Nelly Arcan retrouvée morte à Montréal

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C’est la famille de l’auteure connue sous le pseudonyme de Nelly Arcan qui a contacté l’éditeur pour les mettre au courant de sa mort. Les Éditions Coups de tête à Montréal ont indiqué le décès de l’écrivaine et chroniqueure dans un communiqué laconique.

Toutes nos condoléances à ses amies, amis et à sa famille.

Un appel a dirigé la police à son appartement situé sur le Plateau Mont-Royal où son corps a été découvert jeudi soir. La police de Montréal, considère que la mort est un suicide.

Isabelle Fortier, originaire de Lac-Mégantic au Québec, écrivait sous le pseudonyme Nelly Arcan. Elle avait 36 ans.

Sur les sites de réseautage virtuel comme Facebook, les commentaires affluent pour souligner sa mort tragique. Quelques exemples de messages :

« Que s'est-il passé Nelly? »
« Repose en paix, Nelly Arcan ... C'était une écrivaine extrêmement sensible, consciente et lucide. »
« Paul, Nelly et tant d'autres... »

La dernière chronique de l’écrivaine publiée ce vendredi 25 septembre parlait des odeurs dans son environnement urbain. Elle relatait les impressions d’une de ses amies quant aux odeurs de morues séchées en provenance d’une épicerie portugaise.

« Ça sent la pourriture mêlée aux désinfectants, comme dans les hôpitaux. Ça sent la mort. L’odeur traîne partout dans les environs et mon appartement se trouve, pour mon malheur, dans ces mêmes environs. J’ai tenté de m’y habituer, mais, avec le temps, c’est devenu pire. Si par mégarde je sens cet odeur-là le matin, en allant travailler, ça me gâche la journée. Le soir venu, je ne veux pas rentrer. Une perte totale de jouissance, quoi. »

« Y’a pas à dire, chez B.........., ça sent la mort passée à l’eau de javel. Il faut y envoyer des inspecteurs. Au PC. »

L’auteure bien connue des gens de sa génération venait de terminer son dernier livre : Paradis clé en main. Elle avait connu du succès dès la publication de son premier livre Putain aux éditions Seuil en 2001.

Le communiqué de la maison d’éditions Seuil à Paris

« La jeune romancière canadienne Nelly Arcan s'est donné la mort hier à Montréal. Elle avait 35 ans. En trois livres, elle avait su imposer une des voix les plus singulières et les plus radicales d'outre-Atlantique. Son premier roman Putain, paru en 2001, brassait dans un lyrisme flamboyant tous ses thèmes de prédilection : la dictature planétaire de l'image, l'impossibilité d'un rapport innocent à soi-même, la pulsion de mort qui anime souterrainement les sociétés modernes. On évoqua Lautréamont, et l'on craignait une oeuvre-météore, mais elle publia encore deux livres au Seuil (Folle, À ciel ouvert). Nelly Arcan se mettait en danger dans chaque texte. Le suicide était au coeur de son oeuvre et de sa vie violente. »

Un texte de Frédéric Sarault