L'opéra Carmen de l'OCM : belle et rebelle Carmen traversant les siècles...

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A l'occasion de la journée du 8 mars, soit la journée du Droit des femmes dans le monde, l'Orchestre classique de Montréal (OCM), dirigé par Maestro Boris Brott, avait choisi de mettre en scène l'opéra le plus joué dans le monde, « Carmen », de George Bizet.

La salle Pierre-Mercure était remplie à pleine capacité pour cet événement très attendu. L'OCM se caractérise par son adhésion à des valeurs d'inclusion au sein de la société québécoise. Ainsi, la distribution était très représentative de ce choix. Le rôle de Carmen était chanté par l'excellente mezzo-soprano Julie Nesrallah, d'origine libanaise; celui de Don José, par le ténor Ernesto Ramirez, d'origine mexicaine; celui de Micaëla, par la soprano Suzanne Taffot, d'origine camerounaise, et enfin, le rôle d'Escamillo, était défendu par le baryton Hugo Laporte, Québécois d'origine. Ainsi, on avait sur scène une véritable représentation du Québec moderne d'aujourd'hui : un kaléidoscope de tous ces nouveaux arrivants, qui apportent leur talent et leur touche personnelle au Québec. L'invitée d'honneur était Mme. Danièle Henkel, femme d'affaires d'origine libanaise, connue et reconnue au Québec pour ses grands succès entreprenariaux.

Le choix de l'opéra Carmen, pour représenter le cheminement des femmes face à l'égalité hommes/femmes, était bien indiqué, car Carmen se veut une femme libre et indépendante, libre de ses choix amoureux et « professionnels ». Dans l'opéra de Bizet, écrit en 1875, d'après la nouvelle de Prosper Mérimée, Carmen est une gitane contrebandière qui désire plus que tout conserver sa liberté. Dans la célébrissime habanera, « L'amour est un oiseau rebelle », Carmen expose ainsi sa conception de l'amour :

« L'amour est un oiseau rebelle
que nul ne peut apprivoiser
et c'est bien en vain qu'on l'appelle
s'il lui convient de refuser
[...]
L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais jamais connu de loi
Si tu ne m'aimes pas je t'aime
si je t'aime prends garde à toi. »

Les enjeux pour les femmes n'ont pas beaucoup changé depuis... La violence physique et psychologique qu'exerce Don José à son endroit nous rappelle douloureusement celle que subissent encore les femmes aujourd'hui. Tout comme des milliers de femmes dans le monde, qui sont tuées chaque jour par celui qui dit les « aimer », Carmen sera tuée à la fin de l'Opéra par son amoureux éconduit, Don José. Ce macho, voulant exercer une fois de plus son contrôle sur elle, la tuera plutôt que d'accepter d'être rejeté.

A la différence de Mérimée, Bizet avait choisi de faire de Carmen son personnage principal, afin de faire un pied de nez au carcan moral de son époque. L'histoire se passe à Séville, au début du XIXème siècle. Cet opéra-comique en 4 actes raconte comment le brigadier Don José devient déserteur et contrebandier par amour pour Carmen. Celle-ci, éprise de liberté, le quitte pour le toréador Escamillo...d'où la fameuse chanson de l'opéra, « Toreador ». Le personnage de Micaëla vient faire diversion dans cette histoire de triangle amoureux.

Il est intéressant que l'OCM ait donné la chance à l'assistant-conducteur Evgenii Sakmarov de diriger l'orchestre, pour une bonne partie du concert. Il s'est révélé excellent! Un maestro est né!

La salle était ravie de cet opéra et a offert aux musiciens, aux deux maestro et aux chanteurs solistes une longue ovation debout. Ce fut une très belle soirée...

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