Nick Cave à POP Montréal : la légende mise à nu

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27 septembre 2019 - 20:00
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Nick Cave à POP Montréal : la légende mise à nu

POP Montréal a frappé un grand coup en invitant Nick Cave à offrir à un public conquis un moment de grâce dans l’église St-Jean-Baptiste, vendredi soir.

Dans la cadre de sa tournée « Conversations with Nick Cave », le Prince des Ténèbres ne pouvait trouver meilleur décor que ces colonnes baroques, ces vitraux et ces lustres, mis en valeur par des éclairages monochromes dramatiques.

Ayant troqué ses Bad Seeds pour un piano à queue, Nick Cave a proposé une « rencontre », dans le plus pur sens du terme, alternant chansons et discussions initiées par les questions du public.

Pour mettre l’exercice en contexte, l’auteur-compositeur-interprète a récemment lancé le projet virtuel « The Red Hand Files » dans lequel il répond aux questions de ses fans. Mais l’affluence de questions — « plus de trente mille ; je n’ai répondu qu’à soixante-trois », avouera-t-il — l’incite à faire passer cette mise à nu du virtuel au réel, se livrant sans filtre aux questions tantôt sérieuses, tantôt drôles… tantôt franchement intimes.

Sa voix grave a d’abord retenti avec une magnifique interprétation de The Ship Song qu’il a tout de suite fait suivre d’une première série de questions. Nous sommes vite en terrain familier : l’influence de Leonard Cohen sur sa vie. C’est en écoutant une chanson de Cohen qu’il a compris que ce « malaise qu’il ressentait malgré une enfance heureuse » pouvait être source de création. Dans la foulée de cet hommage, il nous a offert une touchante reprise d’Avalanche.

Les questions les plus intéressantes portaient sur son mode de création, « Je dois être seul, isolé. Je note des phrases sans lien. À un moment, les liens se créent. » La musique vient ensuite, généralement improvisée avec son comparse des Bad Seeds, Warren Ellis.

Le drame entourant le décès de son fils de 15 ans, tombé d’une falaise en 2015, a mené certains fans à partager leur propre mal-être. Mais Nick Cave a su ramener ce trouble à l’essentiel : « chercher à atteindre la beauté », par la création, par la méditation, par la rencontre avec l’autre.

Ces longs échanges ont été magistralement entrecoupés de chansons, une douzaine, dont The Weeping Song, la sordide Stagger Lee, l’incontournable Jubilee Street, une version envoûtante d’Into My Arms, The Mercy Seat, et même un a cappella touchant de Devil Town de Daniel Johnson.

Si ces trois heures de délice sont maintenant derrière nous, Nick Cave et ses Bad Seeds nous reviennent avec un album double, Ghosteen, à paraître à la fin de cette semaine.

Un texte de Christine Moisan

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