À Lowell, «Visions de Kerouac» n'a pas provoqué d'émoi, mais relève une commotion

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LOWELL, Massachussets - Jeudi 6 septembre 2007. 19h. On quitte le "Double Tree" en direction du "McDonough Arts Magnet Theater". Nicolas Landré s'engage dans la rue. Il glisse dans son personnage Jack Kerouac. On en reconnait jusqu'à la vestimentation. Quelques curieux au passage reconnaissent aussi leur écrivain emblématique.

Paul Marion, qui s'est impliqué dans l'organisation de l'événement, a souhaité la bienvenue aux musiciens de "Visions of Kerouac", les remerciant de leur présence.

Assistance très attentive, même communicative. Comme si le spectacle "Visions of Kerouac" n'arrivait pas à tout contenir ou tout dire. Ce soir c'est l'auditoire qui a un regard complice. Mais complicité qui trahit un trouble, celui des retrouvailles en fin de spectacle. Les gens ne savent plus par où commencer pour se rapprocher. Beaucoup de fébrilite. Le mal d'une communauté qui a été assimilée en l'espace de quatre générations dans l'expérience singulière de chacun qui n'a plus rien de commun.

Les musiciens: Claude Lavergne (à la batterie), Sylvain Provost (à la guitare), Alexandre Côté (au saxophone) et Normand Guilbeault, contrebassiste, aux commandes, ont livré leur plus vibrante prestation à ce jour, supportés par la verve de Nicolas Landré.

Normand Guilbeault me témoigne qu'il est très fier. Il a porté ce projet à bout de bras sur longueur d'années sans aucun soutien à l'art de nos instances gouvernementales. Lavergne, Provost et Côté ont ce contentement.

«Visions of Kerouac" n'a pas provoqué d'emoi, mais relève une commotion: quand ça saigne à une profondeur où ça ne fait plus mal, quand la douleur immédiate n'est même plus le souvenir immédiat de la survie.

Juste pour le dire, disons que pour Paul Marion, Franco-Américain, encore tantôt au micro à faire la présentation du projet, le concentré du spectacle lui a fait faire et à d'autres de ses compatriotes une psychanalyse en deux heures. Je me surprends à écrire d'une écriture bien déliée un propos d'une telle violence. Le mal guette. Kerouac:"On parlait français dans' cabane, dans' maison". Nicolas Landré martelait ces mots que Marion à la fin du spectacle est venu lui rappeler. "Tu parles comme mon père": un vieux s'adressant à un jeune. Nicolas Landré me fait part qu'il est troublé par ce renversement de perspective. Les deux hommes se rencontrent à nouveau aujourd'hui (vendredi 7 septembre).

Ultime prestation ce soir le 7 septembre avec le jazzman de légende David Amram au Boarding House Park à 19h30. Je vous laisse tirer vos conclusions.

J.-S.BOISVERT, Lowell.

jeansebb[a]hotmail.com
myspace.com/jsboisvert

Aussi:

http://www.rue89.com/2007/09/07/kerouac-ecrit-sur-une-amerique-qui-nexis...

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