DJ Champion et les G-Strings à l'Église St-Jean-Baptiste le 28 février (entrevue)

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S’il y a longtemps que vous n’êtes pas allé à l’église, DJ Champion et ses G-Strings vous y invitent, vendredi le 28 février prochain, afin d’assister à un concert électro-lounge orchestral présenté à l’Église St-Jean-Baptiste. Au menu de cette grande messe nocturne célébrée dans le cadre de Montréal et Lumière : la douceur de l’orchestre de chambre I Musici de Montréal, l’intensité de °1 et la folie de Champion.

Crescendo et nuances

«Je fais pas mal tout le temps ça, commencer un show plus tranquillement puis monter, explique DJ Champion. Ce spectacle est à partir de ce même concept, mais cette fois, poussé à l’extrême. Le début sera vraiment smooth, la première moitié du show s’écoute assis, il n’y a pas vraiment raison de s’énerver les jarrets là-dessus. Ce sont les pièces les plus smooth de l’album °1 alors on parle de recueillement, d’écouter la musique et de se laisser bercer. Tranquillement l’énergie va monter et c’est vers la fin du show qu’on va jouer des pièces de résistance (et de l'album Resistance)», ajoute-t-il en riant.

Ce spectacle, c’est celui qu’il a livré lors du Festival de jazz, à quelques variations près.

«Comme nous serons dans une église, il va falloir que j’accentue les nuances pour que ça ne devienne pas chaotique. Les pointes d’énergie devront être beaucoup plus brèves pour réussir à rendre le tout écoutable.»

Car lorsque l’on joue avec un orchestre, les nuances sont très importantes. «Il y a plein d’éléments à prendre en considération. Il faut ajuster notre volume et notre intensité en fonction des instruments qui nous entourent. Il faut aussi être capable de laisser de la place à l’orchestre, parce que c’est beau, c’est doux», ajoute le musicien qui se décrit aujourd’hui comme un fan de musique at large.

«Jouer avec un orchestre, c’est un méchant beau cadeau que je m’offre d’abord et avant tout. Ce show là, ce sont mes fans qui viennent le voir. Si je faisais un show pop, il y aurait plus de monde, ce serait plus un show de party, les gens diraient «Hey, on va aller faire le party au show de DJ Champion!». Là c’est plutôt «On va aller écouter DJ Champion. C’est un peu différent.»

«C’est l’fun de pouvoir mélanger la douceur, les nuances, les images qui viennent avec la musique classique et de fusionner tout cela pour créer un genre d’équilibre - ou de déséquilibre - où la ligne n’est pas claire.»

Des surprises, il y en aura, promet DJ Champion. « Il y aura, entre autres, du video mapping (des projections sur les bâtiments et l’architecture) à l’intérieur de l’église pendant le show. »

«Ce show, je voulais le faire avec le gros orchestre. Je me suis dit, on va peut-être le faire juste une fois, mais on va avoir du fun. Finalement, on va l’avoir fait quatre fois, j’ai déjà dépassé mes aspirations. Ce qui m’habitait avait envie de dire : F*ck la demi-mesure, on va faire ça pour vrai! Si la maladie m’a amener quelque chose – à part un peu de sagesse j’espère bien – c’est de voir les choses de façon un peu plus contrastée tout en exacerbant ce qui m’habitait déjà.»

Un son indéfinissable

DJ Champion n’est pas, comme certains autres artistes, ancré dans son seul petit monde.

«J’aime toutes les musiques. Je ne suis plus fan d’une musique quelconque comme dans ma jeunesse. Je suis plus fan de musique at large. J’ai des préférences, mais je ne suis pas un fasciste qui n’écoute qu’une seule sorte de musique et qui considère qu’il y a des types de musique qui ne sont pas bons. Pour moi, toutes les musiques sont valables à un certain moment», explique-t-il.

«Je me suis aperçu, au fil des années, que ce que j’aime c’est faire des tounes qui sont entre deux genres, quand les gens ne sont pas vraiment capables de dire «C’est exactement ça!» ou encre c’est bon ou ce n’est pas bon. Je trouve ça intéressant, quand c’est un peu vague et que pour l’un, ça peut être perçu comme quelque chose de pop et pour l’autre, comme avant-gardiste. C’est pas mal l’un des jeux que j’aime jouer avec la musique.»

«Même mes disques plus Pop, j’essaie d’y mettre une intention, que ce soit toujours spontané, mais avec un degré de lecture, mettre de la viande autour de l’os. C’est sûr que je crois beaucoup à la spontanéité et à l’énergie des émotions, mais d’y mettre un peu d’intellect là-dedans, ce n’est pas mauvais.»

Le fait d’avoir été malade aura servi, entre autres, à préciser des choses dans la tête de Champion. «Ce disque-là, je ne l’aurais probablement pas fait si je n’avais pas été malade, mais je me suis dit que si j’avais à faire un disque comme ça, c’était probablement le meilleur moment. Le moment où je ne m’attends à rien et où je fais les choses juste pour moi, pour le plaisir.»

«La maladie te met beaucoup plus dans le moment présent et le advienne que pourra, on ne va pas en mourir. Ça te fait relativiser pas mal.»

«La job de DJ c’est d’aller chercher le monde. Tu n’es pas un poète qui dit «Découvrez-moi, vous ne comprenez pas trop mais ce n’est pas grave c’est mon univers. » T’es un DJ! Personnellement, les affaires plus risquées, je les fais à plus petite échelle. Les gens ne veulent pas forcément t’entendre explorer, ils veulent t’entendre appliquer. Et puis, au fond, le but n’est pas de savoir «Est-ce qu’il y avait beaucoup de monde ?» mais plutôt «Est-ce que les gens sont restés?»»

Il y a fort à parier que le 28 février prochain, les fidèles ne se feront pas prier pour rester le plus longtemps possible à l’église.

DJ Champion et les G-Strings présenteront °1 à l'Église St-Jean-Baptiste le vendredi 28 février prochain dans le cadre de Montréal en Lumière. Le concert sera aussi présenté le 3 avril au Grand Théâtre de Québec ainsi que le 15 mars, au Théâtre Granada de Sherbrooke.

Il travaille présentement à son prochain album.

Pour suivre DJ Champion on visite www.djchampion.ca/fr

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