Malkovitch était là…

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Nous étions là aussi pour le spectacle tant attendu « The Infernal Comedy – Confession of a Serial Killer » mettant en vedette le célèbre acteur américain John Malkovitch. C’est dans une salle Albert-Rousseau archibondée, où jeunes et moins jeunes trépignaient d’impatience, que la star hollywoodienne a fait son apparition sur les planches. On nous vendait ce spectacle à grands coups de publicité et d’efforts de relations publiques et ce fut, pour ainsi dire, une grande déception.

Sur scène, un ensemble de musiciens viennois, dirigé par le maestro Martin Haselböck, occupait en grande partie la scène. Du côté cour et jardin, deux sopranos aux voix magnifiques, Mirie Arnet et Louise Fribo, ont interprété six chants, dont un livret nous en aurait dit davantage… Dans une mise en scène on ne peut plus dépouillée est apparu un John Malkovitch tout de blanc vêtu, au grand plaisir des spectateurs qui ont payé un fort prix pour assister à ce spectacle étrange.

Disons que ces confessions d’un tueur en série ont été livrées avec honnêteté, Malkovitch semblant éprouver un réel plaisir sur scène. Par contre, que dire de ce spectacle? On hésite à envisager la soirée comme une performance d’acteur, un spectacle d’humour, un petit opéra ou carrément un spectacle de variétés. D’ailleurs, on cherche le scénario. Entre les chants, Malkovitch décline quelques lignes ici et là, parfois drôles, mais jamais convaincantes. Sinon les deux sopranos incarnant les voix des victimes, qui respectent un fil conducteur, le reste appartient à différents morceaux musicaux pigés dans le répertoire des grands compositeurs classiques. Le récit est un bric-à-brac où notre tueur en série se confesse en rompant régulièrement le 4e mur. Dans cette infernale comédie, Malkovitch est badin ou cynique, mais jamais serial killer. Du moins, on n’adhère que difficilement au Méphisto qu’il doit incarner.

Dans le scénario, le protagoniste insiste pour mettre les défauts de la mise en scène et de l’organisation sur le compte de l’éditeur. Fiction ou réalité? On semble jouer sur les deux registres en pleine connaissance de cause. Dans ses confessions, le tueur nous avoue son imposture, on serait tenté de croire que c’est le scénariste qui admet… Car, disons-le : le scénario est mal ficelé et la mise en scène est couci-couça. Au bout du compte, on paie pour côtoyer de près John Malkovitch pendant presque deux heures. Voilà pour la facture. Et les gens ont ovationné! On est poli à Québec.

Michaël Lachance, collaborateur pour patwhite.com à Québec (lachance.michael@videotron.ca)

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