Les Black Keys illuminent le Centre Bell

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Pour leur troisième visite à Montréal, les Black Keys ont illuminé le Centre Bell, hier soir, avec une performance enjouée. Qui a dit que la musique rock-blues devait nécessairement être sombre et triste? Pour voir les photos du spectacle: http://tomaphotographe.com/blackkeys

Devant un parterre hystérique, le batteur Patrick Carney est apparu sous un simple faisceau lumineux, suivi du chanteur et guitariste Dan Auerbach, qui s'installait calmement. Le décor et la mise en scène semblaient, à priori, épurés, le duo prenant place l'un à côté de l'autre, sur une scène plus grande que nature.

Malgré le succès inégalé du dernier album Brothers, sorti en mai 2010, disque d'or aux États-Unis et récipiendaire du Grammy de l'album alternatif de l'année, le duo rock originaire de l'Ohio s'est plutôt fait plaisir en entamant la soirée avec ses plus anciens morceaux.

Les vieux fans ont pu apprécier Thickfreakness (2004) et Girls On My Mind (2003) en guise d'introduction. Le ton étant donné, le groupe a revisité plusieurs autres vieux hits, avant de plonger, à partir de la septième chanson, dans le répertoire de son album le plus populaire.

Les spectateurs s'impatientaient un peu d'entendre les chansons les plus récentes. Il fallait les voir se lever, le poing en l'air dès les premières notes Everlasting Light, première chanson de Brothers .

Au même moment, un décor lumineux, jusque là endormi, s'est révélé dans toute sa splendeur. Les faisceaux se sont multipliés alors qu'une boule disco descendait au dessus des deux rockeurs. Un rideau d'ampoules incandescentes s'illuminait également au rythme endiablé du rock. Les amateurs venaient de pénétrer au cœur du spectacle, deux écrans projetant des images psychédéliques s'ajoutant aux effets spéciaux.

Malgré l'aspect statique du rôle de batteur, Patrick Carney arrive à en donner plein la vue en avant scène. Rare sont les batteurs qui dégagent une telle prestance. Doté d'une énergie inépuisable, il manie sa batterie à un rythme hallucinant à grandes suées et à grandes grimaces, résultat d'un effort qu'on croirait surhumain.

Patrick Carney ne donne pas sa place non plus, côté prestance. Il n'hésite pas à faire les quelques pas qui le sépare des premières rangées du parterre pour aller servir directement au public les cris précis de sa guitare. Sa voix puissante, imposante, qu'il pousse au maximum, rappelle de nombreux classiques du rock des années 70.

L'énergie est arrivée à son apogée, à la chanson Tighten Up, le single le plus populaire de l'album. À ce moment, plus personne n'était assis, la folie s'emparant de tout l'aréna, jusqu'aux gradins.

Le groupe a tenu bon pendant plus de 75 minutes et a offert un rappel apprécié qui manquait cependant de spontanéité, puisque l'écran de la scène affichait le nom du groupe en clignotant pour encourager la foule à exiger son rappel. C'était un peu inutile puisque celle-ci semblait conquise et l'aurait exigé de toutes façons.

Remontés sur scène arborant des chandails du Canadien de Montréal, ils ont été acclamés par une foule qui, amateur de hockey ou pas, ne voulait pas que ca se termine aussi tôt.

La foule aurait probablement apprécié la pièce Too Afraid of Loving you, une mélodie qui ressort un peu de leur style habituel et qui a comblé le public montréalais, l'an dernier, lors de leur prestation au Festival Osheaga. On aurait également pu s'attendre à I'm not the one, ou Unknowned Brother, deux autres magnifiques balades aussi touchantes que tristes, tirées du dernier album Brothers.

Le duo a plutôt choisi de clôturer le spectacle avec Sinister Kid et Your Touch (2006), plus rock, question de laisser le public sur une note plus joyeuse. Mission accomplie pour les Black Keys qui signent une autre prestation sans fausse note.

Pour voir les photos du spectacle: http://tomaphotographe.com/blackkeys

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