotement réalisé par ordinateur, pour lequel le vétéran cinéaste a obtenu la collaboration du jeune Daniel Langlois, qui allait fonder Softimage.

o Après son départ de l’ONF, en 1985, René Jodoin a poursuivi en solitaire des expérimentations graphiques avec un micro-ordinateur. Ces travaux ont eu pour résultat, en 1998, un dernier film intitulé Entre-temps et lieu.

o Trois ans plus tard, en 2001, le Gouvernement du Québec lui remettait le prix Albert-Tessier.

· Citations

« L’Office national du film du Canada perd l’un de ses pionniers, a déclaré le commissaire du gouvernement à la cinématographie et président de l’ONF, Claude Joli-Cœur, un visionnaire exceptionnel qui a contribué à définir le caractère unique et avant-gardiste de notre cinéma. »

« René Jodoin a été un mentor pour toute une génération de cinéastes d’animation, mais aussi l’un de ceux qui ont contribué à introduire l’informatique dans la production de films d’animation, à une époque où la chose était loin d’aller de soi », d’ajouter le réalisateur Pierre Hébert.

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