Nouvelle création de La La La Human Steps : Édouard Lock passe à la vitesse supérieure

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06 mai 2011 - 12:25
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Pour les 30 ans de sa compagnie La La La Human Steps, Édouard Lock propose à Montréal deux activités qui en mettront plein la vue aux amateurs de danse. En plus d’une exposition présentée à la Place des Arts et retraçant quelques-unes de ses plus belles œuvres sous forme de photographies ou de vidéos, son fondateur et directeur artistique présente en première Nord Américaine sa nouvelle création.

Inspirée des opéras baroques Didon et Énée (Purcelle) et Orphée et Eurydice (Gluck), cette composition compte parmi ses douze danseurs l’artiste invitée Diana Vishneva (danseuse principale du Théâtre Marrinsky et de l’American Ballet Theatre). Elle est aussi accompagnée d’un groupe musical présent en arrière-scène et constitué d’un piano, d’un violon, d’un violoncelle et d’un saxophone; jouant les airs du collaborateur de longue date Gavin Bryars. En ce qui concerne la scénographie, c’est Armand Vaillancourt qui signe le tout, avec des effets de lumières et des décors d’une grande qualité.

Pour cette nouvelle création, précédemment accueillie avec les honneurs en Europe, Édouard Lock s’est véritablement entouré de la crème artistique. Côté scène, c’est dès les premières minutes que l’on peut voir la qualité du travail accompli. Deux écrans apparaissent, dressant le portrait de l’artiste invitée Diana Vishneva d’un côté jeune et de l’autre vieillie. Une fois ceux-ci relevés, c’est une heure trente de courses folles, de duos et de solos enragés qui défilent.

La chorégraphie est extrêmement technique et physique. Les danseuses, constamment sur leurs pointes, réalisent avec brios des mouvements contrastant entre souplesse et rigueur, rapidité et sensualité. De même, les hommes sortent de l’ombre pour les appuyer ou pour réaliser des contorsions électrisées aux cadences complètement folles. Le nombre incalculable de pirouettes, contrôlées par la main ferme masculine, donne le vertige à cette chorégraphie agrémentée de moments d’attirance et de dédain. Les tableaux se succèdent, parfois entrecoupés par la présence des deux écrans faisant apparaitre la danseuse Zofia Tujaka. En bref, on est donc loin d’être déçu pour le côté dansé!

Il en va de même pour la scénographie d’Armand Vaillancourt. Dans un décor quasiment dénudé (seul le band en arrière-plan et quelques bannières de part et d’autre de la scène remplissent l’espace), le jeu d’ombre et de lumière met l’emphase sur le danseur. Ainsi, malgré la grandeur de la scène de la salle Wilfrid Pelletier, les ronds lumineux donnent l’impression d’un ballet intime, d’un espace restreint où seuls les interprètes ont leur place. Surprenant et envoutant à la fois!

Deux bémols viennent malheureusement ternir cette nouvelle œuvre. La chorégraphie évolue très peu au cours de cette une heure trente de représentation. Bien que la technique soit à la hauteur des attentes, ressasser les mêmes mouvements peut parfois enlever du brio. En effet, les 45 premières minutes de cette création sont comparables à un fondant au chocolat. Surprenant au début, onctueux à la fin! Malheureusement, les 45 suivantes ont été difficiles, étant donné que l’on réservait le même plat malgré l’état de satiété! Il en va de même pour la musique, classique à souhait, qui envoute aux premiers airs pour finalement assoupir après une heure de sons redondants, voir identiques.

Ah! Le dilemme est de taille! Même si le temps a paru long, j’y retournerais sans hésiter, simplement pour admirer le travail colossal des danseurs sur scène.

Présenté à la Salle Wilfrid-Pelletier jusqu’au samedi 7 mai.

Plus de renseignements sur : http://www.lalalahumansteps.com/new/

http://www.laplacedesarts.com/pda-evenement/5925/la-la-la-human-steps.fr...

Article Patwhite.com relié à Édouard Lock : http://patwhite.com/node/10756

Crédit photo : Édouard Lock

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