«Moi qui me parle à moi-même dans le futur», tant de mots pour presque rien…

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Après avoir présenté « Moi qui me parle à moi-même dans le futur » à guichet fermé pendant le FTA au printemps dernier, Marie Brassard revient jouer sa plus récente création sur la scène de l’Usine C jusqu’au 26 novembre prochain. Ironiquement, si l’actrice, conceptrice et metteure en scène se parle à elle-même dans le futur, plusieurs spectateurs se sont beaucoup ennuyés dans le présent.

En s’accompagnant des musiciens Jonathan Parant et Alexandre St-Onge, Marie Brassard invite les spectateurs à plonger dans son monde intérieur où l’enfant qu’elle était, l’artiste qu’elle est et la femme vieillissante qu’elle deviendra se parlent, se croisent et s’emportent. Composant et interprétant de splendides morceaux aux sonorités électro, les musiciens nous immergent dans une atmosphère euphorisante qui se marie avec grâce aux nombreuses projections vidéo. À plus d’une reprise, je me suis imaginé planer dans les rues de Montréal en écoutant le fruit de leur création bien spéciale. Non seulement cette idée m’apparaissait enveloppante et émouvante, mais elle me permettait également d’oublier quelques instants le texte qui était récité devant moi.

La pièce « Moi qui me parle à moi-même dans le futur » est écrite avec un vocabulaire trop littéraire pour le théâtre. La diction et l’interprétation de Marie Brassard donnent régulièrement des airs didactiques à sa création. Tout est trop prononcé et trop appuyé. Même si le spectacle a été présenté il y a plusieurs mois, le texte m’est apparu comme une première version non achevée qui pourrait aller beaucoup plus loin afin de profiter pleinement des idées principales qui sont fort intéressantes. L’idée d’abattre les limites de la temporalité, de retourner dans la poésie de l’enfance et de se laisser porter sans contrainte de réalisme est tout à fait attirante. Malheureusement, même si on essaie de se laisser aller dans l’espèce de candeur onirique qui nous est suggérée, on est constamment bloqué dans nos élans par un texte qui n’est pas suffisamment travaillé, des thématiques de base qui sont mal exploitées et un rendu qui laisse à désirer.

Au final, on demande à notre cerveau de faire abstraction des mots pour mieux se concentrer sur la musique et les aspects visuels de l’œuvre.

Usine C – 23 au 26 novembre