Napoléon, Picasso, Calder...sous un nouveau jour au MBAM en 2018

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Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) annonce sa programmation pour 2018, marquée par trois grandes expositions qui révèlent sous un nouvel éclairage des mouvements artistiques ou des figures historiques majeures. L’institution méconnue de la « Maison de l’empereur » sous Napoléon, les arts dits « premiers » relus par Picasso, et le génie inventif de l’artiste-poète Alexander Calder sont ainsi mis en lumière.

La saison 2018 continue de soutenir les artistes contemporains de la diversité artistique culturelle québécoise, canadienne et extraoccidentale par la présentation de plusieurs expositions. Des artistes d’ascendance afro-canadienne nous interrogent sur leur place dans notre société. Sept artistes de la scène émergente ou actuelle dialoguent avec les collections de cultures du monde du MBAM. Enfin, la première exposition bilan de l’artiste québécoise d’ascendance autochtone Nadia Myre, tient l’affiche jusqu’à l’été.

Les arts graphiques sont de plus mis à l’honneur avec trois collections rarement exposées : celle de feu Dr Sean B. Murphy, offerte au MBAM ; de Vasari à Matisse, les plus belles feuilles de la plus importante collection privée de dessins au Canada ; et, en grande première, de rares trésors, des enluminures et des livres d’heures du Moyen Âge à la Renaissance, issus de collections québécoises.

Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du MBAM, souligne : « Relectures historiques et perspectives transhistoriques s’appuyant sur des recherches universitaires approfondies permettent de découvrir des œuvres, des collections et même certains artistes ou grands personnages de l’histoire. Des récits convenus sont examinés, voire déjoués, par des perspectives renouvelées et actuelles en préparation du futur que nous sommes en train d’imaginer pour le Musée des beaux-arts de Montréal. Ce chantier s’organise autour de notre diversité artistique et du dialogue interculturel en prévision de notre nouvelle Aile des cultures du monde et du vivre-ensemble, qui sera inaugurée en 2019. »

Trois temps forts de la saison 2018
L’année débute avec faste avec Napoléon. Art et vie de cour au palais impérial, qui propose une incursion au cœur de la « Maison de l’Empereur » depuis son couronnement de Napoléon en 1804 jusqu’à son exil en 1815. Avec une scénographie innovante, intégrant des projections illusionnistes, l’exposition donne à voir un panorama exceptionnel de 200 œuvres et objets d’art, dont la plupart sont présentés pour la première fois en Amérique du Nord.

En été, Face à face : d’hier à aujourd’hui, les arts « premiers » et Picasso aborde la question complexe du « primitivisme » en histoire de l’art par l’exemple, bien connu, de Picasso, au moyen d’une approche anthropologique. Cette exposition offre de plus une relecture des réappropriations culturelles par les artistes – hommes et femmes – contemporains d’Afrique notamment. La perspective instructive et décalée proposée par le MBAM aide à multiplier les angles de vue sur la question de la modernité. Quelque 200 œuvres provenant du Musée du quai Branly-Jacques Chirac et du Musée national Picasso-Paris, mais aussi de collections particulières d’Europe et du Canada, permettent d’explorer ces questions.

À l’automne, le MBAM organise la première rétrospective en sol canadien de l’œuvre de l’Américain Alexander Calder : Calder. Le monde mobile d’un inventeur radical. Cette monographie d’envergure met l’accent sur l’ingéniosité de cet artiste qui a mis la sculpture en mouvement avec ses mobiles et ses stabiles. Cette exposition trouve à Montréal une résonance toute particulière, puisque le stabile géant L’Homme, commandé pour Expo 67 et érigé au parc Jean-Drapeau, sera restauré en 2018.

Des espaces éducatifs autour des grandes expositions
Depuis 2016, sur l’initiative de Nathalie Bondil, le MBAM propose dans le cadre de ses grandes expositions des expositions éducatives et des espaces de médiation pour les familles au sein desquels le public – jeune et adulte – est invité à réfléchir sur des thèmes actuels. Autour de Napoléon. Art et vie de cour au palais impérial, c’est la construction de l’image et la culture de l’égoportrait qui sont abordées. Autour de Face à face : d’hier à aujourd’hui, les arts « premiers » et Picasso, ce sont des élèves vulnérables au décrochage scolaire qui, en partenariat avec l’organisme Fusion jeunesse, présentent au public une exposition sur le sujet de l’altérité. Enfin, le thème du grand chapiteau et de l’art social d’Alexander Calder, lui-même passionné des arts du cirque, est exploré autour de l’exposition qui lui est consacrée.

Art contemporain
Nadia Myre. Tout ce qui reste – Scattered Remains tient l’affiche jusqu’en mai, regroupant une vingtaine d’œuvres produites entre 2000 et 2017 par l’artiste québécoise autochtone Nadia Myre. Cet été, Nous sommes ici, d’ici : L’art contemporain des Noirs canadiens réunit une dizaine d’artistes afro-canadiens, du Québec et du Canada, dont les installations abordent des questions raciales et identitaires. Composée des installations de sept artistes qui seront dévoilés prochainement, l’exposition Connexions : Notre diversité artistique dialogue avec nos collections est un préambule au redéploiement majeur, en 2019, d’une nouvelle aile dédiée aux cultures du monde. En écho aux mobiles de Calder, et à la suite de l’installation de son Noeud Pivoine (2015) − sculpture de verre monumentale acquise en 2016 pour l’inauguration du Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein −, le plasticien Jean-Michel Othoniel revient à Montréal présenter ses imposantes Tornades métalliques.

Arts graphiques
Le Centre des arts graphiques présente trois remarquables collections d’œuvres sur papier avec Hommage au Dr Sean B. Murphy (1924-2017) : Cinq siècles de dessins et estampes et De mains de maîtres. De Vasari à Matisse, regroupant des dessins datant du XVIe siècle italien au XXe siècle français de la plus importante collection privée au Canada. Enfin, Un monde lumineux. Livres d’heures des collections du Québec sera une rare occasion d’admirer des ouvrages de dévotion richement enluminés, créés entre le Moyen Âge et la Renaissance, issus du patrimoine québécois.