Major Lazer électrise Piknic 10

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Pour son dixième anniversaire, le Piknic Electronik fait sauter son couvre-feu et s’autorise des escapades nocturnes. Labélisées Piknic 10, ces quatre soirées jalonneront l’été pour célébrer dignement ce qui est devenu une institution de l’été montréalais.

Coup d’envoi en ce vendredi 29 juin avec Poirier, A Tribe Call Red et le très attendu Major Lazer.

Comme pour participer lui aussi à la fête, l’été a choisi de nous offrir un climat chaud et humide. Rien de mieux pour accueillir Poirier et ses productions tropicales aux accents dancehall et soca boostés à l’électro. Comme un juste retour pour les excellentes soirées «Bounce Le Gros » et « Karnival » de ces dernières années, c’est à lui que revient l’honneur d’ouvrir le bal.

18h. Une poignée de fan de Major Lazer est déjà présente. Les portes du Pikcnic ouvrent accompagnées par les mélodies jamaïcaines que Ghislain Poirier mixe sur la petite scène du Piknic. Au bord du Saint Laurent, les spectateurs s’éparpillent en peinant à retenir quelques pas de danse encore timides.
Le montréalais enchaine les morceaux roots reggae, bande son parfaite de cette fin d’après-midi ensoleillée. Petit à petit, le rythme s’accélère, le roots laisse place aux rythmes effrénés du dancehall de son dernier EP « Alert Riddim » et l’esplanade se remplit de danseurs. Le public est motivé, Poirier n’aurait pas pu mieux faire pour commencer la soirée.

Les trois membres d’A Tribe Called Red lui succèdent sur scène. Les créateurs du Pow Wow Step, mélange de hip-hop électro et de chant traditionnel des amérindiens, verront leur set accompagné par le coucher de soleil.

Si les qualités techniques du trio, notamment de DJ Shub sont évidentes, les choix de morceaux sont parfois douteux (remixer Adèle ? Vraiment ?) exceptés pour les tounes de hip-hop (M.I.A., Rick Ross, KRSOne, …) toujours très bien choisies et remixées.

Le show est aussi visuel avec les vidéos psychédéliques de danses traditionnelles amérindiennes diffusées derrière le trio d’Ottawa. Malheureusement, les longueurs et les rythmes trop répétitifs empêchent le concert de vraiment démarrer, et ce n’est qu’au bout d’une demi-heure que la foule se met à vraiment apprécier les sons hip-hop que crachent les enceintes. Par la suite, les très bon choix et les enchainements parfaits relèvent grandement la performance, avant un retour aux productions Pow Wow step trop brouillonnes pour être appréciées.

Ce projet encore jeune peut grandir et progresser, et c’est avec plaisir qu’on les reverra au Montréal Electronic Groove le 03 août prochain.

Le duo Major lazer, composé du floridien Diplo (dont la mixtape Express Yourself vient de sortir) et de son comparse anglais Switch (absent ce soir), n’était pas revenu à Montréal depuis son passage remarqué à Osheaga en 2010.

Comme à son habitude, Diplo entre sur scène dans son impeccable costume noir. Avec lui, le « crew Major Lazer », composé de deux danseuses et d’un MC survolté. Tout de suite, ils posent les bases : Dancehall électro aux beats enflammés, fusil à confettis et Diplo debout sur sa table incitant le public à « get crazy ».

Les hostilités commencent avec un remix de Rihanna que Diplo transforme en hymne à la fête. « Hands in the air Montreal, now jump ! » hurle le MC comme possédé. La place de l’Homme n’est qu’à moitié pleine, mais l’ambiance est électrique. Le DJ floridien en profite pour marcher sur la foule dans une boule en plastique à taille humaine, de quoi ravir les festivaliers qui ont pu approcher et même déplacer à leur grès leur idole d’un soir.

Le mix un peu brutal et fouillis d’électro ragga qui entame la soirée est présenté comme un « warm up », et effectivement, les choses sérieuses vont commencer. Les premières notes du dernier single « Original Don » mettent la foule en transe. Juste assez pour que Diplo se lance dans un DJ set où il transforme en bulldozer dubstep des morceaux comme « Hard in da Paint » de Waka Flocka Flame ou « Ni**as in Paris » de Jay-Z et Kanye West. On assiste alors plus à un DJ set de Diplo qu’à un live de Major Lazer mais la fête est belle, et que demander de plus pour un anniversaire ?

Finalement, les différents morceaux de l’incroyable « Guns don’t kill people, lazers do », premier album du groupe, finissent par résonner et c’est peu dire qu’ils étaient attendus… Les quelques nouveautés encore inédites ont également reçues un accueil très chaleureux.
C’est en jetant un dernier coup d’œil au centre-ville illuminé que l’on quitte la soirée encore chamboulé de l’incroyable énergie développée sur scène.

Bonne fête le Piknic, et à très bientôt !

Texte de Xavier Habouzit